Archives de Catégorie: Société

Exposer au Salon de Toronto

Pour la première fois, la savante folle avait son propre kiosque au Salon du livre de Toronto. Parce que mes distributeurs habituels, dont Prologue, avaient fait faux bond cette année, ne laissant que le RECF pour distribuer deux de mes livres. Plutôt que de me stresser pour une petite heure ou deux par jour, pour un seul livre, j’ai fait le saut et loué un espace.

J’ai donc convaincu l’excellent mari de me larguer un matin près de la bibliothèque de référence de Toronto qui accueille le Salon du livre. Et j’ai fait face pour la première fois aux joies des exposants qui ont une tonne de matériel à monter…

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Néanmoins, grâce au personnel de sécurité et aux organisateurs (entre autres, Jacques Charrette et Valéry Vlad) j’ai pu me rendre au deuxième étage sans encombre. Puis, ont suivi les joies du montage du stand, qui donne ceci: photo prise par une fan, le surlendemain.

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Mon roman de science fiction dystopique chez Porte-Bonheur, L’écologie d’Odi, finaliste au prix Christine Dumitriu Van Saanen, y figure en évidence! La savante folle y porte les lunettes steampunk achetées au festival des Utopiales de Nantes*. Lire la suite

Le Grand Bond en Arrière

Egos fragiles s’abstenir.

Désormais, c’est prouvé!

N’importe quel zozo assez riche peut accéder aux plus hautes charges d’un pays. Du moment qu’il est mâle et blanc. On ferme les yeux sur sa vulgarité, ses frasques, ses agressions verbales ou pas, son sexisme suintant… et son évasion fiscale!

À l’inverse, on démonise une femme déterminée qui a démontré la persévérance, l’expérience et une volonté de fer qui auraient été louables chez un homme.  Du caractère, ça lui en a pris pour survivre à trente ans de vie publique à se faire observer au microscope par les vipères qui comptent ses rides ou espionnent ses courriels. Ce n’est pas une violette timide comme moi qui aurait défriché ce chemin semé d’embûches.

Consécration ultime du double standard!

The Guardian, Illustration by Jasper Rietman.

Illustration by Jasper Rietman, The Guardian.

Barbara Kingsolver, une auteure que j’aime depuis longtemps fait un triste constat du double standard et de la misogynie qui a empoisonné le débat présidentiel. C’est pas un plafond de verre pour une femme, c’est un labyrinthe…  (illustration du Guardian).

Je réfère à ces articles qui expliquent pourquoi on n’aime pas les femmes qui réussissent, sauf… si elles se pètent la gueule, alors là, on les adore!  Lire la suite

Dans la patrie de Jules-Verne

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Le Festival des Utopiales de Nantes m’a invitée à célébrer les visions de la science-fiction. C’est une heureuse coïncidence car mon premier space opéra se déroulait à bord d’un vaisseau baptisé le Jules-Verne, en hommage au célèbre visionnaire originaire de cette ville.

Tout en préparant la sortie de deux courts livres cet automne (surprise!), j’apporterai mon humour et ma créativité pour célébrer la diversité de la science-fiction en français. Je participerai à trois tables rondes et d’autres rencontres, et mes livres seront en montre dans la librairie du festival.

Le Festival International de Science-fiction de Nantes réunit le monde de la prospective, des technologies nouvelles et de l’imaginaire,  du 29 octobre au 3 novembre prochain à la Cité Universitaire de Nantes.

Les Utopiales se comparent à un formidable chaudron où bouillonnent de nombreuses idées. Tables rondes, expositions, conférences fourniront autant d’occasions aux scientifiques, auteurs et artistes de partager leurs visions de la SF.

Et comme les Utopiales comportent aussi un volet BD,  je vais être gâtée!

L'auteure courant faire signer ses albums de BD par d'autres auteur-e-s!

 

Je ne peux qu’apprécier cette convergence, possédant une formation académique en géographie et génie de l’environnement. Je me livre parfois à la vulgarisation scientifique illustrée dans ce blogue de la Savante folle. (Je dis « parfois » car je prends du temps pour vérifier mes sources, écarter les puits empoisonnés et verser à mes lecteurs une eau aussi fraîche que possible.)

Le festival me permettra de nouer et renouer des contacts fructueux avec des auteur-e-s qui savent écrire pour les jeunes avec talent et doigté comme Danielle Martinigol et Paolo Bacigalupi.

Ci joint une photo de 2009, lors de la remise des prix Auroras à Montréal, avec Danielle Martinigol, son mari à gauche et la savante folle en rouge à droite.

 

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Christian, Danielle Martinigol et Michèle avec son trophée Aurora

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Un été qui court!

Les projets et contrats d’écriture, et les multiples démarches pour démarrer ma petite entreprise ont conspiré pour ralentir la production en cours des gags 98 et 99 des Grandeurs et misères de la table de dédicaces… dont voici un extrait de brouillon.

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Extrait du travail en cours de production.

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Dernière heure! Ma nouvelle « La cousine Entropie » publiée dans la revue Galaxies 40  fait désormais partie de la sélection 2016 pour les prix Bob Morane.

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Pour vous consoler de l’absence de la BD, voici ces quelques photos de Mississauga prises avec ma tablette, pendant une de ces démarches d’affaires.

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Hémérocalles, espace public.

Architecture intérieure. Et des buildings, vu d’un petit pont piétonnier en plein centre-ville.

Je prends beaucoup de photos comme celle-ci, ça peut servir pour des décors de BD. Sauf que… je ne m’en sers pas beaucoup!

*

Couru 19 km dimanche dernier, en préparation pour un autre marathon cet automne, pour éviter la mésaventure ci-dessous!

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Extrait de « 42,2 »

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Et une belle photo de ce petit passage piétonnier, pour vous encourager à bâtir des ponts plutôt que des murs entre les gens!

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Ce pont de métal aux couleurs

du bois évoque la solitude du coureur

ou du lointain promeneur!

 

 

Du débat vu comme un ballon

Du débat sur l'accès aux armes vu comme un ballon, qu'on relance, et relance... et qui retombe toujours

Vraiment tannée d’entendre cette phrase « Ça relance le débat sur… » au lendemain d’un énième massacre facilité par des armes de plus en plus puissantes, utilisées par des cerveaux de plus en plus faibles.

Quand la poussière retombe et que les morts sont enterrés, le ballon est retombé lui aussi, dans un buisson quelque part.

Et on continue de vendre des « bâtons de tonnerre » de plus en plus redoutables à des gens de plus en plus effrayés.

 

Pause jardinage

Si j’ai pu jardiner en décembre dernier, le mois d’avril et mai, ont été particulièrement éprouvants, pluie, froid, orages… et marathon!

Pourquoi la BD a tardé! Sans blagues, j’ai commencé mardi et mercredi deux nouvelles BD sur les tables de dédicaces et… pffuit!  L’appel du printemps a été trop fort!

Voici les vedettes de mon jardin de juin…

 

Cette semaine a été la première qui me permet de m’adonner à mon loisir favori, le jardinage, juste après ce plaisir coupable!

 

L'auteure s'adonnant au coupable plaisir des ventes de garage! "Oh wow! Le dernier Grisham à 50 cents!"

J’y trouve souvent des trésors, comme aujourd’hui, une mini-table d’écriture en bois solide!

Grandeurs et misères de la table de décicace – 94

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Ça m’a pris de l’obstination pour finir ce marathon, car je pensais abandonner dès le km 26. Finalement j’ai alterné marche et course douloureuse, ça changeait le mal de place! La colère faisait monter l’adrénaline et pendant une minute j’oubliais mes douleurs.

Les bénévoles ont été fantastiques mais le mauvais temps jouait contre les organisateurs. C’est dur d’arriver dans une place vide, avec tous les kiosques démontés.

Néanmoins, c’était mon premier marathon.

Le salon du livre de Sudbury suivait trois jours plus tard, ce qui me permet ce titre. Mes jambes se sont remises plus vite que sur la BD, mais les deux premiers jours on marche avec difficulté.

Le Salon de Sudbury a été un très bel événement qui m,a permis de revoir des confrères et consoeurs de talent!

 

 

 

Le sentier de Wolfe

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Pis quand je pense que les Anglais avaient monté les canons en pièces détachées!

J’ai couru (et parcouru) le sentier de Wolfe en montant pour m’entraîner, à la suite de mon cousin, marathonien d’expérience. Nous sommes montés depuis l’Anse aux-Foulons, et passé par plein de petits écriteaux qui expliquent par le détail la manœuvre du général Wolfe pour attaquer Québec défendu par Montcalm. Évidemment ce n’était pas asphalté…

(Les deux dirigeants ont perdu la vie lors de cette bataille qui fut selon les chroniqueurs plutôt courte.)  Néanmoins, j’ai pensé aux soldats qui portaient ces lourdes charges et leurs équipements, et aux défenseurs de Québec qui risquaient leurs vies.

C’est toujours facile de dire, longtemps après: « Montcalm aurait dû faire ceci ou cela, il aurait dû attendre les renforts de Bougainville et de Lévis au lieu de faire une sortie… »

Or, sans téléphonie cellulaire, alors que les assiégés de Québec manquaient de tout (Wolfe avait fait brûler les champs et rasé les villages jusqu’à 100 km en aval de la ville), le marquis de Montcalm ne pouvait *savoir* réellement si Lévis et ses volontaires n’avait pas été eux-mêmes décimés,  ni si les guerriers Iroquois alliés des britanniques ne viendraient pas plus tard rejoindre ceux-ci pour former une masse inattaquable.  Alors, il a ordonné une sortie contre une ennemi supérieur en nombre… (1)

Mes amitiés à ma horde de fans féroces, le retour du salon du livre de Québec a été aventureux et mon entrainement pour le marathon du premier mai épuisant, d’où cette BD en retard!

 

 

(1) pp 139-141, Canada-Québec, de Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois.

 

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 92

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Des réactions aux attentats de Bruxelles sur  les médias sociaux qui de blâme en blâme s’enveniment et ne résolvent rien. Et quelle joie féroce quand certaines hypothèses renforcent nos préjugés!

Hélas, Facebook est un exutoire trop facile, et contrairement à ce qu’on peut « ventiler » dans notre salon avec des copains, l’auditoire est la planète entière. Ce qui nous démolit à petit feu.

Lors de ma rencontre en Orégon avec des écrivains pros, une directive importante (avec celles en cas de tremblement de terre et de tsunami) était « Don’t discuss politics! » Plusieurs de mes consœurs et confrères professionnels ont choisi de ne plus intervenir sur Internet dans les débats trop « à fleur de peau » (et en plus, aux USA, ils sont en élections!) car ils et elles y ont perdu trop d’amis.

J’aurais moi aussi beaucoup de réflexions à partager sur les origines du fléau du terrorisme, et sur le conditionnement mental qu’on appelle aujourd’hui « radicalisation ». Les prisons mentales poussent partout, même chez les jeunes éduqués ou riches (Patty Hearst, quelqu’un?)

Au début, ça ne prend qu’une petite graine de frustration, nourrie par l’engrais du préjugé. Avec le temps, la prison mentale produit ses fleurs du mal, des fruits de haine sucrée  qui procurent un hit de jouissance mentale, un gonflage d’ego aux stéroïdes de la « bonne » cause.

Je pourrais aussi parler des empoisonneurs de sources médiatiques qui sèment à tout vent des graines de colère. Qui appellent à mots couverts au lynchage d’une communauté ou d’une ethnie simplement parce que des assassins obscurantistes y auraient été recrutés.

Je pourrais vous parler des fabricants d’armes lourdes qui font des affaires d’or, tant avec les États qui veulent se protéger qu’avec les groupes terroristes.

Je suis passée proche de ne pas mettre de nombre devant cette BD hebdomadaire sur les tables de dédicaces. Mais les enjeux concernent tous les auteurs. J’ai entendu les pires insultes cette semaine, et plusieurs de mes amis sur Facebook ont laissé leur réserve au vestiaire.

Nous, les créateurs et créatrices de BD, magiciens d’images, quelle que soit la taille de notre public, avons la responsabilité de ne pas enflammer le débat avec des appels à la haine simplistes.

Écrire, c’est donner à rêver, à entrevoir un avenir différent du capitalisme axé sur la peur qu’essaient de nous imposer les puissants. C‘est nourrir l’imagination pour aider à construire, par  l’éducation et le respect, un monde plus convivial.

 

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 88

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Quand on parle de création de richesses… Comment ça se passe? Application pratique des joies du capitalisme!

J’ai laissé de côté pour le moment les dépenses du monsieur (des actionnaires) à qui on a payé le montant pour acheter leur business.  Ces dépenses peuvent aussi créer du travail, si elles ouvrent un nouveau domaine. Sinon, ça fait un concurrent ou un investisseur de plus. 

* L’étoile indique que ça prend en moyenne 4-5 échecs avant de réussir à faire prospérer une entreprise. 

Quelques liens pour comprendre les intégrations verticales et horizontales. Il y a beaucoup d’exemples qui aident à comprendre le phénomène.

Wikipedia, intégration horizontale

Wikipedia, intégration verticale

« Nous faisons face aujourd’hui au besoin urgent de rediriger les capitaux de leur usage spéculatif à court terme vers des investissements à long terme bénéfiques pour l’économie et la production. » Finance Watch 

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 79

Chers  fans et collègues artistes,

Cette semaine je suis à l’extérieur du foyer, loin de ma table à dessin, de mon ordinateur  et de ma tablette graphique. Je vous offre donc la scénarisation du gag, libre à vous de le dessiner sur papier ou dans votre tête!

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 79 -SCÉNARISATION

TITRE: Répliques à calories vides

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CASE 1

 INTÉRIEUR plan moyen:  Un salon du livre bondé, deux auteurs seuls à leur table de dédicace. Un auteur qui monte, la quarantaine, faux look rebelle, pinch assumé, tenue décontractée, pantalons chinos à poches, blouse en jeans. À la table voisine, la savante folle, cheveux aux épaules, nez pointu, tenue de salon, gilet  rouge, pantalons noirs (comme un bonhomme en rouge des vieux Star Trek).

L’AUTEUR, tout enthousiasmé, se tourne vers sa voisine,  un livre en main.

AUTEUR: Heille, tchèque mon dernier livre, c’est l’histoire d’un gars qui se tanne de sa p’tite vie bourgeoise, ça fait qu’un jour, il décide de se libérer de son carcan.

SAVANTE FOLLE   (PENSÉ ): Me semble que j’ai déjà lu ça kèk’ part…

. Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 78

.Il faut savoir ce qu'on veut conserver au juste!  Voici donc un aperçu de mes valeurs!

 

Réflexion politique en fin d’élections. Que veux-je conserver?

L’environnement, car sans planète habitable, pas d’économie viable!

La diversité sociale autant que biologique, garante de survie à long terme.

La science et l’éducation, car on aura besoin de toutes les têtes pour résoudre les problèmes surgis du passé, pour faire face aux défis qui nous attendent. (Non, y a pas de piranhas dans le fleuve St-Laurent , mais bien d’autres bébittes exotiques telles que la carpe asiatique menacent ces lieux.)

L’appui aux artistes, aux revues et aux organismes culturels, car sans créativité, sans imagination, où va-t-on?

Artiste "du dimanche" en conserve

Je veux un diffuseur culturel tel que @CBCRadioCanada, car aucun futur « organe officiel du Parti » ne le remplacera ad mari usque ad mare. (Et comme franco-ontarienne, vivant en milieu minoritaire, Radio-Canada est notre bouée francophone! Je suis donc @AmisRadioCanada)

Je suis conservatrice de la dignité humaine, de l’honnêteté, de la liberté des femmes de choisir leur vie.

Je veux retrouver le sens premier de religion, reli+ ion, « relier tout »: construire des ponts entre les gens, multiplier les pains plutôt que les clôtures.

Une BD électorale ici