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Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 79

Chers  fans et collègues artistes,

Cette semaine je suis à l’extérieur du foyer, loin de ma table à dessin, de mon ordinateur  et de ma tablette graphique. Je vous offre donc la scénarisation du gag, libre à vous de le dessiner sur papier ou dans votre tête!

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 79 -SCÉNARISATION

TITRE: Répliques à calories vides

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CASE 1

 INTÉRIEUR plan moyen:  Un salon du livre bondé, deux auteurs seuls à leur table de dédicace. Un auteur qui monte, la quarantaine, faux look rebelle, pinch assumé, tenue décontractée, pantalons chinos à poches, blouse en jeans. À la table voisine, la savante folle, cheveux aux épaules, nez pointu, tenue de salon, gilet  rouge, pantalons noirs (comme un bonhomme en rouge des vieux Star Trek).

L’AUTEUR, tout enthousiasmé, se tourne vers sa voisine,  un livre en main.

AUTEUR: Heille, tchèque mon dernier livre, c’est l’histoire d’un gars qui se tanne de sa p’tite vie bourgeoise, ça fait qu’un jour, il décide de se libérer de son carcan.

SAVANTE FOLLE   (PENSÉ ): Me semble que j’ai déjà lu ça kèk’ part…

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Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 73

..Les degrés de déception professionnelle

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Les déceptions sont inévitables. Aussi bien s’y préparer.

Le premier degré de l’échelle des déceptions professionnelle est classique, impersonnel: une réponse à une demande de bourse.

Le 2e degré de déception est plus intense,  si on soupçonne (à tort ou à raison) de la malhonnêteté dans le choix.

Le 3e degré, c’est quand le projet pour lequel notre soumission est refusée émane de gens ou d’artistes qu’on connaît et qui nous connaissent. Là, ça fait mal!

Le 4e degré, c’est quand vous apprenez par les médias que le super-projet-top-visibilité organisé par des confrères qui ne retournent pas vos appels/courriels ira de l’avant… sans vous. Ici, c’est le mur du silence qui prépare le choc final.

Le 4e degré tel que décrit est arrivé assez tôt dans ma carrière naissante. L’impact a été dévastateur. Le doute est entré dans ma vie d’artiste. Je n’ai jamais retrouvé la même confiance en mon art, mes capacités. Je suis devenue invisible. 

Ça a pris des dizaines d’années et une nouvelle génération d’auteur-e-s pour que j’arrive à me débarrasser de mon complexe de l’imposteur. Dessiner cette BD et me mettre à nu a été très difficile.

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Suggestions our bien gérer votre déception professionnelle:

NE PAS répondre ou réagir avant de laisser passer 24 heures.

NE PAS nommer en public l’organisme, exprimer sa colère en public, partager sur les médias sociaux son statut de victime. Accuser l’organisme de discrimination ajoute de nombreux problèmes : ceux qui se sentent visés nieront de toute façon (sans oublier le potentiel trollique élevé dès qu’on mentionne la chose). Et si le choix était parfaitement innocent, vous nuisez à l’organisme.

A FAIRE : tout défoulement en privé qui fait du bien. Un exercice physique la course, du jardinage, grimper dans les rideaux… permet d’évacuer le trop plein d’énergie. Après, détente: lire un bon roman, chocolat et crème glacée.

ET: travailler sur le prochain projet!

Le seul moyen constructif que j’ai trouvé pour ma plus récente déception cette semaine, c’est de scénariser cette BD. Le lendemain, au lieu de me morfondre, j’ai écrit deux nouvelles de science fiction complètes. L’un a été écrite en 20 minutes et envoyée en soumission dans la demi-heure suivante.