Archives de Tag: loi C-32

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 3

Pendant un salon du livre, les auteurs rêvent…

La gloire frappe enfin à la porte de l'auteure

Cette anecdote est vraiment arrivée, mais c’était avec une journaliste de la radio et non de la TV.  J’avais fait connaissance avec Moebius peu avant, et j’ai mis son nom dans le gag.

La gloâââre est une chose fort capricieuse qui n’a aucun rapport avec la somme des efforts déployés. Je l’observe à tous les salons du livre, méditant devant les files de fans des vedettes…

Un auteur peut se casser la tête et rédiger une oeuvre profonde, y mettant tout son coeur, et des milliers de corrections, et personne ne remarquera. (Ce fut le cas de Pianissimo qui est passé complètement dans le beurre à sa sortie en 1997.) Puis, le ou la même peut pondre un travail sur commande, ou dans un autre domaine qui exige moins d’efforts, un oeuvre « pop-corn » mais qui touchera un public qui à ce moment-là recherchait du pop-corn divertissant.

Les médias s’en mêlent, et par un effet boule de neige, attirent d’autres médias… Et là, arrive un curieux effet pervers: une fois le statut de best-seller atteint, personne n’ose critiquer l’auteur de pop-corn désormais célèbre.

Si vous élevez la voix, les chiens de garde de la vedette vont examiner à la loupe votre pertinence sociale. Si vos oeuvres ne sont pas aussi populaires, l’affaire est claire:  jalousie d’artiste raté! Le darwinisme social veut que si vous ne faites pas fortune, c’est sans doute que votre travail n’a pas de valeur!

Et en ces temps de loi  C-32 qui dévalorise le travail des artistes en consacrant le darwinisme social de survie des plus riches, on n’est pas sorti du bois! Pour la version sérieuse officielle sanctifiée, c’est ici.

La BD représente le rêve éveillé de bien des auteurs: un média qui ferait connaître notre travail à un large public…  Ceci dit, je compatis avec les journalistes qui doivent attirer des lecteurs ou garder les cotes d’écoute,  et qui n’ont que peu de latitude pour parler de parfaits inconnus.