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Lecture printanière

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On Spec 109

Même si je rate régulièrement les dates de tombée des soumissions à On Spec, je ne peux que vous recommander cette revue canadienne publiée en Alberta.
Je nomme Diane Walton et Barb Galler-Smith, que j’ai eu la joie de rencontrer à des conventions canadiennes, mais beaucoup d’autres personnes se dévouent pour faire de ce magazine une réussite! J’ai lu d’une couverture à l’autre ce numéro 109.

Sinkhole par Al Onia, se déroule en Australie sur fond de désert, une météorite gourmande absorbe la matière, sans cesse, et l’histoire se promène entre les points de vue des scientifiques et d’Allan, un aborigène du centre culturel bâti près du rocher Uluru, qui a confiance en ses traditions spirituelles.

L’article de non fiction de Konstantine Kaoukakis To boldly go where no teacher has gone, donne un point de vue d’un prof d’anglais qui découvre que la fantasy et la SF intriguent, et fascinent des élèves qui autrement s’ennuieraient.

Mon histoire favorite, Joyhound, par Calder Hutchison, est un bijou de SF et d’humour noir en milieu mafieux, fédoras inclus. Imaginez un loup-garou qui émet des phéromones qui le rendent irrésistible, que ses proies, en proie à un ineffable bonheur, veulent se faire manger… et en plus, sa salive est un antidouleur. Sans doute pas le premier pour le concept, mais quel traitement sublime, quelle héroïne en teintes de gris! Et quid des mafiosos là-dedans? Lisez!

Une autre histoire, « Two from the Field, Two from the Mill », par Geoffrey Cole, qui aime beaucoup le hockey et ça parait! Imaginez qu’une nuit, tous les chiens s’élèvent vers le ciel t disparaissent, dans une « rapture ». Les chiens, ces êtres dévoués laissent un gros trou derrière eux, que même les chrétiens cherchent à combler. Une joueuse de hockey professionnel (on a un auteur visionnaire, là!) qui elle aussi a perdu son chien, doit gérer la situation dans sa petite ville avant que ça tourne au vinaigre. J’avais lu deux histoires de Cole, et j’apprécie son humour.  Le titre, que je n’avais pas compris, je pensais que c’était une expression de hockey comme un trio d’attaquants, est une citation biblique sur l’ascension (Mathieu 24, 36-42).

Les autres histoires, sont When they burned my bones, de Lee Chamney, dans laquelle des fantôme connaissent une après-vie difficile, mais c’est mieux que rien! Peur et zen, donc.

Spirits’ Price, de Van Aaron Hughes, fantasy, où on obtient ce qu’on veut avec un conte bien raconté qui plait aux esprits, mais à un terrible prix.

Death is a Blindfold, de Rati Methrota, une histoire de rencontre du deuxième type qui laisse aux témoins une impression durable. Or si personne ne les croit et que les ET ne reviennent jamais, à quoi bon s’obstiner? Cette auteure est interviewée dans ce numéro.

Deux entrevues complètent le numéro: Rati Methrota, née aux Indes et résidente de  Toronto, et René Martinez, l’auteur de la couverture, né à Cuba et résident de Toronto, qui produit des illustrations colorées dignes de Gaudi.

Le prologue par Brent Jans, l’organisateur de Pure Speculation vaut le détour: « Everyone deserves to be Conned. Brent réalise que son événement, qui roule très bien, manque de diversité. Il va y remédier, quitte à sauter une année. La meilleure phrase:

« I struggled with the idea that I was somehow to blame in an SF culture that could somehow accept aliens and elves, but passively and actively made it unsafe for women, people of colour. LGBTQ2S, our Indigenous population –basically, anyone who wasn’t me.« 

On n’a pas souvent le point de vue d’un organisateur, et de ses efforts pour rendre son événement accessible (comme les interprètes aux Utopiales de Nantes qui ont des interprètes en langage des signes, et les deux premières rangées de sièges réservées aux personnes sourdes.)
En changeant de local et coupant le prix d’entrée, Brent a rendu le festival accessible en chaise roulante, et pour beaucoup de fans à faible revenus. Et non, il ne s’est pas mis dans la dèche! Ce sont des pages très encourageantes à lire par les temps qui courent.

Pour les gourmands, le numéro On Spec #110, un numéro double, vient de sortir.