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La savante folle au Salon de Montréal

95 DamoclesBloc

Sans blague, venez me dire coucou au kiosque 100 (à l’entrée du Salon!)

Mon livre (pas jeunesse cette fois-ci!)

Mes séances (avec mon fantastique éditeur Les Six Brumes):

Mercredi 14 novembre 2018       15 h 00 17 h 00

Jeudi 15 novembre 2018              16 h 00 18 h 00

en après-midi, CAUSERIE au collège Marianopolis

Vendredi 16 novembre 2018       14 h 00 18 h 00

en soirée à 20h30: CAUSERIE entre les finalistes du prix des Horizons Imaginaires

Samedi 17 novembre 2018          13 h 00 17 h 00

Pour consulter le carnet de visite

Le site du Salon – accueil

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Éloge de la gentillesse ringarde

Le confrère enthousiaste

Un confrère très très gentil (anthropologue!)

« Aujourd’hui, on dirait que la gentillesse, la bonté, c’est devenu ringuard.»

Ces paroles m’ont frappées alors que j’écoutais une entrevue à la radio de la romancière Anna Gavalda (l’auteure du roman Ensemble c’est tout que j’ai commenté sur Goodreads).

L’auteure déplorait le déclin de la gentillesse comme valeur culturelle. Anna Gavalda est une auteure à la fois cynique et pleine de compassion pour les solitaires écorchés par la vie. C’est une auteure qui console (La Consolante est d’ailleurs le titre d’un roman récent.)

C’était il y a une dizaine d’années, et son constat sur la « ringardise » de la gentillesse a résonné très fort en moi.

Pour beaucoup, gentillesse rime avec faiblesse!

Tout comme la politesse, cette marque visible de respect envers des inconnus, qu’on écrase si facilement sous le vocable « politiquely correct ». La politesse, parente pauvre de la gentillesse, considérée comme un vernis de civilisation sans importance, mériterait son propre article.

La gentillesse semble une invitation à se faire piler sur les pieds, à laisser le télémarketeur continuer à nous vendre sa salade.  On abuse aisément des gens gentils, d’autant plus qu’ils –et souvent elles– culpabilisent à mort ! On pille leurs rares temps libres (puisque ces gentil-les font souvent du bénévolat ou s’occupent d’un personne invalide dans leur famille), on les interrompt, on les tasse de côté pour les promotions…

Homme ou femme trop gentil  (« nice » en anglais) sont souvent laissés pour compte, considérés comme pas assez excitants.

Être gentil, quossa donne?

Il y a fort peu de profit ou de récompense sociale apposée à la simple gentillesse, celle de tous les jours, celle qui « ne dérange pas ». Je suis pourtant riche de tous les actes de gentillesse accomplis au cours de ma vie, de tous les sourires qui ont fleuri sur mon passage, mais il n’en reste pas de traces visibles de l’extérieur. (à part les fleurs des jardins.)

À moins de posséder assez de richesses pour briller dans les bals de charité ou assez de notoriété pour passer à la TV (ou sur YouTube), les actes de gentillesse s’oublient.

Les gens d’affaires qui fréquentent ce blogue sont particulièrement conscients que de grandes fortunes se construisent souvent avec des « coups de jarnac » (pour rester polie). La corruption est difficile à déraciner, et les fonceurs vont et viennent sans douceur! L’aggressivité et même l’arrogance sont devenues des qualités d’un dirigeant.

J’ai le défaut d’être parfois trop gentille, trop serviable (lire: du mal à dire non). Paradoxe: ma gentillesse ne m’a pas apporté  autant de respect dans ma vie professionnelle. En plus, quand vous avez du mal à prendre — et garder–  la parole en réunion, les fort-e-s en gueule en profitent!

Je n’ai pas travaillé assez longtemps en milieu corporatif, mais j’ai souvent observé la chose en milieu bénévole: les gentils se tapent les tâches ennuyeuses d’un projet (les appels téléphonique, organiser le buffet, etc) mais, lors de la présentation du projet fini,  les beaux parleurs font la roue en public et s’arrogent une grosse partie du mérite. Ce sont leurs noms qui paraissent dans les publications, et ça fait aussi très beau sur le CV.

Dans l’autre sens, les employeurs gentils se retrouvent pris dans ce dilemme, quand ils gardent, trop longtemps, un incompétent par pitié.

La gentillesse n’a plus la cote… ni le vote!

On apprécie davantage un-e politicien qui a l’air confiant, plutôt que pour la véracité de ses faits. Des sondages à faire des cauchemars montrent que beaucoup de gens préfèrent une tyran « éclairé » plutôt qu’une démocratie.

On en a vu la démonstration en politique américaine : l’éléphant dans le magasin de porcelaine imposera désormais ses vues à la propriétaire. La France semble s’aligner sur cet exemple.

On réclame à tort et à travers un homme fort qui apportera un « changement » mais l’argent ne fait que changer de mains. Nous venons d’y goûter en Ontario.

Pas plus que la sagesse d’ailleurs. Mais ça fera l’objet d’une prochaine chronique.

D’où vient la gentillesse?

Le mot gens, en latin, signifiait famille dans un sens élargi.

Selon le Wikipedia anglais (article détaillé). Le concept de gens date de très longtemps, même avant la fondation en Rome en -753.   Au sens premier, gens désignait un peuple, une race.

2000 ans plus tôt, quand Jésus parlait des « gentils » (qui ne l’étaient pas toujours), il parlait de son peuple.

Dans la Rome antique, la gens (genitif gentium) était un groupe familial patrilinéaire, qui partageaient le même nomen gentilicium. Gentilis, qui dérive de gens, désigne une famille, des gens qui portent le même nom, qui appartient à la maison d’un maître. Quand on affranchissait un esclave, il ou elle était adopté et prenait le nomen de la famille, ce qui agrandissait la gens.

Un exemple des nom romain bien connu :

Praenomen, nomen, cognomen (surnom-s) : Caius Julius Ceasar

Donc, dans notre monde indifférent, la gentillesse est la seule façon de montrer à un parfait inconnu, qu’il-le fait partie de la grande famille humaine.

Et on en a bien besoin aujourd’hui!

Vale!

Ces quelques fleurs bleues, toutes petites, pour vous!

Ces quelques fleurs bleues, toutes petites, pour vous!

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Les accidents arrivent toujours aux gens pressés!

Les accidents arrivent toujours aux gens pressés! Michèle Laframboise glissant sur un trottoir mouillé

Les accidents arrivent toujours aux gens pressés!

Cette citation vient d’un personnage de mes livres, la mère d’Armelle, la narratrice timide de mon roman  Piège pour le Jules-Verne. Idem pour l’impatience au volant…

Pour la journée nationale de prévention des blessures... le 5 juillet 2018

 

Excursion estivale

AscensionMontGrognonPascaleMicheleGris1000

Parfois en fouillant dans les boules à mites, on trouve des BD qui ont été publiées à faible échelle. Pascale est ma bonne amie dans la vraie vie et compagne d’aventure dans les deux albums de BD Technologie Salvatrice! 

J’ai toujours adoré l’escalade, et en ai pratiqué en solitaire dans ma folle jeunesse. L’ascension du Mont Grognon (nom fictif) à cheval sur la frontière Canada USA a été inspirée par une excursion réelle dans les Appalaches qui date du temps où notre belle piasse canadienne était au pair avec l’américaine…

J’ai vraiment descendu (et remonté) une échelle de métal aux barreaux enfoncés dans le roc dans le canton du Valais, en Suisse. Ca faisait partie de la Haute route du Valais, en partant d’Arolla.

J’avais un tel vertige en regardant le glacier et la rocaille en bas que j’ai hésité avant de m’engager. Puis je me suis dit, si je ne le fais pas maintenant, je vais le regretter longtemps…

Le Pas de la chèvre donnait accès à un glacier. Dans le lien, les échelles, que j’ai empruntées avec trépidation voici quelques 25 ans, ont été rénovées !

 

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 77

Puisque nous sommes dans la période des impôts… Cette petite réflexion écrite et dessinée voici 3 ans tombe à point!

Que pensez-vous des impôts qu’on paie… au privé?

 

Savante folle

Qu'est-ce qu'on dit vraiment quand on parle de payeurs de taxes?

.

Le citoyen porte-monnaie!

Ceux qui parlent des « payeurs de taxes », en plus de considérer les gens comme des porte-feuilles sur pattes,  excluent de leur discours un grand nombre de personnes qui contribuent positivement à la société.

Entre autres :

– trop pauvres pour payer des impôts sur leurs revenus (un sans domicile fixe)

– les travailleurs à petit salaire qui paient quand même un 13% de taxes sur les achats (sauf la nourriture et certains biens) ce qui est à peine moins que bien des grandes entreprises (nominalement taxées à 15%) !

– et qui paient les frais cachés sur de nombreux services (et qui paieront plus avec les privatisation!)

– Les personnages âgées qui ont travaillé toute leur vie pour des rentes rendues insignifiantes par des compagnies qui ont joué au casino avec?

– les enfants et les jeunes.

– les grandes compagnies et leurs PDG qui envoient subtilement…

Voir l’article original 127 mots de plus

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 101

101ParfumInvisiblePriseDeux1000

Ce gag, à temps pour le Festival d’Angoulême!*

Le plus gros problème des femmes -artistes n’est pas l’hostilité, mais l’invisibilité.

Cette histoire-là s’est vraiment produite en 2016. J’ai changé les apparences, car mes sympathiques collègues étaient parfaitement innocents de toute intention néfaste! Mais ça pince, puisque je n’ai pu continuer la conversation et travailler avec cette personne.

Seule la dernière case est imaginée: le « t’aurais pas des noms à me suggérer » est arrivé a une collègue dans un tout autre domaine!

Pour certains sommités du 9e art, le travail d’une femme ne sera jamais aussi intéressant, original, subversif, que celui des « vrais ». Il s’agit d’une habitude si bien incrustée que c’est devenu un « bruit de fond » mental.

Même moi, je pèche, car je peux nommer de mémoire plus de dessinateurs que de dessinatrices! Surtout si je me fie aux revues de BD, qui mentionnent peu le travail des auteures, moins talentueuses, paraît-il…

*

Hé oui, c’est la grand retour des Grandeurs et misères de la table de dédicaces!

 

 

 

*Je ne peux pas voter pour le Grand Prix, car mon dernier éditeur de BD est décédé l’an dernier…

Penser à l’intérieur de la Boîte? Pourquoi pas!

2017COVER_Ebook_PenserInterieurBoite600d

Z’êtes pas tannés de vous faire dire le contraire? Moi, si!  De la SF dure et croquante, pour ne pas dire craquante!

Comment penser à l’intérieur de la Boîte réunit avec un brin d’humour deux tropes de la science fiction: une race qui requiert des permutations constantes pour s’épanouir,  et leur vaisseau cubique qui contient le problème!

Comment penser à l’intérieur de la Boîte – Echofictions, 42 pages

En précommande, disponible chez Kobo le 1er décembre, puis chez tous les autres distibuteurs le 8 décembre!

Le lancement aura lieu au Salon du livre de Toronto 2017, au kiosque Echofictions.

Lien universel pour les versions électroniques

 

Sourire solaire

Comme tout le monde, la savante folle a eu les yeux tournés vers le ciel pour observer l’éclipse (partielle à Montréal, totale dans une mince bande des USA).

Enfin,  quand je dis les yeux, ce serait plus exact de dire le dos.  Insatisfaite de sa solution « boîte de chaussures percée » qui donnait à voir un minuscule croissant et n’ayant pas de lunettes spéciales sous la main, la savante folle a tenté  la démonstration avec un biscuit Ritz.

Expérience avec le biscuit Ritz. On voit bien les croissants projetés. Les marcheurs en forêt auraient examiné le phénomène au sol.

2017-08-21 EclipseRitz  DSC_0682dangerRitzRED2

Malheureusement, il y avait un problème inhérent à la méthodologie: les biscuits disparaissaient…

Donc, je me suis organisée un petit montage sur le patio des beaux-parents avec trépied prêté par le mari-bouffeur-de-Ritz, mes jumelles 15×70 et un tabouret blanc incliné, pour être perpendiculaire aux rayons incidents (enfin, autant que le tabouret le permettait…)

DSC_0693MontageTrepied Montage pour l'éclipse 2017

Mes jumelles 15×70 pointées vers le couple soleil-lune, un objectif couvert, a permis de projeter une plus grosse image sur le tabouret incliné. **  On peut voir en arrière la boite à chaussures habilement trouée dont les résultats ont été décevants.
L’excellent mari a pris ces clichés.

2017-08 SourireSoleil

Un beau sourire solaire! Deux taches étaient clairement visibles à gauche.

Quelques photos de la suite avec un moins bon contraste cependant. On voit trois taches solaires en ligne (signe d’une activité dans une couche inférieure.) La tache foncée à droite n’est PAS la Station spatiale internationale qui est passée devant le soleil, mais une marque sur le tabouret.*

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et une petite dernière quand la Lune tire sa révérence! Deux groupes de taches solaires bien visibles.

DSC_0703Contraste

Pour vous consoler, voir le site de la NASA qui vous en met plein la vue sur l’éclipse!

 

* Note pour la prochaine fois: trouver une boîte à pizza blanche. Ça avait si bien fonctionné pour le transit de Vénus…

** Important de ne pas laisser les lentilles pointées vers le soleil trop longtemps. D’où le chapeau, entre les prises de vues.

 

 

 

 

Compelling Science Fiction no 7

Compelling Science Fiction no 7, - couverture

C’est le nom de cette revue en ligne éditée par Joe Stech, qui vient de publier ma troisième nouvelle aux USA. Après près de 10 ans de soumissions de textes et de refus, ça fait du bien d’en voir un publié!

Le monde de l’édition en mutation conduit à de nouvelles façons de faire et de publier. Plusieurs revues passent du papier à une présence en ligne. Déjà, j’ai mentionné les changements survenus pour les auteurs qui envoient leurs soumissions aux magazines.  Le défi est de financer son oeuvre, soit par des publicités, ou par les abonnements qui déverrouillent les textes du site.

Dans le cas de CSF, la revue laisse ses textes disponibles (vous pouvez donc me lire sans débourser un sou). Toutefois, l’éditeur invite à contribuer à la page Patreon de CSF. Comme lecteur aux finances limitées, vous pouvez choisir un appui modeste de 1 dollar par numéro (deux-trois numéros par an!) pour exprimer votre reconnaissance. Comme auteure publiée, je peux confirmer que cet éditeur, un passionné, paie des tarifs « pro ». On espère que Joe a un peu d’aide pour lire toutes les soumissions de la « slush pile« …

La particularité de CSF est d’encourager les auteurs à publier de la SF dure, c’est à dire avec la composante « cacao » (les idées, la science) plus forte que la composante « sucre ».

Le défi est toutefois de rendre les concepts attrayants et la lecture accessible. Cela se fait en créant des personnages attachants qu’on suivra avec trépidation.

La première histoire du numéro 7 par RR Angell suit Matt, un jeune culturiste musclé mais paumé, qui accepte un changement de corps (il garde sa tête) avec un multimilliardaire. Évidemment, les riches rajeunis ne prennent pas très soin de leur nouveau corps et font la fête, tandis que Matt, qui se retrouve à la tête (haha!) d’un corps de 76 ans, se retrousse les manches… Délicieux portrait de société, le cliché de la « montagne de muscles » revisité avec ironie. La conclusion est satisfaisante, tout en donnant une richesse de détails sur la santé.

Integration, par John Eckelkamp, est une courte histoire d’un jeune cyborg en classe de maternelle avec des enfants et une maîtresse humains (« organic self-constructs »). Ici, on joue sur les perceptions de Zerith,  la jeune IA habituée au Collectif, qui s’accoutume aux interactions humaines.

Extrait charmant sur l’expérience de faire pousser germer des plantes.

      When Ms. Karen came over to see why Zerith had not joined the others, he explained that he was waiting to see the bean self-assemble. She told him that it would take several days at least for the bean to begin extracting its compressed files and SPROUT. This seemed like an extremely slow processing speed to Zerith.

Je n’ai pas encore lu les deux autres nouvelles au moment d’écrire cet article, mais les amateurs de SF avec de la science, et des récits de lecture agréable, Compelling Science Fiction vaut le détour!

 

Il pleut encore…

5 textes différents à réviser d’ici juillet.
3 contrats signés en moins d’une semaine… juste avant
1 Congrès Boréal qui mériterait un article complet.
3e parution en anglais dans une revue SF pro.
2 ebooks qui sortent ce mois-ci.
dont
La cousine Entropie (la fin de l’univers en direct et en humour!) qui sort le jour de notre anniversaire de mariage!

Je reblogue donc, en changeant le temps pour « juste avant de partir en vacances »

Savante folle

Il pleut des contrats

…des contrats!

Que la savante folle signe et honore, d’où retard de production de gags sur ce blogue!

Voir l’article original

Avril : averse de publications!

Prévisions météo: on annonce une averse de publications de la Savante folle!

1) Mon 18e roman de science fiction est en pré-vente, publication prévue pour cet automne. Curieux? Allez voir la couverture sur le site de l’éditeur.

2) Une autre nouvelle en anglais sera publiée ce mois-ci dans Fiction River « No Humans Allowed » publié par WMG publishing.

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3) Une traduction en cours pour un livre électronique qui sortira dans les deux langues chez Echofictions.com fin avril. PAS de la science-fiction, mais un récit poignant sur une réalité qu’on choisit souvent d’ignorer.

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4) Une nouvelle de SF est en préparation pour le prochain numéro de la revue Solaris. Motus pour le moment Et…

5) La cousine Entropie est finaliste aux Prix Boréal 2017, dans la catégorie nouvelles!

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Ouf, que d’émotions!

J’en profite pour souhaiter de joyeuses Pâques en famille, et un doux répit printanier, à tout le monde!

Un visiteur distingué déjeune

Un lapin dans notre cour

 

Défis d’estoc et de taille en littérature historique!

Quelle dure époque est la nôtre, pensez-vous, où le spectre de l’intolérance et du racisme ressurgit un peu partout. On croirait retourner dans une triste période de l’histoire récente.

Ce n’est pas parce que j’écris de la science-fiction futuriste que j’ignore mes racines historiques. Au contraire, je lis souvent des romans historiques pour m’imprégner de certaines périodes. J’en ai profité pour ressortir mes romans historiques des boules à mites et en lire des nouveaux.

Vous vous rappelez les bons vieux films de chevaliers, quand le héros, entre deux passes d’armes, arborait un brillant sourire Pepsodent?  Et de frapper d’estoc et de taille sans montrer la moindre tache de sueur sous sa blouse immaculée? Les films récents ont au moins le mérite de moins cacher la flagrant manque d’hygiène.

Certaines périodes hautes en couleurs seraient insupportables pour nous, tant au niveau hygiène (adieu toilettes et douches, bonjour les puces!) que social (sacrifices humains chez les Mayas, jeux de cirque pour distraire la foule romaine).

C’est même un des attraits de la littérature historique que d’étonner, de secouer la lectrice en montrant (show, don’t tell!) des scènes typiques pour les gens de l’époque, mais moralement répréhensibles pour nous. Quant à la sexualité, la littérature destinée au public adulte ne cache plus rien des dessous (ahem!) de l’histoire.

Comme auteure, je me pose la question: comment plonger un jeune – ou un adulte – moderne  dans une période où tous les repères moraux et sociaux étaient fort différents? Voici quelques pistes.   

1- Genevière Blouin  — HANAKEN

HanakenTrilogie

1-La lignée du sabre
2-L’ombre du Daimyo
3-Le sang des Samouraïs

Ceux qui se souviennent de la série télévisée Shogun (adaptée du célèbre roman éponyme de James Clavell, paru dans les années 1970), retrouveront avec plaisir cet univers de samouraïs dans la série de Genevière Blouin.

Au départ la prémisse ne me rassurait pas: on a l’univers du Japon médiéval où les questions de loyauté et d’honneur ne sont pas à prendre à la légère. Le sang peut couler pour la moindre insulte. (J’ai une scène de Shogun en tête, où pour la première fois j’ai vu à la TV un malheureux serviteur se faire trancher la tête pour ne pas s’être courbé assez vite devant son seigneur.)

Donc, qui dit récit jeunesse dit jeune protagoniste plongé dans cet univers très, très dur. Ici on est gâté car on a en deux: Sato, un garçon et sa sœur (par une autre mère) Yukié.

Quand la série commence, ils ont 14 ans et assistent, incrédules, au suicide rituel de leurs parents, car le père avait comploté contre leur seigneur Takayama. On a des jeunes dans le sang, euh… dans le vent!

Parlant de jeunes dans le vent, un défi qui se pose souvent à un auteur jeunesse mettant en scène une jeune fille vivant à une époque reculée, c’est… de ne pas mettre en elle une copie mentale d’une adolescente d’aujourd’hui, alors qu’elle vit dans une société où les droits des femmes étaient circonscrits à la reproduction et ni l’expression « droit des femmes » ou le mot « féminisme » n’existait). Lire la suite