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Octobre en Oregon

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De retour d’une formation intensive spécifiquement adaptée aux auteur-e-s de genre indépendants, à Lincoln City, Oregon. Notre salle se trouvait au bord du Pacifique, qui ne l’était pas trop, d’ailleurs!

Michèle à la plage

Non, aucun de nous ne s’est baigné-e sur cette invitante plage… Les vagues ont 15 pieds de hauteur. On les entend arriver dans un Brrrrroum assourdissant! Voir les gens sur la photo ci-bas, pour l’échelle. On déplore annuellement un ou deux morts à cause des « sneaky waves ».

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Les humains, à l’échelle des vagues…

Bien des sujets ont été couverts dans notre semaine, mais si je peux donner un avis aux écrivains qui font escale sur ma page, c’est… planifiez pour conserver votre patrimoine intellectuel (IP – intellectual property) non seulement entre vos mains, mais aussi entre celles de vos héritiers.

Quelques photos d’ambiance, à Lincoln City.

Les vagues dans toute leur puissance

Les vagues dans toute leur puissance. Photo prise depuis le 4e étage de l’hôtel où se tenaient les classes.

Comment l'hôtel épouse la falaise

Dans cet hôtel, le rez-de chaussée est au 9e étage, puis on descend au 4e, puis au premier pour mettre pied sur la plage. Spécial de voir comment l’hôtel épouse la falaise. La marée haute se rend au premier étage.

Pour une auteure de SF, quelle aubaine que ces algues emmêlées!

Pour une auteure de SF, quelle aubaine de trouver ces algues emmêlées!

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Détail du bois de pin rouge échoué malmené par les vagues.
Fleurs de plage. non identifiées.Fleurs de plage non identifiées, au pied (humide et salé) de l’hôtel Inn at Spanish Head. Faites honte à la Savante folle en palliant à cette méconnaissance!

 

L'avenue principale = l'autoroute 101

Je cours sur le bord de la 101, la petite ville de Lincoln City…
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N’oublions pas le danger de tsunami en descendant cette côte.

 

Les trois "soeurs" de la baie.

La baie de Siletz, où l’eau est plus calme. L’endroit a été aménagé en parc, car des phoques viennent s’y étendre. Je n’en ai pas vus lors de mes courses matinales.

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Mon rêve: une bibliothèque avec les BONNES proportions pour des petits romans! Librairie North by Northwest.

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Fin de course à l’auberge hantée…

L'entrée de l'Anchor Historical Inn
L’entrée de l’Anchor Historical Inn. Le marin à gauche est un mannequin… Des fois on fait le saut en le voyant assis sur le canot.

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Pour finir, une citrouille déguisée en Westfalia…
Bon Halloween et prudence sur les rues!

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Une feuille tombe…

Je viens d’apprendre le décès d’une consœur poétesse.

Cécile Cloutier

Non, vous n’avez jamais entendu parler d’elle dans le tourbillon des vedettes d’automne et du Blade Runner sorti cette fin de semaine.

Cécile ne courait pas après les caméras. Elle hantait le salon de Toronto, portant toujours des gilets tricotés aux couleurs superbes (gilet rouge à gauche, noir plus classique à droite). Elle a laissé une petite trace de poèmes chez plusieurs maisons d’édition comme l’Hexagone. J’ai eu le triste honneur de mettre sa page Wikipedia à jour parce que je voulais que ce soit quelqu’un qui l’aime qui s’en charge.

J’ai beaucoup de peine; sans être une proche, je m’entendais bien avec elle lors des Salons de Toronto. Je ne l’ai pas toute lue, mais lors d’une lecture, je suis tombée amoureuse de tout petits bouts de poème, comme:

Entend

le cri rond

du silence

J’espère que Cécile était bien entourée dans ses derniers jours sur cette terre qu’elle aimait tant. Elle consacrait dans son jardin de Neuville un arbre à chaque fois qu’elle perdait un ou une ami-e poète. Si vous plantez un arbre, pensez à elle…

Je termine par un extrait de poème de Cécile Cloutier qui évoque cette saison.

Un petit arbre devant ma maison, aux feuilles lumineuses

Une feuille tombe

Écoute cette parole de l’arbre

 

Ce que je nous souhaite, ce 1er juillet

Les premières framboises

De la générosité. Le reste viendra en surcroît!

Promesse d'abondance. Buisson de framboises encore blanches

Promesse d’abondance

ce buisson de framboises

encore très blanches

 

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 71

Inspiration capricieuse!

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Quand je prends trop de temps pour me préparer… l’inspiration file! Mais que cela ne vous arrête pas : la création demande de la discipline!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 40

Quand l'artiste bute sur un mur... Eh oui, déjà le 40e gag!

Cette semaine, le no 40, qui suit l’ordre de production original des planches. Avec quelques modifications, dont une vue imprenable de mon habitat. Et un clin d’oeil à l’oeuvre colossale de André Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe, personnage qui fit son entrée par la porte arrière d’une aventure de Spirou et Fantasio. Lire la suite

Où prenez-vous vos idées?

Le puits à idées des auteurs!

S’il y a une question que les auteurs se font poser lors des événements publics, c’est bien celle-là. Mais où prenez-vous vos idées?

Et beaucoup de gens qui rêvent d’écrire à leur tour des histoires se creusent la tête pour trouver ce mystérieux puits à idées. Ils ont parfois l’impression que les auteur-e-s forment un club sélect qui garde bien cachée la poule aux oeufs d’or de l’inspiration!

Où l'auteure va à la pêche aux idées

Cette croyance en rejoint d’ailleurs une autre: que les auteurs qui dédicacent leur livre à un Salon sont riche$ ! Ou s’ils ne le sont pas, c’est qu’ils ont une mauvaise source d’idées (ce qui n’a aucun rapport, hasard et modes sont des ingrédients capricieux qui font et défont les célébrités). On est aussi convaincu qu’une fois l’idée pêchée, le livre  s’écrie tout seul! D’ailleurs beaucoup se demandent, angoissés, Va-t-on me voler mon idée?)

Or, c’est tout le contraire. Les idées sont comme des graines de pissenlit, pffffou!

Les idées sont des graines de pissenlit!

Elles s’envolent à demi-formées, et les mains malhabiles des écrivains en herbe tentent vainement de les capturer. Et quand ils en tiennent une , ils s’aperçoivent qu’il y a encore loin de la graine à l’arbre, de l’idée au livre publié !

Parlant d’idée, ceci est déjà arrivé: un fan trouve son idée tellement géniale qu’il veut que… l’écrivain la rédige et fasse le gros du travail à sa place! Donc l’idée, c’est tout petit au début. Il ne faut pas tout de suite « tirer  » dessus pour faire pousser plus vite un suspense de 600 pages!

Puiser un ouvrage fini

Qui est cet auteur?

Dans l’exemple du puits, Les nuages de Phoenix fut mon premier livre publié.  Pourtant, l’idée a mis beaucoup de temps à germer.

Ça a commencé par une simple image: une petite fille qui regarde les nuages. Enfant, c’était mon activité favorite. J’aimais beaucoup la météorologie (et j’ai par la suite suivi des cours de climatologie quand j’ai fait mes études de géographie).

Des relations se sont nouées, des lieux se sont définis: Phoenix est une planète au ciel vert. Pourquoi le ciel est-il vert?  Ah, question de taille moyenne des particules, et cela a entraîné d’autres questions, d’autres pistes d’exploration.

Couverture du roman Les Nuages de Phoenix

Puis, dans ce milieu spécial, je découvre que la petite fille, Blanche, est handicapée des jambes suite à un accident et porte un exosquelette qui lui permet de courir jusqu’à 80 km/h (et ça fait bien rire les jeunes quand je le mentionne). De nouveaux personnages apparaissent, la petite fille a une famille; une soeur aînée qui est en amour, un père préoccupé par les usines d’oxygène, etc… ces personnages grandissent et finissent par devenir presque des amis pour l’écrivaine. C’est une très belle étape dans la création d’un roman. J’y reviendrai.

Ce livre a pris entre six mois et un an de croissance discrète avant  que je me mette à la rédaction. Puis après, ce fut la réécriture sous les conseils de mon directeur littéraire. Un an et demi de croissance.

J’ai abordé dans un autre texte les défis de comment faire pousser une histoire. Une histoire, une idée, c’est une toute petite graine qu’on met en pot, et qu’on peut oublier, pour un temps. Mais l’idée pousse en silence… Et on peut semer plusieurs idées qui poussent en même temps. Certaines mûrissent plus vite que d’autres…

L’arbre de l’inspiration doit être nourri, de trois façons. On puise d’abord dans notre expérience de vie, qui nous aide à ressentir ce que les personnages ressentent; puis dans nos lectures, tous les genres de lecture: pour le plaisir, pour la recherche, pour explorer des façons de raconter qu’on ne connaît pas…. et bien sur, on se sert de notre imagination, qui fait des liens n’importe comment.

Beaucoup de ces liens se révèlent abscons , mais certains s’avèrent féconds.

Il faut nourrir notre inspiration

On ne peut pas vivre dans une tour d’ivoire en se disant que les idées viendront toutes seules. Il faut nourrir notre plante, avec de l’engrais, de l’eau, des soins : les trois sources d’inspiration interagissent entre elles.  Et les soins  incluent plus tard l’élagage, quand l’histoire devient trop touffue…

Affaire à suivre…