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Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 90

90Livresbateaux

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Les livres sont comme des bateaux. Les lecteurs nagent d’une lecture à l’autre, et certains bateaux sont plus abordables que d’autres. (Hé, comment ça se fait que mon roman si bien écrit ne trouve pas ses lecteurs?) C’est le cas pour mes romans de science-fiction, et j’ajoute souvent des lexiques!

Votre tâche d’écrivaine est donc, paradoxalement,  de rendre votre bateau plus abordable pour un nageur!

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L’auteure en déplacement se doit de ne rien oublier! Je pars pour une rencontre d’écrivains en Orégon pour une anthologie. Pendant six semaines, il y avait un texte littéraire à écrire sur un sujet imposé, et le dernier mois, ben… il fallait tous les lire! Pire que ma participation une année dans le jury d’un prix de SF avec 203 textes à lire, là, j’en avais 260!

Les déplacements et événements spéciaux se multiplient parfois, et comme dit une sage auteure (K. K. Rusch, que je vais avoir la chance de rencontrer samedi prochain), réfléchissez avant de dire bêtement: « Je veux être aussi populaire que J. K. Rowling! »

Car être populaire veux dire… très occupée à faire plein d’autres chose que d’écrire!

Mon personnage d’auteure au nez pointu envie souvent les hordes de fans féroces, les entrevues télévisées, les conférences, les conventions de SF, tec…  mais, en réalité, toutes ces activités mangent du temps. Les fans peuvent demander beaucoup d’un auteur.  J’ai commencé seulement cette année à « slacker » sur les Salons du livre.

Quand on se voit offrir de participer à des événements, c’est bon de faire le test WIBBOW (WIBBOD pour les dessinateurs): Would I Be Better-Off Writing (Drawing)?

 

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 47

 

 

 

Le fan terroriste

 

 

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 46

 

Le signal d'alarme fou!  Anecdote inspirée d'un fait réel.

Bientôt revient la saison des salons du livre! Toutes sortes d’événements viennent perturber le cours des séances de signatures.

Le signal d’alarme fou s’est vraiment déclenché lors d’un salon. Quand cette alarme stridente a retenti, une voix nous avertissait qu’il s’agissait d’un problème technique, nous demandait de rester calme et nous garantissait que la situation retournerait bientôt à la normale. C’était un an après les attentats du 11 septembre et la crainte du terrorisme s’était inscrite dans nos gènes de nord-américains (pour le reste du monde, ça l’était depuis longtemps).

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Grandeurs et misères de la table de dédicace – 38

 

Le confrère accaparant... et une première page dans un nouveau format WEB!

Cette anecdote vous est-elle déjà arrivée?

Les citations (J’veux l’argent, la gloire pis les…! ») sont verbatim. Ceci fut mon premier contact avec un collègue (clairement célibataire) voilà plusieurs années, avec une chute fantaisiste. Les tables de dédicaces étaient encore carrées… Ce qui est embêtant quand un fan ou un collègue « occupe le territoire », c’est qu’il ne laisse plus de place pour le public…

L’espace autour d’une table de dédicace est un territoire très subtil, et comme le public passe très vite, la fenêtre d’intérêt d’un lecteur est fort étroite. Tout comme mon format WEB expérimental, inspiré du travail de plusieurs collègues!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 24

Le fan encourageant, scénario de Steve Requin

Ce spécial journée des femmes a été fait en collaboration avec mon confrère Steve Requin  et son humour parfois absurde! Steve n’a pas la langue dans sa poche et sait rire de nos mauvaises habitudes mentales et de nos attentes irréalistes! Ce fan a voulu trop bien faire…

J’avoue que c’est un des gags les plus crrrrruels que j’ai publiés (mais pas le plus crrrrruel pour votre auteure frustrée favorite, patientez encore…)  Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 13

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Vous ne voulez pas avoir ce fan. Vraiment pas.

Il ne tourne autour de votre table que s’il croit pouvoir obtenir des retombées favorables. Il espère que son chemin croisera celui d’une vedette qui donnera une validation sociale à ses choix (non-)culturels. Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 8

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Douce réminiscence de mes premières années de dédicace, le fan qui, hélas, est sans le sou au moment où il/elle arrive à votre table de dédicace. Enfin, sans le sou… c’est relatif!  Et dans ce cas-ci, j’ai pu observer la chose à quelques reprises, lorsque je dédicaçais en même temps qu’un auteur plus populaire. Les gens se mettaient en file avec leurs tirage de tête (un tirage limité en gros format d’une BD, qui coûte au-dessus de 150 piasses).

À la défense des amateurs passionnés, il s’en trouvait parfois dans la file qui se sont intéressés ensuite à mes albums. Ça dépend grandement de la compatibilité des publics. Par exemple, les gens qui font la file pour Walthéry (Natacha, aventure-humour) se sont montrés fort sympathiques à mon travail. (L’inverse est arrivé mais je ne donnerai pas de mauvais exemple ici!)

« Ça a l’air bon ce que tu fais, mais j’ai pus une cenne »  

Dans sa forme plus polie, ça donne: « Désolé j’ai busté mon budget ».

Pour les ami-e-s écrivain-e-s autant que bédéistes*, c’est LA réplique numéro un entendue dans les salons, et qui revient souvent dans ces Grandeurs et misères de la table de dédicace!  Il ne faut pas en vouloir à ces braves lecteurs, car

1) les temps sont durs pour l’imprimé, les maisons d’édition se multiplient comme des petits pains (idem de l’offre!)

2) … et tombent comme des mouches (pas en même temps mais pour les petites maisons c’est un roulement continu) Idem pour les librairies frappées par le commerce électronique.

3) Quant aux grandes maisons, elles fusionnent. Conséquence: les éditeurs gèrent leur maison comme une entreprise et prennent peu de risques. Certaines maisons résistent vaillamment. Quant aux bédéistes… même ceux /celles qui survivent le font avec difficulté… ou s’épuisent à la tâche, guettés par le burn-out! Pour un meilleur état de la situation, voir cette présentation par JL Mast, une impressionnante compilation!

4) Pendant ce temps, les emplois, eux, filent en Asie, pour être remplacés par du temporaire-sur-appel, ce qui laisse moins de sous dans les poches desdits lecteurs.  (En attendant les emplois de haut-savoir dans le secteur de la recherche et des services, supposés remplacer ceux perdus)

Donc, multiplication de « petites maisons »,  augmentation du nombre d’auteurs publiés, et diminution des revenus: pas étonnant que le réflexe du lecteur-consommateur soit de se rabattre sur des « valeurs sûres » dont ils ont entendu parler à la TV ou la radio.

C’est dire qu’on va l’entendre encore souvent, cette réplique! Il vaut mieux s’armer de patience et le prendre avec un grain de sel. Après tout, quand quelque chose nous passionne, on est prêt à y mettre temps, argent, énergie!

Cette page de BD  a été reprise et reformatée à partir de ma série « Séances de signatures« , qui eut un bon succès au point qu’il ne reste plus d’album en circulation. Depuis, l’éditeur a cessé ses activités tandis que je poursuis les miennes.

* Oui je sais que beaucoup détestent ce néologisme et préfèrent dire « auteur-e de bandes-dessinées », mais il faut avouer que c’est un mot qui s’écrit pareil au masculin-féminin!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 6

Le fan qui veut qu’on écrive/dessine son histoire! Cette situation se produit, avec plusieurs variantes, pour les écrivains et les dessinateurs lors d’événements. Cette page a été reprise de ma série « Séances de signatures« .

Le fan qui veut qu'on raconte son histoire

La multiplication des technologies permet à tous d’écrire et imprimer des textes. Plusieurs de mes confrères-soeurs se font demander de « lire » ou « revoir » un manuscrit. Ou, comme dans le cas de cette BD, de carrément écrire le texte de « leur » histoire. Or, comme mentionné ailleurs, les idées jaillissent dans la tête, mais les mettre en valeur, demande patience et persévérance.

Le métier d’écrivain ou d’auteur de BD, est fort exigeant, quelle que soit la saveur de « crème glacée littéraire » qu’on préfère.  La réalité des écrivains/bédéistes est qu’on a presque tous un travail à côté de la pratique de notre art, et en conséquence, fort peu de temps libre à consacrer à des services. Et la tendance est à la baisse comme le constate ce site: « Ça te fera de la pub » est une phrase que j,ai trop souvent entendue à mes débuts.

Ce n’est pas toujours facile de dire « non » à nos fans de façon diplomatique. Surtout si on veut rester encourageant pour un écrivain qui débute.  Et d’un autre côté, certains travaux de révision, des conférences, des ateliers rémunérés sont une base de revenus d’auteur.

Plusieurs de mes confrères auteurs de SF qui ont commencé dans les années 70-80, du temps où le marché des magazines littéraires battait son plein, me disent que les  prix n’ont pas augmenté en 30 ans. Et même, les avances payées aux auteurs par la plupart des éditeurs ont chuté (sauf pour les vedettes déjà confirmées comme valeurs sûres). Même des écrivains vétérans que je croyais hors de danger admettent que leurs droits d’auteurs ne suffisent plus à subvenir à leurs besoins. Avec la concentration des maisons d’édition, vient celle des médias, dont l’attention se réduit que 8 ou 9 « valeurs sûres ».

C’est donc avec toutes ces réalités que composent les écrivains à leurs tables de signatures, quand un fan leur demande, « Pourrais-tu/pourriez-vous…. »

Du chocolat pour se donner du courage!

(Un peu de chocolat pour bien finir cet article ! )

Grandeurs et misères de la table de dédicaces -4

C’est souvent arrivé dans un Salon que des gens bien intentionnés me disent cela… et une fois j’ai eu droit à la production complète, mais pas par ce gentil monsieur.

Le fan enthousiaste qui présente la production de son petit neveu talentueux

Malgré le thème de la BD, j’encourage au maximum les jeunes à dessiner et à réaliser leurs rêves. Mais réaliser son rêve demande des efforts… Il n’y a pas d’ascenseur…

C’est quand ces fans enthousiastes associent d’emblée mon travail à un jeu d’enfant bêtifiant que ça m’agace (surtout quand ils monopolisent de facto l’espace autour de ma table!) Essayez d’imaginer qu’un fan dise à Michel Tremblay dans un salon du livre: « Heye, tu as écrit un roman? Mon petit neveu de 8 ans en écrit aussi! »

Dans certains pays, être auteur de BD est un métier respecté (quel que soit votre revenu). Ici… Vous êtes un éternel dilettante!