Archives de Tag: littérature

Mon horaire au SLO en un coup d’oeil!


Mes dédicaces au SLO 2012 en un coup d'oeil !

Les heures en détail :

Mica fille de Transyl, chez Prologue
JEUDI: 10-12h et 14-15h
VENDREDI: 10-12h et 14-16h
SAMEDI: 10-12h

La quête de Chaaas tome 4 : La spirale de Lar Jubal!
JEUDI: 10-12h
VENDREDI: 10-12h

Au plaisir de vous y rencontrer!

Gare à l’iceberg de la recherche!

Quand j’écris un roman de science-fiction, la recherche est une partie essentielle de mon travail.

Trop de recherche peut nuire

Trop perfectionniste, j’ai tendance à m’y noyer!

Or, si le roman fini est encombré de longs paragraphes d’exposition, ces blocs lourds ralentissent le rythme de l’histoire — et l’intérêt du lecteur.

Beaucoup des gens qui me disent «Vous savez, je n’aime pas la science-fiction» ont plus peur de se perdre dans un dédale d’explications indigestes que de suivre des personnages attachants déchirés par des conflits intérieurs. Signalons que d’autres saveurs de la crème glacée littéraire, le roman policier ou historique, par exemple, exigent de la recherche (ou des contacts bien placés.)

Même pour la construction d’un univers de fantasy, une bonne dose de réflexion s’impose dans la gestion du surnaturel.

Aussi magique que soit ce royaume imaginaire, l’histoire doit rester ancrée dans la réalité. Combien de romans de fantasy, par exemple, démontrent un manque total de connaissances sur la biologie et les soins des chevaux? Valérie Bédard, amateure de fantasy, élève aussi des chevaux. Et elle est souvent consternée par ce que des auteurs font subir à ces pauvres bêtes…

Je me souviens avoir lu une histoire où les montures des héros galopent à bride abattue toute une journée jusque tard dans la nuit (12-15 heures), puis les malheureux canassons reprennent le même rythme dès le lendemain!

C’est comme vous demander de courir la distance de marathon (42 km) à votre meilleure vitesse (en 4-5 heures, pas en 12 heures) puis de vous faire recommencer dès le lendemain, sans que votre organisme ait eu le temps de récupérer de l’effort. J’ai couru des demi-marathons, et je sais qu’on a besoin de deux-trois jours pour récupérer! (Mercedes Lackey avait habilement contourné le problème des chevaux fatigués en créant une race de super-chevaux intelligents dans sa série des Hérald-Mage. )

Certains auteurs de SF ou de fantastique, trop fiers de leur patient labeur, parsèment leur roman de lourds blocs d’exposition sur lesquels trébuche leur lecteur! «J’ai souffert pour mon art, maintenant, c’est à votre tour! » D’heureuses interventions de mon directeur littéraire m’ont évité de commettre la même erreur.

Pour résumer, la recherche est comme un iceberg.

La partie émergée est le roman que vous lisez. Mais, quel que soit le nombre de pages, le plus grand volume du travail accompli se trouve sous la surface.

Trop de recherche ? Attention aux pointes qui affleurent à la surface et nuisent à l’approche du lecteur ! Celui-ci pourrait renoncer à mettre pied sur votre iceberg, ce qui serait bien dommage. (En ces temps de réchauffement climatique, imaginez un atoll charmant plein de palmiers, entouré de dangereux récifs de coraux!)

Pas assez de recherche pour soutenir votre iceberg? Votre histoire s’écroule sous les contradictions, les impossibilités, les erreurs logiques et les personnages minces comme du papier. Combien des sociétés féodales assemblées à la hâte ne tiendraient pas une semaine en économie normale !

«Faire ses devoirs» pour construire un monde imaginaire exige du temps mais comporte ses récompenses. Quand l’univers amoureusement construit repose sur de solides fondations, le résultat permet d’autres auteurs d’y participer! Deux exemples: La série Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley, et de la série Honor Harrington de David Weber ont donné naissance à de nombreux enfants de papier.

La partie immergée d’un iceberg se situe autour de 90%. Pour un roman, cette partie cachée varie selon l’âge ou le niveau d’éducation scientifique des lecteurs.
Pour une histoire relativement simple qui vise des enfants, on peut diminuer la recherche, mais jamais l’éliminer! Ça fera un iceberg plus petit. Tandis que pour un pavé de science-fiction dite dure (La trilogie martienne de Kim S. Robinson) l’iceberg sera immense !

Parlant de littérature jeunesse, Hal Clement avait laissé beaucoup de ses recherches au-dessus de la ligne de flottaison… c’étaient les bon vieux jours de la science-fiction écrite, sans trop de concurrence des autres médias! J’ai quand même trouvé Needle, un roman destiné aux jeunes adultes avant que le terme adolescent n’existe, captivant.

Je vous ai dit que j’aimais la recherche ? Dans La spirale de Lar Jubal, qui vise les jeunes adultes, j’ai fini par mettre de côté… 99% de mes minutieuses recherches et calculs de physique appliquée concernant la station spatiale. Éventuellement, si jamais je publie une version adulte de ce roman de SF, je n’aurais pas à plonger trop loin !

Pour mon jeune public, j’ai coupé dans les « blocs » d’exposition et j’ai mis plus l’emphase sur les conflits entre les personnages et les scènes d’action, sans négliger les aspects visuels. Sur le plan psychologique, la course à la performance et l’épuisement au travail pour un projet qui n’en finit plus retiendra les lecteurs plus matures.

Néanmoins, j’ai quand même ajouté un schéma en début de roman.

Habitat de Lapsilis - avec le sens de la rotation

Ça aide les jeunes adultes plus « visuels » à se faire une image mentale de l’endroit où se déroule l’histoire.

Dans mon nouveau roman de SF, qui vise le groupe de « Oh, je n’aime pas la science-fiction« , il y a très peu de chiffres, mais davantage de descriptions des paysages, des conflits de loyautés, et des actions.

La planète et les aspects scientifiques se découvrent à travers leur impact sur la vie des personnages. Et je dois ménager, bien sûr, le sens de l’émerveillement (SOW en anglais) comme le suggère cette couverture du roman Les vents de Tammerlan.

Les Vents de Tammerlan

Publications de la Savante folle en 2012

Bientôt sur vos écrans… euh, pages.
Mica, fille de Transyl

Mon prochain roman, Mica, fille de Transyl, sortira au Canada en février prochain!

Hé oui, c’est un roman officiellement jeune adulte, officieusement vos âges à vous, publié chez Vents d’Ouest (Gatineau). Non seulement ce livre a une fantastique couverture dessinée par Laurine Spehner, mais en plus, il a l’honneur d’ouvrir la nouvelle collection « Nébuleuses » chez Vents d’Ouest. C’est bel et bien de la SF, mais dans un registre différent de mes séries précédentes (Les voyages du Jules-Verne et La quête de Chaaas).
Il sera lancé au prochain Salon de l’Outaouais, et j’en dédicacerai sans doute au prochain Congrès Boréal à Québec.

Parlant de La quête de Chaaas, le cinquième tome (titre de travail: Le labyrinthe de Koudriss) est en fin de rédaction… et complétera le cycle entrepris chez Médiaspaul.

Plusieurs projets qui poussent à leur rythme
En plus de fournir des BD pour le prochains Nexuz3, je mitonne un autre roman, que j’espère terminer bientôt pour un troisième éditeur… mais motus!

Maintenant, j’ai une nouvelle fantastique, Le tapis d’Halimi, qui est au sommaire du prochain numéro de Brins d’éternité. Ca faisait justement une éternité que j’avais publié Petite musique de nuit dans le numéro 5. La revue a depuis acquis une allure soignée et professionnelle.

Pour finir cette prospective, quelque chose de très, très bien sera annoncé ce printemps, dans le domaine de la science-fiction… et re-motus!

Rencontres au Salon du livre de Montréal 2011

Du Salon de Montréal, voici (enfin!) mes photos de belles rencontres!

Ambiance du Salon de Montréal

Ambiance du Salon de Montréal

Ambiance du Salon.

Éric Péladeau, bédéiste de l'Outaouais

Éric Péladeau, bédéiste de l’Outaouais

Eric Peladeau fidèle au poste!

Le même, fidèle au poste, au kiosque du RECF!

Francine Grimaldi et son sourire ont fait une escale à ma table!

Francine Grimaldi et son sourire ont fait une escale à ma table!

Mathieu Fortin et compagnie

Pierre Lavigne (courageux éditeur), Jonathan Reynolds (centre), Mathieu Fortin (à droite) et une fan fantastique non identifiée!

Correction: La fan fantastique est Valérie Larouche, une future auteure chez Porte-Bonheur!

Midam signant l'album pour mon fils

Midam signant l’album pour mon fils

Midam signant l'album pour mon fils - détail

Détail

Midam-Michele

Midam et la savante folle qui est aussi devenue une fan de Kid Paddle!

Yves Rodier derrière le masque de El Spectro!

Yves Rodier derrière le masque de El Spectro!

Yves Rodier sans le masque

Yves Rodier sans le masque. Derrière lui, son scénariste, Frédéric Antoine.

Zviane signant son album Apnée

Zviane signant son album Apnée

Benoit Godbout

Benoit Godbout et l’ACP. Il est aussi co-créateur de Blaise le Blasé, une série humoristique qui me fait toujours rire!

Lysette Brochu, toujours accueillante

Lysette Brochu, accueillante comme une oasis.

Jean-Louis Grosmaire, la constance du jardinier des mots!

Jean-Louis Grosmaire, la patience du jardinier des mots!

Marguerite toujours haute en couleurs!

Marguerite Andersen, haute en couleurs!

Norbert Spehner

La savante folle avec Norbert Spehner! On doit beaucoup à Norbert, fondateur de Requiem (l’ancêtre de la revue Solaris) et compilateur-auteur extraordinaire!

Joel Champetier, courageux rédacteur en chef de SOLARIS

Joel Champetier, courageux directeur de la revue de science-fiction Solaris.

Savante folle et Claudine Trottier

Enfin rencontrée: Claudine Trottier, l’art de se simplifier la vie! Voir son blog dans ma liste ci-contre.

Julie Martel, Francine Pelletier, derrière: Geneviève?

Julie Martel, Francine Pelletier

Le trio maléfique: Dominic Bellavance, Michel J Lévesque, Jonathan Reynolds
Oubliez les vampires cutes de Twilight! Voici un trio maléfique d’auteurs fantastiques de la pleine lune : Dominic Bellavance, Michel J Lévesque, Jonathan Reynolds.

Je suis jalooooOOOOooooOOOouse!

Yvan Ducharme et Éric Gauthier

Yvan Ducharme et Éric Gauthier. Éric a créé L’Échafaudage, un système d’organisation pour aider l’auteure brouillonne que je suis. Je le recommande chaudement.

Auteurs ALIBI: Geneviève Blouin et Richard Tremblay (mon ami Goodreads qui publie son premier texte professionnel!

Auteurs ALIBIS: Sébastien Aubry, Geneviève Blouin et un peu dans l’ombre,  Richard Tremblay, mon ami Goodreads, qui publie son premier texte professionnel!

Le crâne scintillant d'Yves Meynard, Josée Lepire (gagnante du prix Solaris 2011) et l'e

Le crâne scintillant d’Yves Meynard, Josée Lepire (gagnante du prix Solaris 2011) et l’envoûtante Ariane Gélinas, co-éditrice de Brins d’Éternité.

Yves Meynard, un auteur qui m'a poussée à me dépasser! (mais je suis encore loin de l'accoter côté écriture!)

Yves Meynard, un auteur qui m’a poussée à me dépasser! (et je suis encore loin de l’accoter côté écriture!)

Sr Marie-Paul Ross, qui n'a pas peur de parler de sujets tabous

Soeur Marie-Paul Ross, qui n’a pas peur de parler de sujets tabous!

Michel Rabagliati signe pour ses fans

Eh, Michel, tu me passe ta file de fans féroces?

Jocelyn Jalette, un auteur qui fait oeuvre d'éducation sociale du jeune public.

Jocelyn Jalette, un auteur qui fait oeuvre d’éducation sociale du jeune public.

La savante folle à sa table, prête à recevoir ses fans féroces et fantastiques!

Enfin, la savante folle à sa table… prête à recevoir ses fans fantastiques!

Si je n’ai pas le temps de retourner sur ce blog pour mettre les photos du Salon de Toronto, Joyeuses Fêtes à vous tous!

Décorations de Noel sur une maison de Mississauga... On ne lésine pas sur les kilowatts!

La main invisible

La main invisible

(une courte histoire du marché)

1

Mon père est le troc
ma mère la propriété privée
je suis leur enfant aveugle

ma main invisible
tisse la toile
où se débattent les forts
où s’engluent les faibles
je suis ma propre loi
au-dessus des lois
celle de la jungle

où offre et demande
copulent en toute liberté

Je suis le marché

dans mes veines
circulent l’or l’argent
la myrrhe et l’encens
rivière de désirs en Bourse
dévalant la pente du plus offrant
je couronne des rois éphémères
qui crashent le lendemain

TSX 300
Standard&Poor’s 500
New-York Toronto
Amsterdam Tokyo Londres

J’aime la panique
qui secoue les planchers
quand les moutons de Panurge
galopent vers leur liberté 55
vendent tous en même temps
et se jettent du haut de la falaise

mardi noir de 1929
effondrement de la bulle technique
mercredi des Cendres

Je suis l’entonnoir
de la frénésie boursière
le trou noir de la compétition
le gouffre des bonnes intentions
la glaise des fusions d’entreprises
toujours plus grosses
mariage d’actifs
béni par le Ministre
ferment de richesses
toujours plus concentrées

le capitalisme est mort
vive le monopolisme!

2

Je me souviens
des aventuriers
flottes marchandes lancées
sur les océans du globe
forêts tropicales brûlées
forêts nordiques rasées
fières tribus décimées
traite des fourrures
commerce de diamants
trafic d’esclaves

colonies africaines exsangues
bues jusqu’à la dernière goutte

Je suis le marché
de l’or noir
derricks vampires buvant
le sang épais de la Terre
répandu dans les océans
par les mastodontes flottants
cent Exxon Valdez trébuchant
sur les récifs du nord brisé
cent mille goélands maculés
titubant sur les plages souillées

toujours affamé
je mordrai à bonne dents
dans la chair juteuse de la planète
jusqu’à son noyau liquide
de fer-nickel

que j’aspirerai
avec une longue paille

3

Je suis la ronde joyeuse
des soldes à ne pas manquer
Halloween Noël Boxing Day Pâques
fêtes des mères des pères
des secrétaires alouette
départ de vacances
retour à l’école
entrepôts géants aux soldes calculés
pour écraser les petits commerces
regarde la guerre des prix

mon épicier est devenu
caissier au Mega Mart

Je suis le bidouilleur
des hypothèques branlantes
des taux accordéons
des monnaies volatiles
des maisons perdues
des faillites ordonnées
des familles enchaînées
à leurs cartes de crédit
c’est comme le Titanic
les riches en canot de sauvetage

les pauvres noyés
dans leurs dettes

Je suis le fournisseur
des prisons privées
pleines des corps tombés
entre les mailles du filet
jeté sans conviction
par les gouvernants
castrés endettés en diète
leur déficit ceinturé
par les promoteurs

réfugiés dans leurs quartiers murés
avec garde prétorienne à la clef

Je suis la call-girl
assouvissant les désirs
de la cupidité organisée
trônant au sommet de la pyramide
sans voir sous leur pieds
les enfants des ruelles
vendeurs de drogues
et trotteuses de minuit
fuyant les escadrons de la mort

je parle par la bouche
de vos fusils

Je suis le marché
import-export
du made in China
des self-made men
qui ne sentent pas
les odeurs décrépites
des usines abandonnées
délocalisées déménagées

près des taudis où s’empilent
travailleurs et rats

je suis le Free Trade
bâti sur l’esclavage
et les servitudes héritées
des coupeurs de cannes
celui des zones franches
maquiladoras
mangeuses d’ouvrières
usées jusqu’à la corde
par les journées de quinze heures
leurs poches vides
leur estomac creux
et consommées elles aussi

comme les huit cents roses
écrasées à Ciudad Juarez

je suis le marché
des guerres civiles
en mon nom tombent
les démocraties
vous êtes libérés
proclame le Titan
en installant un tyran
sur le trône criant
sentez-vous bien libres
d’acheter mes biens
au prix que je vous dicte

sinon
(points de suspension)

Je suis la course
au champignon nucléaire
pour faire peur au voisin
lui voler sa place
sur l’échiquier
aux armes citoyens
je suis la course aux munitions
pour mieux trucider son prochain
Je suis la course à l’espace

vite vite trouvons un autre monde
à vider de ses ressources

4

Je suis le marché
de la bonne conscience
de la charité bien ordonnée
qui commence par soi-même
fondations à gogo
dames patronnesses
rois du pétrole anoblis
nababs au bras de starlettes
brillant de tous leurs feux
dans les bals de bienfaisance
écoutez ces évadés fiscaux
chanter la main sur le cœur

we are the world
we are the people

leur main droite distribue
au compte-goutte
la manne aux indigents
leur main gauche
dissout leurs économies
spécule sur leurs rentes
cache leur magot au Bahamas
détruit leurs syndicats
car il faut toujours se garder

une provision de pauvres
à qui faire la charité

Je suis le marché
des preachers
qui vendent l’éternité à rabais
sous une tente rayée
blanche et rouge
qui condamnent les péchés de chair
qui pardonnent les péchés véniels
moyennant espèces sonnantes
celui des born-again Christians
qui ont oublié le Christ
mais pas le cash

praise the Lord !
vous irez tous au paradis fiscal

Je suis le marché des médias
dont le regard de Big Brother
vous fascine
les feuilles à scandale
qui attisent la haine
envers
ces pelés
ces galeux
ces pouilleux dépouillés
qui tendent la main
mais que fait la police
barrez vos portes
et surtout n’oubliez pas

de donner généreusement
aux dames patronnesses

Je suis le Léviathan
de l’agrobusiness
qui brevette la nature
clone et copie
au nom de la liberté
imposant ses semences
génétiquement merveilleuses
aux familles besogneuses
arrosées de pesticides

5

je suis le marché aveugle
et pourtant j’entends

gémissements de l’ouvrière
sous les coups du contremaître
pleurs étouffés de la fillette
aux doigts saignants
cris des marcheurs
qui défient les gaz
ricanement sec des mitraillettes
dernier soupir
du syndicaliste assassiné
en mon nom encore
tout comme ont disparu

Chico Mendes
Iqbal Masih
Digna Ochoa y Plácido
et tant d’autres

je suis le marché
des volontés qui s’affrontent
de dispute en dispute
ma main devient plus visible
voyez la laine tondue sur votre dos
qu’on vous revend au prix fort
voyez les haillons des ouvrières
des enfants-soldats des parias
voyez sur la grande Toile
ces fils d’araignée qui lient

les humbles tisserandes
à vos robes griffées

je suis le reflet de vos désirs
la somme infinie
de vos gestes
de vos courages
des vos marches
de vos Porto Alegre
de vos imaginations débarrées

pour construire à neuf
des milliards de voix
murmurent tout bas

otro mundo es posible

6

je suis le marché
aux yeux grand ouverts
et je vois
brillant à l’horizon
un étrange New Deal

achat partage
de bon voisinage
pays solidaires
prospérité équitable
maisons vertes
fleurissant partout
abus domptés
nature guérie
la Terre apaisée
la peur vaincue
l’indifférence en fuite
la dignité revenue

étrange
je ne savais pas
que j’avais une âme

et huit milliards de corps

7

Nous sommes le marché
humanité présente et future
force créatrice de l’univers

espace de libertés multiples
lieu d’échanges
odeurs mêlées
épices et fruits
tissus chatoyants
tournoyant aux quatre vents
feux sans artifices
les enfants du village global
courent sautent rient et chantent
sous l’œil joyeux des parents
discussions passionnées
toutes langues confondues

*

Nous sommes le marché

et désormais
nous marchons
ensemble

*

Une version de ce poème a été récitée en public à la Nouvelle-Scène d’Ottawa le 30 septembre 2010, lors du lancement du recueil Haiti je t’aime. la présente version à été remaniée pour l’événement spécial « Occupons Wall Street« 
Pour les curieux, voici la version anglaise ici.

Mon dernier 24-24

J’ai passé la journée de samedi au Mississauga Bookfest, où on fêtait le 20 anniversaire de la bibliothèque centrale.

J’y ai rencontré:

1) un robot de la sympathique équipe Theory 6 fabriqué par des étudiants de  la Rick Hansen Secondary School (quelle aubaine pour une auteure de SF!)

Robot de l'équipe Theory 6

À noter que c’est la machine roulante le robot, pas la mascotte à droite!! Ces étudiants passionnés donnent aussi des ateliers de robotique pour les jeunes les samedis.

Défilé du robot Theory 6 qui tire les chariots

Défilé du robot, on peut voir le gars qui surveille le mouvement à partir de son Apple…

2) notre mairesse Hazel (90 ans) qui a fait  son tour

Hazel faisant sa tournée dehors par un vent à décoiffer les boeuf (ou écorner les boeufs?)

On voit l’hôtel de ville de Mississauga derrière. Ici, une photo plus rapprochée de « Hurricane Hazel ».

Savante folle et la mairesse Hazel Mc Callion

3) et plein d’auteurs locaux sympathiques: écrivains, historiens, poètes… On devait être installés dehors, mais il ventait à détrousser des boeufs, ça fait qu’on a monté les tables à l’intérieur.

Tables Auteurs

Les librairies locales comme Image Collections qui avaient aussi leurs tables de vente. On voit Todd (cheveux longs) et son père qui placent la table. Plus loin, on a un créateur de Celtic Shaman.

Table du Image Collections de Mississauga

Je devrais dire, table de démo, car je n’ai pas vendu un seul album, sauf mes mini-comics à 25 cennes et plus. Le public, à cause du mauvais temps, n’était pas nombreux, car les autres auteurs n’ont pas beaucoup mieux fait.

Par contre, étant la seule francophone du lot, j’ai eu une chouette entrevue avec un journaliste du Métropolitain qui passait par là!

Puis, le soir… retour au Image collections, où le défi 24-24 était déjà commencé depuis midi!

Le 24-24 à huit heures du soir. Tiffany, Carolyn et Paul

Vers 18h, je m’installe donc « pour une petite heure » près d’eux, en me disant que mon mari pourrait venir me chercher si je tombe de fatigue.

Puis, l’inspiration aidant, j’ai trouvé une histoire qui correspond au thème « Species Change » et qui se passe dans l’univers de Chaaas. À dix heures, j’ai dit à mon mari: je passe la nuit! Et là, ça a roulé avec mes fidèles crayons bleus!

Les dessinateurs à sept heures du matin.Tiffany s’est donné à fond, notez les superbes pages couleurs qu’elle a produites!

Le 24-24 à sept heures du matin

Bien sûr, cette fois, je n’ai pas tenté de finir complètement une BD encrée et tout, comme l’an passé. Surout que pour moi, c’était plutôt un 24-18, pour dix-huit heures! Voici une page réalisée au crayon bleu. On peut voir un découpage grossier en-dessous.

Une belle page crayonnée.. avec ma microplanification dessous!

J’ai scénarisé mon histoire, puis réalisé un crayonné assez poussé sur 22 pages, qui sera facile à encrer le temps venu. Todd a pris une photo des pages produites par chaque participant à la fin.

Les auteurs triomphants: Savante folle, Paul et Carolyn (Tiff a du partir plus tôt car elle travaillait ce matin!!!)  Paul est un pur amateur qui n’avait jamais fait de BD de sa vie. Carolyn est une artiste visuelle accomplie qui non plus n’avait pas fait de BD.

Le trio triomphal - Savante folle, Paul, Carolyn (Tiff a du partir plus tôt)

Tiff est une jeune fille bourrée de talents, et on peut voir une part de son oeuvre dans mon compte rendu du 24-24 de l’an dernier. Pour voir le 24-24 de 2009, tenu au même endroit, et rigoler un bon coup, c’est ici!

On peut aussi y voir Todd, qui organise le défi. Il nous a encore  fait jouer des musiques et des extraits bizarroides de TV pour nous tenir éveillés!

 

Grandeurs et misères de la table de dédicaces -5

En attendant le Salon de l’Outaouais… Il arrive que je croise des confrères et consoeurs de classe et, parfois, la distance sociale est frappante.

La consoeur qui a du succès!

Cette histoire n’est pas arrivée telle quelle! Heurseusement, aucun de mes ami-e-s n’est affligé d’une mentalité aussi tristement matérialiste. *

Dans une récente conférence donnée lors d’un souper de l’AFAF, j’ai mentionné que construire son entreprise demande une bonne dose de créativité!

Pour certains médias, la valeur d’un artiste ou d’un écrivain est tout d’abord lié à son succès financier. Même des écrivains qui vivent très bien de leur art portent un jugement négatif sur les gens dont la productivité n’égale pas la leur. « Si tu ne réussis pas, c’est parce que tu ne t’es pas assez forcé-e! »

Pour Dean Wesley Smith (un auteur américain très prolifique qui donne des conseils originaux aux jeunes auteurs, son site vaut le détour) : si tu ne vis pas de ton écriture, c’est peut-être parce que tu ne veux PAS vraiment écrire, et que tu te trouves des excuses pour ne pas écrire, etc…  Tiens, il faudrait une grosse discussion là-dessus.

DWS est très optimiste. Selon lui, les éditeurs cherchent toujours de nouvelles voix. Donc, si tu retravailles ton texte à mort, ça « rase » ou « émousse » ta voix créatrice, personnelle, originale. Ça m’est arrivé pour Ithuriel et pour cela, que son message résonne fort chez moi. Évidemment, DWS révise pour corriger les fautes d’ortograf ou les grosses bourdes, mais après, il ne réécrit que si son éditeur le demande. Et encore, quand le contrat est signé… :^)

Cette année, il s’est donné un défi d’écrire 100 nouvelles courtes pour 2011. Oui, cent!! Il est déja rendu à huit…. entre 2500 et 6000 mots chacune. Une chance qu’il répète souvent que chaque écrivain est unique et que ce qui marche pour l’un ne va pas marcher pour l’autre!

*

* Cette rencontre est arrivée, non dans un Salon du livre, mais lors de soupers professionnels à l’École Polytechnique. Je suis tellement bien « attiffée » qu’on me prend automatiquement pour une directrice d’entreprise florissante. J’avais l’air de la madame de cette BD… C’est quand on s’aperçoit que je suis une humble travailleuse autonome que les contacts éventuels déchantent.

La spirale de Lar Jubal: rêve ou mirage ?

couverture de Chaaas 4 - La spirale de Lar Jubal, par Sybiline

Sur la colonie de Lapsilis, jeunes et vieux triment dur pour réaliser un rêve audacieux, une spirale de cultures qui ensemencera leur future planète, ravagée par une collision avec un astéroïde. Tous révèrent la mémoire de Lar Jubal, le guide charismatique qui a conçu le projet.

Or, beaucoup s’épuisent au travail, des rivalités malsaines divisent les spécialistes, la fière maîtresse du potager est en chicane avec tout le monde, des jeunes étouffent dans ce monde clos… Certains, comme l’arrogant Eimer, doutent du bien-fondé du projet, un mirage qui recule sans cesse, tandis que le préfet a foi en la vision de Lar Jubal. Et qui est cet artiste charismatique que Chaaas admire alors que Sirius le redoute?

Puis, une maladie décime les céréales de la spirale. Qui veut saboter le rêve de Lar Jubal, le génial visionnaire disparu trop tôt?Chaaas doit enquêter, sans tomber dans les filets de la coquette Lali aux yeux d’ambre! Aidé par Kiumi, une fillette acrobate, il découvrira des secrets qui menacent bien plus qu’un rêve…

Des thèmes criants d’actualité : course à la performance, épuisement au travail, société en vase clos, bris de confiance, composent les ingrédients de ce suspense qui sera apprécié autant des jeunes que des lecteurs plus matures.

Le roman se présente sous  une belle illustration réalisée par l’artiste Sybiline, qui montre pour la première fois Chaaas de près. Au centre de l’habitat cylindrique, le « potager » réunit des cultures en apesanteur. Il faut cependant  se méfier des flaques d’eau sphériques…

Qui est cette fillette-papillon dans le jardin flottant? La petite Kiumi, qui rêve d’être acrobate, porte un plastron, comme les femmes Chh’atyles biologiquement affectées d’un ventre fragile.

L’artiste a été très consciencieuse pour les décors et les vêtements des personnages. Normalement, les hommes de cette civilisation de super-jardiniers portent leurs cheveux très longs, mais Chaaas avait coupé sa tresse pour réparer des torts qu’il a causé à sa famille, lors d’un autre épisode.

La spirale de Lar Jubal – livre 4 de la quête de Chaaas

——–

On le trouve chez Prologue (chercher les nouveautés – jeunesse, ou par mon nom). Ou chez Amazon (le site exact pour commander ici, mais pas moyen d’avoir mes couvertures visibles).

La spirale de Lar Jubal / Michèle Laframboise. — Montréal : Médiaspaul, 2011. — (Jeunesse-plus ; 16. Science-fiction).

Quatrième roman de la série La quête de Chaaas. —ISBN : 978-2-89420-852-6.

Ages: 12 ans- adulte (lecture assez dynamique pour les plus jeunes, assez complexe pour les adultes).

Pollution et climat: du cinéma à la démarche scientifique

En parallèle à mes activités d’écriture, je garde un oeil collé (mais pas trop) sur l’actualité et les sciences. Ce qui me permet d’observer les jeux des « controverses » qui agitent les médias face aux symptômes du réchauffement climatique.

Mentalité à tiroirs : Climat et pollution ne sont pas séparés

Les deux tiroirs

La dernière tendance dans le déni du changement climatique est arrivée: un article du The Globe and Mail dit aux écologistes de se la fermer, euh … « se concentrer sur les vrais problèmes» (la pollution, le smog, la perte des habitats naturels) au lieu du réchauffement de la planète qui est trop compliqué pour qu’on y applique une solution simple. On encourage les lecteurs soucieux de l’environnement de séparer le bon grain de l’ivraie.

Cette assertion suppose l’existence de deux tiroirs distincts: l’un appelé «climat» et l’autre «pollution», qui ne peuvent pas être ouverts en même temps. Lire la suite

De la fuite dans les idées

La fuite des idées

Il arrive un moment où on sent, dans notre tête, que  l’histoire, les acteurs et l’univers qui les contient ont pris assez de consistance pour les fixer sous une forme tangible. Le nuage éthéré des possibilités infinies doit se condenser en une brique (mais pas trop épaisse!)

Comment procéder à ce passage sans douleur? Il y aura toujours  un petit nuage de regrets.

Comme j’ai expliqué dans un autre billet, je ne fais pas de plan rigide. Je dresse plutôt une liste d’épicerie. Voici celle des intrigues secondaires d’un roman en travail (ça ne donne pas les gros punchs).

Liste d'épicerie des intrigues secondaires d'un roman (elle s'allonge pendant la rédaction...)

Je dessine des nuages de relations entre les personnages, et je fais des recherches pour asseoir confortablement le monde imaginaire.

Nuages de relations pour le deuxième roman de la série Chaaas

Un monde imaginaire bien aménagé, tant en science-fiction qu’en fantasy (où intervient le surnaturel) permet non seulement à l’auteur d’y revenir, mais aussi des fans peuvent s’en emparer (c’est arrivé avec l’univers Darkover de Marion Zimmer Bradley).

CAVEAT: Recherches oui, mais…  jusqu’à un certain point !

Trop de recherche nuit à la rédaction!

Car, trop de « googlons ceci, googlons cela » au milieu de  la rédaction du premier jet coupe votre élan, vous ralentit, voire même vous paralyse. Ah, que j’aurais voulu lire ce billet de Cory Doctorov plus tôt! (La traduction française par ici! )

Quand on a travaillé et pensé et vécu avec nos histoires en arrière de la tête, les personnages grandissent et finissent par devenir presque des amis pour l’écrivaine.

Après les affres de la planification, c’est une très belle étape dans la création d’un roman. Dans mon cas, je m’amuse à faire plein de croquis qui montrent un peu la vie des personnages « en dehors » du cadre des romans. Ici, une scène de bain tiré de l’univers de Chaaas.

Le Bassin - croquis (et non, cette scène n'est pas décrite dans un de mes romans!)

Par contre, ça fait brancher l’histoire dans toutes sortes de directions. Et comme ça arrive pendant que j’écris, ça allonge le manuscrit! Il faut garder les rênes sur les idées, et les noter!

Étant donné que l’éditeur publie un livre avec un format déterminé, il y a généralement une limite de pages à respecter. Il faut se résoudre à conserver une ou deux fils directeurs, abandonner des idées et des développements pleins de promesses… sans garantie que tous ces autres enfants de notre imagination verront le jour!

Elaguer le superflu... ne se fait pas sans grincement de dents!

Grandeurs et misères de la table de dédicace -1

Voici ce qui attend plusieurs auteure(e)s dans un Salon du livre.

Une heure à la table de dédicace

J’avais réalisé cette page après quelques séances de signature pour le lancement de mon roman d’aventures Piège pour le Jules-Verne, ma table collée à côté du stand de… Harry Potter.

Jean-Louis Trudel, un auteur de science-fiction franche, avait gentiment accepté d’être caricaturé, et a fait des suggestions utiles au scénario (l’auteure qui replace nerveusement ses livres). Ce gag, publié dans un obscur fanzine (MensuHell) a par la suite trouvé un écho chez plusieurs dessinateurs et amis. Au prochain article, vous verrez ce que mon confrère Christ Oliver en a fait.

Mes sympathies à tous les consoeurs et confrères qui vont à leur tour vivre ou revivre ce « désert » de lecteurs lors du Salon du livre de Montréal pourtant très  achalandé. Quand il y a plus de 800 écrivains présents se partageant les faveurs du public, ça risque d’arriver…

Le fan parano adepte de la conspiration

Toujours en préparation du Salon du livre de Montréal, voici cette rencontre du 3e type qui s’est produite  pour  un de mes collègues écrivains de science-fiction.

Le fan adepte de la conspiration s,arrête à votre tableLes adeptes de la conspiration extraterrestre aiment bien les auteurs de SF… mais c’est plus difficile à gérer que le fan zombie, car même s’ils sont gentils, les plus fiévreux ont pour effet d’éloigner le public de votre table! Et quand ils ont trouvé une oreille sympathique, ils s’incrustent!

Et oui, l’influence des X-Files se fait sentir.  J’ai bien aimé cette série dont nous suivions les épisodes avec trépidation.