Archives de Tag: Canada

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 37

Les Fans Militaires - commémoration du débarquement en Normandie

Il y a 70 ans, le 6 juin 1944, arrivait le Jour J du débarquement de Normandie

Les Canadiens y ont joué un rôle important, débarquant sur la plage de Juno près de Coursol-Sur-Mer. Environ 110 navires de guerre canadiens y ont participé (liste ici). Lire la suite

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Florilège pour des lacs expérimentaux

Un lac très eutrophié  - photo courtoisie de ELA

Quand vous avez mal quelque part, est-ce que vous consultez votre médecin ou votre astrologue?

Voilà une question qu’on pourrait poser au gouvernement Harper, à la lueur de ses récentes décisions dont le projet de loi 45 « mammouth » qui réduit le financement de la recherche sur les lacs et rivières, à moins qu’il s‘agisse de recherche possédant un avantage commercial. Et qui exclue 99 % des lacs de la protection de leurs eaux et de leurs rives!

Parmi ces décisions, il y a celle de mettre fin aux activités du ELA (expérimental lake Area), la zone des lacs expérimentaux couvre 58 lacs en Ontario  qui ont aidé à démontrer les effets à grande échelle de divers polluants chimiques. Situés dans le comté de Kenora, ils ont permis entre autres de démontrer l’effet du phosphore sur l’eutrophisation des lacs. Cette mission de protection du public fait-elle le poids contre une vision purement commerciale de la recherche ?

Lac 226 après deux mois de fertilisation. La photo a fait le tour du monde !

Cliquer ici pour un détail agrandi des deux parties du la 226

Comme je l’ai indiqué dans un autre article, la recherche scientifique est un processus long et ardu. Elle implique non pas un chercheur seul dans son laboratoire mais plusieurs équipes multidisciplinaires. contrairement aux à nos attentes de tout tout de suite », la recherche prend des années et demandes plusieurs échelles : depuis les essais en éprouvette de laboratoire aux expérimentations sur grande échelle. en passant par les étapes de vérification des données, consultations des pairs, publications dans revues scientifique avec comités de lecture…

L'enquête sur le rôle du phosphore a été beaucoup plus longue que ce dessin le suggère!

Avec un budget de fonctionnement de 2 millions par année, le ELA est beaucoup moins cher que les milliards accordés en subvention aux entreprises de sables bitumineux. Des milliers de personnes s’opposent à cette fermeture. Mais leur voix tombe-t-elle dans l’oreille d’un sourd?

Je n’apprécie pas qu’on affaiblisse ce pays et sa population en lui retirant une à une les balises de protection scientifiques. Car qui croire ensuite? Votre médecin ou votre astrologue? 

Bref, les scientifiques qui tiennent à protéger les eaux fraîches et la recherche fondamentale cherchent désespérément un milliardaire désoeuvré. Ou bien faut -il lancer un projet Kickstarter pour les Lacs?

Baie Georgienne - nos eaux douces, un trésor menacé par l'ignorance

La zone des lacs expérimentaux représentent un effort collectif pour mieux comprendre les procédés naturels et l’impact de nos activités sur les eaux fraîches et leurs myriades d’habitants. C’est un livre qui doit rester ouvert, comme les esprits avides de connaissances.

Ce mouvement de protestation pourrait aussi s’appeler Ignorant no More.

* Annexe *

Faute de temps pour développer ce sujet, je dresse la liste de sites utiles, de même que le site Sauver ELA.

Fight to save Experimental Lakes Area runs its course (http://www.kenoradailyminerandnews.com/2013/01/02/fight-to-save-experimental-lakes-area-runs-its-course)

Une réflexion fouillée par un scientifique paléogéographe, partie un et deux

Attention Bryan Hayes: This water issue hasn’t gone away (https://www.sootoday.com/content/news/details.asp?c=51916)

Liste des députés fédéraux – trouvez votre circonscription!

Le groupe Facebook pour soutenir le ELA. https://www.facebook.com/groups/saveela/

Quelques sujets de recherche entrepris avec les lacs expérimentaux depuis 1968:

pollution par les fertilisants et éclosions d’algues bleues
impacts des  “pluies acides” sur les lacs
restauration des lacs acidifiés
impacts d’inondation de réservoir
sources de mercure toxique dans les poisson
impacts des “changement climatique” sur les lacs
renouvellement de la végétation riveraine
impact de composés hormonaux mimics
impacts de l’aquaculture

Carburez en paix…

La canicule ayant chanté tout l’été
les industries pétrolières
se trouvèrent fort embêtées
d’attendre la première bise de l’hiver

Alors elles entonnèrent en choeur
leur berceuse habituelle

Consommez en paix
Carburez en paix
Dormez en paix

le climat ne se réchauffe pas, non, non.
Les savants se leurrent
nos profits nous confèrent
science et vérité infuses

Consommez en paix
Carburez en paix
Dormez en paix

Nada, nada, nada
rien de grave au Canada

et si la Terre meurt
ce sera de causes naturelles!

L'état probable  de la planète, quand les pétrolières cesseront de nier le réchauffement...

J’ai repris ce poème pour le Jour de la Terre.
La version originale, avec la caricature, ici

Votez et voyagez dans le temps!

Le sablier conservateurLa machine à voyager dans le temps de Harper vous enverra soixante ans dans le passé!

Ne manquez pas votre chance de vivre dans Conservatopia, une société rétrograde et superstitieuse, où les preuves scientifiques seront ignorées en faveur de «gut-feelings» et des astrologues. Oupse, je voulais dire «idéologues».

Sur une vingtaine de sujets, comme le contrôle des armes à feu, le recensement, la protection de l’environnement et du climat, les droits des femmes, des gais, les crimes et châtiments, notre pensée sera modelée par les idéologues. Des rengaines simplistes seront imprimées et répétées par la médiasphère pour susciter les émotions primaires. Les droits acquis seront lentement égrenés dans le sablier…

De même, les travailleurs sur appel désormais privés de protection apprendront à admirer les Chevaliers de la table industrielle. Cette table sera bien garnie, depuis le « bail-out » des banques et les lourdes subventions accordées aux industries pétrolières.

Bientôt, le seul vestige du filet social seront les bals de charité organisés par les grandes fortunes tout en mettant un peu de sous dans des paradis fiscaux. Et, bien sûr, l ‘ »économie » fera en sorte de renouveler la réserve de pauvres qui auront besoin de généreux donateurs. Quant aux artistes, seuls les plus populaires se hisseront au sommet, et tant pis pour les autres «élites» qui auront à survivre dans des emplois difficiles. (Mais les élites financières sont approuvées, car elles peuvent faire taire leur opposition par des poursuites légales).

Les criminels seront vus comme des mauvaises herbes qui poussent dans des quartiers défavorisés sans raison. Les Premières Nations ne verront pas beaucoup de différences entre maintenant et 1950. Elles continueront à être laissées pour compte, privées de dignité et d’eau potable, leurs communautés ravagées une fausse-note à notre prospérité.

En Conservatopia, vous pourrez voir les femmes retournées à leur juste place, en respectant les valeurs de la famille des années cinquante!

Leurs droits ne seront jamais directement attaqués, bien sûr: ils seront lentement, très lentement érodés, toute tentative de prendre leur vie en mains subtilement découragées, leurs associations privées de subvention, les jeunes filles subissant la pression de conseils debeauté et les annonces des petites culottes strings. Les femmes sont libres, mais la conciliation travail-famille deviendra un casse-tête, jusqu’à ce que le seul endroit qui leur restera sera la sécurité relative du foyer (de préférence avec une arme à feu, méfiez-vous des criminels qui courent partout!)

Comme la contraception tombera en disgrâce au profit de la course à la vertu d’abstinence, les grossesses non désirées augmenteront. Les filles et les femmes n’auront d’autre choix que d’endurer leur situation, de fuir ou de mourir (comme dans les pays du Tiers-monde).

Avec la puissance des médias monopolisés, les citoyens… non, les payeurs de taxes seront conditionnés à se méfier de leurs élus (ces fonctionnaires paresseux qui engloutissent notre argent durement gagné!), Les syndicats et groupes de défense sociale (ces artistes paresseux!). Bientôt, les plus crédules parmi nous réclameront la venue d’un dictateur bienveillant mais ferme, avec une belle coupe de cheveux.

Mais pas de moustache.

Vers un avenir glorieux et privatisé!

En votant pour la Harper’s Time Machine, vous verrez aussi un avenir glorieux! Comme la taille du gouvernement diminue et que les grandes fortunes se concentrent entre moins de mains, la porosité entre les entreprises et le dictateur bienveillant devient plus intime. La délocalisation des emplois se poursuivra. Les sans-abri éduqués deviendront un spectacle fréquent dans nos rues.

Les grandes fortunes reserreront leur emprise sur la médiasphère, affichant les nouvelles qui favorisent la croissance de leurs profits. Tous les besoins sociaux et culturels seront fournis par le secteur privé. La population devra se fier sur eux pour leurs sources d’information (la criminalité est endémique! Ayez peur, verrouillez vos portes, armez-vous, et donnez généreusement aux organismes de bienfaisance!) D’autres voix, privées de financement vont diminuer et mourir. Les citoyens auront une liberté de parole, sans réel pouvoir de changer leur condition.

Bien que cette élection s’appuie officiellement sur l’économie, je rappelle que le crime est une très bonne chose pour le PNB (Produit National Brut). La criminalité assure un cadre de vie affluent pour les chefs de gangs, mais aussi pour leurs avocats, greffiers, juges, gardiens de prison, police, coroner, journalistes, tous ca avec nos impôts! Et des travailleurs sociaux voudraient aller à la racine de ce mal si utile?

Les prisons privées pousseront comme des champignons à travers tout le pays (des jobs!), et leurs cellules seront rapidement occupées. Ce même secteur privé concevra de nouvelles façons de surveiller les citoyens. Big Brother n’espionne pas seulement votre ordinateur, il fera en sorte que les médias vous présentent des choix pré-approuvés. (Vous voulez votre voiture neuve rouge ou noire? Non, nous n’avons pas de voitures électriques, désolé madame!)

Comme les groupes sociaux et les scientifiques dissidents seront privés de subventions, le préjugérégnera incontesté. Le

s gouvernants seront au service des grandes entreprises, qui seules possèdent les ressources pour soutenir tous les Instituts-perroquets qui reflètent leurs préoccupations.

Vous vous ennuyez de l’époque soviétique? Des apparatchiks? De leur façon de réduire l’opposition au silence?

Votez pour la machine à voyager dans temps!

Bienvenue à Conservatopia!

Mashup of Conservative Party of Canada logo with Borg Insignia, Kenneth M. Kambara

BD pour les élections

Tous les partis nous sollicitent. Et quand je dis, tous les partis…

les élections

Quand les politiciens sollicitent nos votes

Le pouding Conservateur

Le Pouding Conservateur!

Pendant que notre Premier Ministre chante une chanson des Beatles en commandant ses F-35, j’ai écrit  un air plus approprié (sur l’air du célèbre  Pouding à l’arsenic, du film Astérix et Cléopâtre).

Démocraties empoisonnées

Dans un grand bol d’électeurs
Délayez du bon bitume
Faites tiédir à la casserole
Un grand verre de pétrole

Oh, je vais en mettre trois!

Quelques gouttes de cigue
Des cadeaux pour les sangsues
dépossédons l’citoyen

– Donnons-lui du poivre en grains
– Non!
– Ah, bon

Émiettez les statistiques
les sciences le CRTC
quand nos préjugés suffisent
à construire une prison

– Oh, je vais en construire cinq !

Dans un petit plat à part
baisser les pensions des arts
à la valeur d’un dé à coudre

– Et un peu de sucre en poudre
– Non!
– Ah, bon.

Diluez l’enseignement
dans du venin du privé
pour adoucir le mélange
ajouter quelques millions

– Oh, je vais en mettre un seul

Décorez de fruits confits
Un beau lac artificiel
deux milliards pour le G-20

-Et un peu de répression
-Non… euh, ouiii !!!
-Ah, je savais bien que ça serait bon…

*

Le Pouding Conservateur
nous permet ce pronostic
en mai sur les bords du fleuve
que mangeront les crocodiles?

Pouding Conservateur: l'inquiétante conclusion

(cc) Savante folle 2011.   cc= creative Commons license

Pour le contexte, voir les articles  suivants:  ici, ici et ici. Et tiens, .

Eh oui, la savante se mouille! Étant à la fois scientifique et artiste, je n’aurais jamais cru qu’un jour un Premier Ministre ferait fi des deux! Jamais non plus un PM ne m’avait traitée (avec un grand nombre de personnes formidables qui contribuent à faire du Canada un pays avancé) de parasite social.

Artiste "du dimanche" en conserve

Je m’ennuie donc de Joe Clark…. Du temps où PC voulait dire Progressiste-Conservateur!



Patrimoine Canada menace la revue Solaris

Le parcours de l'écrivain avant...

Le Programme d’aide aux magazines artistiques et littéraires de Patrimoine Canada ne subventionnera que les publications qui se vendent à plus de 5000 exemplaires par année.

Cela exclut la plupart des revues culturelles… Dont Solaris, Virages et aussi Ciel Variable !

Or ce chiffre est d’autant plus injuste pour le côté francophone, que ce plafond minimum est le même que pour les revues anglophones, alors que le ratio anglo/franco est de 3 pour 1. Ce qui veut dire que, si on avait été juste, le plafond pour les francophones aurait dû être de 1250 copies. (Merci à Jean Pettigrew pour cette info).

Le parcours de l'écrivain - après

Cet article sur le site du Devoir par Jean Larose exprime très bien la situation.

http://www.ledevoir.com/culture/livres/289794/les-heritiers-du-refus

Après la disparition des émissions littéraires et les coupures à Radio-Canada, accusées d' »élitisme », ce péché, les magazines culturels à tirage modeste vont y passer. (Voir cet autre article dans le blog.)

À trop vouloir centraliser, privatiser et uniformiser la culture, on prive la prochaine génération de l’immense potentiel de créativité, celle qui permet de faire face aux problèmes et de trouver des solutions. Et c’est encore plus vrai pour ma saveur littéraire favorite, la science-fiction, qui débarre l’imagination.

Toutes saveurs confondues, la littérature, lorsque puisée au terreau de l’expérience, méditée, puis écrite avec coeur, provoque la réflexion, inspire l’action.

Comme l’écrivain  Yann Martel l’a mentionné, lui-même a publié ses premiers textes dans un petit fanzine de Vancouver géré par des bénévoles. Cette modeste publication l’a encouragé à continuer d’écrire. Il a aussi apprécié sa première subvention d’écrivain.

…1991, année où je reçus une bourse B du Conseil qui me permit d’écrire mon premier roman. J’avais 27 ans et cet argent me semblait une manne qui me tombait du ciel. Ces 18,000$ me durèrent un an et demi (au regard des impôts que j’ai versés depuis, ce fut un rendement exponentiel de l’investissement, je vous en assure )

Et de même, c’est la revue Solaris qui a publié mes nouvelles de science-fiction et une bande dessinée. C’est cette revue qui m’a motivée à écrire des nouvelles pour participer au Prix Solaris.

Avant Solaris, j’avais publié une nouvelle et un poème dans les premiers numéros (2 et 5) de la revue Ciel Variable, en 1987 !! Une autre revue menacée.  J’y ai fait la connaissance d’Hélène Monette, une jeune poétesse qui y avait publié ses premiers poèmes. Depuis, elle a fait du chemin et nous a apporté des livres audacieux plein de dynamite intellectuelle. Mais je me souviens de son poème La colonie: où est passée l’autruche?

En dix ans, je suis passée par le processus, récoltant d’abord des refus de la direction littéraire de Solaris. Mais ces refus venaient avec des commentaires éclairés, à la lumière desquels j’ai fini par améliorer mon écriture. Ces commentaires de Yves Meynard puis de Joël Champetier, avaient été rédigés de façon principalement bénévole. Solaris ne tirait pas à 5000 exemplaires par année, et les subventions complétaient les abonnements et revenus de publicité. Mais leurs conseils m’ont orientée vers la publication de mes nouvelles, puis de mes romans.

Les petits éditeurs (merci en passant à René Beaulieu qui me publia en 1999 dans son recueil Transes Lucides) sont des ressources aussi précieuses. Ils sont de patients jardiniers, cultivant des talents sans récompense autre que la satisfaction de voir poindre le fruit de leurs efforts.

Dans mon cas, cela a donné une dizaine de romans jeunesse, dont Les voyages du Jules-Verne, qui descendent directement d’une nouvelle… refusée trois fois! Et cela a apporté  une floraison de prix littéraires.

J’aimerais pouvoir vous annoncer que je suis devenue multi-millionnaire avec des hordes de lecteurs, la seule forme de succès que le gouvernement actuel respecte. Or, je suis fière d’écrire, de publier, et de donner des ateliers aux jeunes, des activités dont les résultats sont moins tangibles. Comme des plantes, ils poussent en silence.

En attendant, voici des liens:

– un  article de Caroline Monpetit dans Le Devoir.

Lettre de 27 revues et magazines culturels du Québec dans la Presse.

Une première pour 2010

Premiere BD produite avec ma tablette graphiqueJ’ai gossé pas mal pour ce résultat! Cadeau offert par mon mari adoré!

La page de Pascal Colpron, qui utilise une plus petite tablette, ici

Un Aurora pour Les Vents

Mon roman Les vents de Tammerlan a remporté le prix Aurora du meilleur roman en français publié au Canada, vendredi soir, lors du congrès Anticipation.

Christian, Danielle Martinigol et Michèle avec son trophée AuroraChristian Taralle, Danielle Martinigol et Michèle avec son trophée Aurora

J’étais tellement sure que l’autre roman finaliste Une fêlure un flanc du monde*, une histoire dans la veine fantastique (que je suis en train de lire et que je publicise sans complexe!) d’Éric Gauthier l’emporterait, que j’ai serré la main d’Élisabeth Vonarburg pour ne pas pleurer. Car ce vendredi avait été fertile en émotions et rebondissements, entre autre, mon Kaffeeklatsch désertique! Quand j’ai entendu prononcer Les vents de Tammerlan, je ne sentais plus mes pieds fatigués d’avoir tant marché dans le Palais des Congrès!

* Le roman d’Éric  a remporté le prix Boréal le dimanche suivant!

Élisabeth et Michèle au banquet des Auroras.Élisabeth et Michèle au début du banquet des prix Aurora.

J’avais aussi deux nouvelles finalistes au Prix, mais c’est « Le Dôme de Saint-Macaire », de Jean-Louis Trudel (Solaris 167) qui a remporté le prix pour la meilleure nouvelle.

En anglais, le roman, Marseguro, d’Edward Willett (DAW Books)  que j’ai lu,  a été lui aussi couronné.

Lauréats des prix AuroraLauréats des prix Aurora. La savante folle est en costume rouge!

de gauche à droite, l’animatrice de la cérémonie, Liana Kerzner, Jean-Louis Trudel, Joel Champetier (revue Solaris), Michèle Laframboise, Karl Johanson (NeoOpsis), Ed Willett.

J’ai bafouillé un peu en recevant mon prix, mais j’ai félicité tous les finalistes.

Le trophée du prix Aurora est heureusement démontable. J’ai pu rapporter la base et les morceaux coupants dans mon sac à dos. Comme je repartirai pour Mississauga en train, avec beaucoup de livres, j’ai laissé le trophée chez mes parents…

Les conservateurs veulent-ils conserver Radio-Canada?

Le 25 mars, en raison d’un manque à gagner de 171 M $, Radio-Canada a annoncé qu’elle allait devoir vendre des actifs et sabrer 10 % de ses effectifs, soit 805 postes, dont non moins de la moitié dans les services français.

RadioCanadaLogoPremiereChaine
Demeurant en Ontario, j’écoute beaucoup Radio-Canada, la première chaine.

Il y a chez nous d’autres stations de radio francophones régionales (comme Windsor) qui sont menacées. Je suis une fan de l’Heure des comptes (merci Jean Racine!), de Vous êtes ici, de Macadam Tribu et d’autres émissions qui sont condamnées, sans doute parce qu’elles nous donnent une information trop utile. Les sujets qu’elles abordent me touchent, me permettent de connaître les conséquences sociales de nos choix.

Le gouvernement « conservateur » a puisé des milliards dans ses poches profondes pour maintenir en vie les constructeurs de voitures pétrolivores, mais ils ont coupé dans le budget, pourtant modeste (1), de Radio-Canada. Ce même gouvernement a refusé de venir en aide à Radio-Canada, à qui une avance de fonds sur ses crédits parlementaires ou la possibilité d’emprunter aurait suffit.

Les « conservateurs » veulent-ils conserver ce phare culturel qu’est Radio-Canada, ou préfèrent-ils le laisser s’amoindrir et s’éteindre à petit feu, laissant les Canadiens aux prises avec les sirènes du showbizz privé? Ces entreprises privées, elles aussi, pigent allègrement dans nos poches par des chemins détournés… (2)

À trop vouloir centraliser, privatiser et uniformiser, on se prive de l’immense potentiel de créativité qui permet de faire face aux difficultés et de trouver des solutions aussi équitables qu’audacieuses.

Plusieurs artistes, journalistes et citoyens inquiets ont déjà créé le site SOS Radio-Canada, qui expose l’absurdité de ces choix. J’appuie toute solution créative pour retrouver mes choix d’émissions favorites ou leur équivalent sur la Toile.

Artiste du dimanche en conserve
Autoportrait de l’artiste « du dimanche » en conserve

Notes

(1)
À 40 $ par Canadien, Radio-Canada offrirait un bon rendement sur l’investissement. À seulement 0,09 $ par jour par personne, la radiodiffusion publique canadienne ne se classerait que 15ième parmi 18 pays industrialisés. Elle se classerait loin derrière la Suisse (154 $), la Grande-Bretagne (124 $) et la France (80 $)…

(2)
…Par de généreux crédits d’impôts!