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La bibitte de Life…

L'affiche du film

Pour les amis qui n’ont pas vu  ce chef-d’oeuvre aussi symbolique que science fictionnel, Life raconte la découverte d’une vie nouvelle apportée de Mars, par des scientifiques en orbite. Au début, tout le monde est émerveillé par cette petite créature charmante qu’ils assistent, nourrissent, protègent…

(  petit     moment        AAAAAAAAAwww    )

La suite du film est une splendide illustration de l’expression « mordre la main qui nous nourrit ».

La bibitte dont chaque cellule contient un bout de cerveau, un nerf et un muscle (ce qui aurait dû déjà inquiéter nos optimistes) grossit comme une entreprise tentaculaire en se nourrissant de ceux qui l’ont nourrie.

Nuff said, comme disent les anglos.

Le film Life, horreur sanguinolente à part, présente un parallélisme stupéfiant avec le capitalisme débridé qu’on observe à tous les niveaux, des lieux de pouvoir, des entreprises, des groupes d’influence, des médias…

 

1- Offrir des conditions gagnantes

Au début, on rassemble les conditions gagnantes pour la petite créature, si fragile qu’un souffle de froid peut la tuer.

Des entreprises fondées par des gens visionnaires reçoivent de nombreux avantages de la part du gouvernement. Fond de démarrage pour les « Jeunes pousses« , subventions, les aident à déployer leurs ailes pour prendre leur envol, et c’est fort bien ma foi.

En grandissant, l’entreprise crée des emplois, produit des échanges fructueux, apporte un souffle frais.

Puis la bibitte, euh, l’entreprise croît, et croit encore. Elle gagne en poids et en valeur… Jusque-là, tout est beau et on applaudit.

Intervient une mutation : en grossissant comme la bibitte du film, la corporation et ses gestionnaires deviennent plus ambitieux, testent les limites de la concurrence. Il en faut plus, toujours plus, sinon la compétition nous dépasse. Le stress écologique augmente! Donc:

89ExtraitTrone_CreationPauvrete

(Mon entreprise, dans quelques années)

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2- Écraser la concurrence

À cette étape, l’entreprise a gagné le statut de fleuron ou de banque « too big to fail« . Elle a éliminé les concurrents directs, obéissant à son impératif biologique.

La bibitte, euh, l’entreprise commence à délocaliser les gens qui ont fait sa force, à resserrer les profits pour la courbe du graphique continue de monter. Elle — en fait, les membres du conseil d’administration–  découvre les plaisirs de l’évasion fiscale et de la comptabilité « créative », cet adjectif étant une insulte aux créatifs!

Et les gens favorisés par les retombées — assez fiers du chemin parcouru pour en parler dans les universités et les écoles — voient d’un mauvais œil toutes les personnes qui deviennent une autre forme de concurrence à leurs gains, en accaparant des ressources du gouvernement : les ouvriers-ères, les chômeur/euses, les pauvres, les gens souffrant de misère mentale, les handicapés, les défenseurs de  l’environnement, etc.

Bref, il faut couper aux pauvres l’accès à la prospérité. (Ça reflète la scène du film avec les réacteurs allumés pour repousser la créature et l’empêcher de pénétrer dans le milieu accueillant de la station…)

Les favorisés financent donc des instituts-bidons aux noms évocateurs pour influencer les décisions politiques en leur faveur. Souhait qui peut se résumer à : moins d’État pour les pauvres, moins d’impôts pour les très riches (et surtout plus d’aide de l’État pour les riches, itou).

Libérés de tout souci pécunier, des centaines d’universitaires brillants poursuivent un travail de sape des protections sociales. Ils enchaînent peu à peu leurs concitoyens dans une cage mentale tout en se gargarisant du mot liberté.

La cage mentale a des barreaux de mots pesés et choisis, des mots-guerre qui dénigrent et détruisent la concurrence dont je parle plus haut, la concurrent des simple gens.

Et l’arme la plus redoutable est cette construction du discours à deux vitesses, à deux paliers, qui propage la haine des pauvres envers… les à-peine-plus-pauvres qu’eux, mais coupables de recevoir de l’aide de l’État honni.

« on déteste d’autant plus les assistés sociaux « parasites » qu’on est à peine plus « riche » qu’eux et qu’on est soi-même en lutte pour sa survie. »
– Stéphane Stapinsky:
Une nouvelle guerre contre les pauvres

Puis les médias suivent.

 

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3 – Semer la zizanie

Parasites.

Profiteurs.

BS.*

Des mots-guerre naissent sur les lèvres.  La morale religieuse s’en mêle, on distingue les pauvres méritants et les mauvais pauvres. Les médias attisent la haine contre ces « profiteurs » (un autre mot-guerre).

Encore une fois, l’argent parle fort, à tue-tête.

Et parfois à tue-monde.

Les pires expressions de haine et parfois des actes violents proviennent de gens eux-mêmes très pauvres, nourris depuis des années de la rhétorique du mauvais pauvre.  Les pauvres et presque pauvres se retournent contre plus pauvres qu’eux, pendant qu’au sommet de la pyramide sociale, des gens bien éduqués continuent d’engranger et de planifier les évasions fiscales.

« Riche » est un mot-valise qui pour moi désigne des citoyens qui :

  • Contrôlent leur environnement personnel (possessions, manoirs, soins de santé, voiture, voyages, etc.)
  • ET leur environnement social (baisses d’impôts, assouplissement des règles en leur faveur, abris fiscaux etc.)
  • Siègent au CA de très puissantes transnationales (des personnes morales qui jouissent souvent de plus de droits que les citoyens).

Les riches ne détestent pas les pauvres, au contraire!

Ils brillent d’ailleurs comme des joyaux dans les bals de charité que soulignent leurs fidèles médias. Ils ont besoin de gens sans recours pour continuer de spéculer sans encombre.

Parallèlement, ils coupent les communications (un autre élément du film) entre les politiciens et les « classes moyennes » ou « laborieuses », et entre les scientifiques (discrédités) et la population qui pourrait s’instruire à leur contact!

« …une société qui a plus d’exigences morales envers ses pauvres qu’envers ses élites est une société qui a de très sérieux problèmes. »
– Stéphane Stapinsky:
Une nouvelle guerre contre les pauvres ?

 

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4-  Croître sans limites

Forte de cette culture implantée pour forcer son acceptation sociale, la bibitte poursuit sa croissance.

Les États doivent se saigner à blanc pour combler son appétit grandissant. Surtout que le poids financier de la bibitte dépasse désormais celui de plusieurs pays de taille moyenne!

Le secours aux corporations prend tellement de formes que je ne pourrais les nommer toutes ici, mais disons que des commandes gouvernementales avec surcharge de 30% ne sont pas inconnues.

En cas de débâcle ? D’autres mécanismes généreux d’aide s’enclenchent.  Prêt sans intérêt (un milliard à Bombardier? Pas de problème! Augmenter l’aide aux démunis: pas question!)

Ici s’arrête la comparaison avec le film.

À quand, comment poser des limites à cette croissance aveugle? Faut-il attendre que la bibitte ait consommé toutes les ressources de la planète et soit obligée de tomber en dormance comme certains comptes en banque suisses?

 

L'état probable de la planète, quand les pétrolières cesseront de nier le réchauffement...

 

* BS: Le nom du programme sert à désigner les personnes qui y recourent et efface leur humanité.

 

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Mai oui!

Quand l’auteure délaisse son jardin pour se soigner ou soigner son écriture, des intruses foisonnent!  En attendant la sortie de ma prochaine nouvelle de SF chez Compelling Science-Fiction en juin,  voici un aperçu de ma cour.

Scandale!!! Des pisssenlits partout! Un jardinier, vite!

Scandale!!! Terreur pour les voisins! Un jardinier, vite!

Bon, il y a quand même quelques petites choses mignonnes qui s’invitent:

De charmants myosotis prennent pied où ils le désirent!

De charmants myosotis prennent pied où ils le désirent!

Des lilas au rendez-vous, plus généreux cette année

Pour certains habitants, une traversée de trottoir présente des risques certains:

Un escargot qui se hâte avec lenteur (à nos yeux!)

Un escargot qui se hâte avec lenteur (à nos yeux!)

Et enfin mon gymnase, délaissé lui aussi.

Mon gymnase secret: des branches de pin rouge bien horizontales, à la bonne hauteur!

Mon gymnase secret: des branches de pin rouge bien horizontales, à la bonne hauteur!

Nostalgiques? Quelques photos des autres printemps: ici et .

 

Avril : averse de publications!

Prévisions météo: on annonce une averse de publications de la Savante folle!

1) Mon 18e roman de science fiction est en pré-vente, publication prévue pour cet automne. Curieux? Allez voir la couverture sur le site de l’éditeur.

2) Une autre nouvelle en anglais sera publiée ce mois-ci dans Fiction River « No Humans Allowed » publié par WMG publishing.

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3) Une traduction en cours pour un livre électronique qui sortira dans les deux langues chez Echofictions.com fin avril. PAS de la science-fiction, mais un récit poignant sur une réalité qu’on choisit souvent d’ignorer.

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4) Une nouvelle de SF est en préparation pour le prochain numéro de la revue Solaris. Motus pour le moment Et…

5) La cousine Entropie est finaliste aux Prix Boréal 2017, dans la catégorie nouvelles!

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Ouf, que d’émotions!

J’en profite pour souhaiter de joyeuses Pâques en famille, et un doux répit printanier, à tout le monde!

Un visiteur distingué déjeune

Un lapin dans notre cour

 

Défis d’estoc et de taille en littérature historique!

Quelle dure époque est la nôtre, pensez-vous, où le spectre de l’intolérance et du racisme ressurgit un peu partout. On croirait retourner dans une triste période de l’histoire récente.

Ce n’est pas parce que j’écris de la science-fiction futuriste que j’ignore mes racines historiques. Au contraire, je lis souvent des romans historiques pour m’imprégner de certaines périodes. J’en ai profité pour ressortir mes romans historiques des boules à mites et en lire des nouveaux.

Vous vous rappelez les bons vieux films de chevaliers, quand le héros, entre deux passes d’armes, arborait un brillant sourire Pepsodent?  Et de frapper d’estoc et de taille sans montrer la moindre tache de sueur sous sa blouse immaculée? Les films récents ont au moins le mérite de moins cacher la flagrant manque d’hygiène.

Certaines périodes hautes en couleurs seraient insupportables pour nous, tant au niveau hygiène (adieu toilettes et douches, bonjour les puces!) que social (sacrifices humains chez les Mayas, jeux de cirque pour distraire la foule romaine).

C’est même un des attraits de la littérature historique que d’étonner, de secouer la lectrice en montrant (show, don’t tell!) des scènes typiques pour les gens de l’époque, mais moralement répréhensibles pour nous. Quant à la sexualité, la littérature destinée au public adulte ne cache plus rien des dessous (ahem!) de l’histoire.

Comme auteure, je me pose la question: comment plonger un jeune – ou un adulte – moderne  dans une période où tous les repères moraux et sociaux étaient fort différents? Voici quelques pistes.   

1- Genevière Blouin  — HANAKEN

HanakenTrilogie

1-La lignée du sabre
2-L’ombre du Daimyo
3-Le sang des Samouraïs

Ceux qui se souviennent de la série télévisée Shogun (adaptée du célèbre roman éponyme de James Clavell, paru dans les années 1970), retrouveront avec plaisir cet univers de samouraïs dans la série de Genevière Blouin.

Au départ la prémisse ne me rassurait pas: on a l’univers du Japon médiéval où les questions de loyauté et d’honneur ne sont pas à prendre à la légère. Le sang peut couler pour la moindre insulte. (J’ai une scène de Shogun en tête, où pour la première fois j’ai vu à la TV un malheureux serviteur se faire trancher la tête pour ne pas s’être courbé assez vite devant son seigneur.)

Donc, qui dit récit jeunesse dit jeune protagoniste plongé dans cet univers très, très dur. Ici on est gâté car on a en deux: Sato, un garçon et sa sœur (par une autre mère) Yukié.
Quand la série commence, ils ont 14 ans et assistent, incrédules, au suicide rituel de leurs parents, car le père avait comploté contre leur seigneur Takayama. On a des jeunes dans le sang, euh… dans le vent!

Parlant de jeunes dans le vent, un défi qui se pose souvent à un auteur jeunesse mettant en scène une jeune fille vivant à une époque reculée, c’est… de ne pas mettre en elle une copie mentale d’une adolescente d’aujourd’hui, alors qu’elle vit dans une société où les droits des femmes étaient circonscrits à la reproduction et ni l’expression « droit des femmes » ou le mot « féminisme » n’existait).

Même suivre un jeune garçon à une époque donnée peut causer un souci. Car comment notre jeune héros réagit-il à des choses inacceptables aujourd’hui comme l’esclavage? (Allusion à Tom Sawyer et Huckleberry Finn ici.) Ou un jeune qui sort avec ses copains pour voir… les jeux de cirque dans la Rome ancienne? Les mentalités et les habitudes évoluent.

Deux auteurs de ma connaissance ont résolu le dilemme en faisant voyager leur protagoniste moderne vers le début du XXe pour assister aux événements. Ça a donné _John et le règlement 17_ des coauteurs Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Inutile de vous dire que, comme auteure de science-fiction, j’ai dé-tes-té cette solution destinée à pour ne pas trop éloigner l’ado moderne de son nombril…

Bref, défi d’estoc et de taille (haha, en garde!) que de mettre en scène des adolescents vivant dans un Japon médiéval

  1. en leur faisant vivre une aventure (« Sato et Yukié grandissent comme des samouraïs et sont tiraillés entre deux loyautés » = TRUE)
  2. qui va tenir le lecteur en haleine (« Yukié arrivera-t-elle à finir la vaisselle à temps pour la cérémonie du thé? » = EPIC FAIL),
  3. en donnant à ces jeunes un certain contrôle sur leur vie, une mesure d’autonomie (« Yukié ne veut pas se marier au fils du seigneur voisin mais elle sera contrainte d’obéir et se résigne à son sort »= FALSE)
  4. mais sans sacrifier au réalisme du contexte historique (« Sato trouve sous le tatami un mystérieux masque qui lui donne des pouvoirs surnaturels » = FALSE).

(Dans le 3e cas on a Donalda dans Les pays d’en haut)
(Dans le 4e cas c’est du Amos Daragon et ce n’est plus de l’historique!)

Eh bien après avoir lu deux volumes, je dirais mission accomplie, en tirant quelques cheveux et volant quelques chevaux.

Geneviève Blouin y réussit en faisant de la famille Hanaken (-sabre) une lignée de maîtres d’armes, dont les filles s’entraînent autant que leurs frères (car il y a une frère et sœur aînés aussi). Yukié est pleine de talents et arrive ainsi à se faire accepter comme guerrière, ce qui aide une lectrice à s’y identifier. Sato doit assumer un rôle pour le quel il ne se sent pas prêt, avec les doutes de l’adolescence qui répondent à ceux d’un jeune lecteur.

Les adolescents sont placés dans une situation privilégiée qui leur permet d’exercer un certain contrôle sur leur destinée. Dans les cas où leur détermination ne suffirait pas, ils reçoivent l’appui des « aidants naturels » (Yamaki, Norushi, et parfois le seigneur Takayama) de cet univers. Ils peuvent donc être présents lors d’événements réels de l’histoire du Japon.

Sans dévoiler la fin de la série (car je n’ai pas lu le dernier livre encore) j’ai apprécié le respect de l’histoire.

J’apprécie le format trilogie car c’est une bonne continuité, sans étirer la sauce.

Pour en savoir plus: Geneviève m’a gentiment donné ses références pour les fans qui souhaitent approfondir leurs connaissances de la période historique des Shoguns.
« Pour les bouquins, ça c’est ma bible » : https://www.amazon.com/Japon-dictionnaire-civilisation-Bouquins-French/dp/2221067649   « et ça c’est un régal pour les yeux » : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Decouvertes-Gallimard/Decouvertes-Gallimard/Histoire/Le-Japon-eternel   

2- Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé – La trilogie d’Etienne Brûlé

   TrilogieEtienneBrule
Tant qu’à rester dans les trilogies… La, je vais parler moins longtemps, parce que la série ne m’a pas accrochée de la même façon. Toutefois c’est une série historique qui vaut le détour car il explore un héros découvreur de l’Ontario. Et un francophone d’origine!

On connaît peu de choses sur Étienne Brûlé, qui n’a pas laissé d’écrits derrière lui. Toutefois, ça n’a pas empêché plusieurs auteurs de pondre des briques à son sujet.

Comme:

Michel Michaud, Le Roman d’Étienne Brûlé, Montréal : Libre expression, 1998, 532 p (ISBN 2-89111-785-9);
Francois Dallaire, Le sauvage blanc, Paris : L’Harmattan, 208 p. (ISBN 2-7475-3339-5).
La page Wikipedia consacrée à Étienne Brûlé : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Br%C3%BBl%C3%A9

Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé ont repris l’exercice en raconter la vie qui commence en France et s’engage à 14 ans sur un navire commandé par Samuel de Champlain. C’est une lecture très jouissive et réaliste des conditions de vie, et de la belle aventure de Samuel de Champlain, bref le livre a le vent dans les voiles!

Ce qui m’a touchée, c’est que toujours Étienne négocie et apprends plusieurs langues au cours de ses voyages pour se rapprocher des tribus amérindiennes. Même qu’il s’en rapproche un peu trop bien, vu qu’il aura deux familles distinctes. Et tout cela sans avoir jamais appris à lire ou écrire! (Mais il savait compter par exemple.)

Seule ombre au tableau, un des braves de la tribu (que les auteurs se plaisent à montrer à répétition qu’il ne l’était pas trop, brave, d’ailleurs Étienne lui sauvera la vie deux fois), bref, ce brave en prendra ombrage et deviendra un rival qui ha-GUIT,* le Étienne. Ça, c’est un point qui m’a agacée parce qu’on le voit venir de loin, celui-là, avec son gros tomahawk.

Dans au troisième tome, le bel enthousiasme de lecture retombe un peu face aux politicailleries qui poursuivent ce sympathique jeune homme de 35 ans qui veut juste vivre en paix auprès de sa famille indienne et sa tribu. Il va les retrouver, mais… chut!

En bref, un récit qui a une grande qualité par rapport à d’autres, c’est qu’il est linéaire: on suit tout le temps Étienne. Unité de point de vue qui rend ce livre fort accessible.

Le défi est que les auteurs ne ferment pas les yeux sur des scènes typiques de guerres entre tribus, et sur l’épreuve finale du héros. Ce n’est pas évident pour une série jeunesse.

* le hait, pour mes lecteurs non québécois  

3- Jean Mohsen Fahmy — Ibn Khaldoun, L’Honneur et la Disgrâce

KhaldounFahmy
On s’éloigne du froid Canada pour partir vers les chaudes contrées de l’Ifriqiya. (L’Ifriqiya représente une partie du territoire d’Afrique du Nord de la période du Moyen Âge occidental, à peu près sur la Tunisie). On devine d’où vient le nom Afrique.

Des sables du désert aux jardins de l’Alhambra au palais du sultan du Caire, la vie propulse Ibn Khaldoun, cet homme d’action et de pouvoir du XIVe siècle, au cœur d’un tourbillon d’aventures et d’intrigues. Cet ouvrage de 370 pages est un récit complet.

Jean Mohsen Fahmy nous dévoile la carrière du brillant intellectuel au travers les yeux de son serviteur, un européen acheté comme esclave au jeune age de 10 ans. Le garçon est attaché au service du fils de la maison, Ibn Khaldoun, son aîné de quelques années. Leur amitié durera toute la vie.

La ligne temporelle est particulière. Chaque chapitre commence à un point précis, soit le siège de Damas par Tamerlan, l’empereur des Mongols, puis on retourne en arrière visiter le passé et les hauts lieux de savoir d’un royaume aujourd’hui oublié.

Ibn Khaldoun – L’honneur et la disgrâce n’est pas un roman destinée à la jeunesse; certaines scènes du siège de Damas en 1400 sont difficiles. Tamerlan était un conquérant fort peu recommandable qui faisait massacrer les populations qui lui résistaient. Son trademark était de faire d’empiler les crânes des vaincus en pyramides de 1500 crânes, ce qui facilitait le comptage des morts. (On appréciera le sens pratique.)

D’autres scènes portent sur des conversations détaillées entre Ibn Khaldoun et son serviteur, ou ses amis tout aussi intellectuels que lui.

Parlant d’intellect, le défi à relever était de présenter un personnage tellement hors-norme, d’un intellect si puissant qu’on a du mal à l’imaginer aujourd’hui en termes de QI. Dans un chapitre, l’empereur Mongol charge Ibn Khaldoun (son prisonnier, euh… invité) de rédiger TOUTE la géographie physique et humaine du Maghreb, en une semaine. Étant géographe de formation, le défi m’a touchée.

  • « Tu rédigeras donc une description détaillée du Maghreb dans son ensemble, de ses montagne et de ses vallées, de ses rivières et de ses mers, de ses villes et de ses ports, de ses habitants, de leurs richesses et de leur commerce. Tu n’oublieras pas de mentionner les principaux souverains, les peuples qu’ils dirigent, les tributs qu’ils lèvent. Je désire tout savoir sur le Maghreb. Va maintenant. » (p.104)

Puisant dans la mémoire de ses voyages, le gars a rédigé à la main dix cahiers bourrés de détails et de cartes, totalisant 240 pages, et ce d’une façon bien ordonnée. Chapeau! Je n’ose imaginer un élève universitaire en produire autant!

Le Livre des exemples (le titre complet étant: Livre des enseignements et traité d’histoire ancienne et moderne sur la geste des Arabes, des Persans, des Berbères et des souverains de leur temps) est l’œuvre principale d’Ibn Khaldoun. Il compte 1 475 pages dans l’édition publiée au Caire en 1967.

Revenons au roman: si, au début, la narration par une tierce personne agace (Mon maître a fait ceci, mon maître a dit que…), il arrive quand même des événements qui affectent la vie du narrateur auquel on s’attache. Le narrateur-compagnon, nécessairement obscur, redonne la dimension humaine de son modèle.

À lire pour les florissant portraits d’un grand royaume du Maghreb.

Pour les curieux, la page Wikipedia d’Ibn_Khaldoun vaut le détour: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun.   

4- Diana Gabaldon – La rose et le tartan – L’humour à la rescousse!

Gabaldon4livres Copy

1- Outlander 850 p. 2- Dragonfly in Amber 947 p. 3- Voyager  (couverture difficile à retrouver)  4- Drums of autumn    + 4 autres!

J’ai découvert la série dans une vente de garage. J’ai l’édition « mass-market paperback » des premiers livres, avant que l’éditeur décide que ce serait cool d’imiter la sobriété de la série Game of Thrones avec ce genre de couvertures:

ComparaisonGabaldonRRMartin

J’ai donc complété ma série avec d’autres ventes de garage ce qui fait que mes éditions sont disparates. Pour me faire pardonner d’avoir acheté tous les tomes à 25-50 cents chacun – car je m’efforce toujours d’encourager les auteurs que je lis- j’ai décidé de partager mon plaisir de lecture.

La série n’est résolument PAS jeunesse, tant par les description des blessures (arrg!), des soins de l’époque (re-arrg!), de la situation politique, de la situation des femmes à l’époque, que les scènes de sexualité plus explicites et… la simple longueur (850 pages pour le premier tome, 950 le 2e, 1000+ pages pour les autres formats « paperbacks »).
J’ai lu Outlander, Dragonfly in Amber et j’arrive dans Voyager (le 3e).

Les 1000 pages (pas lu de livres aussi épais depuis The Stand), sont la principale raison de mon retard, car l’auteure est rendue au 8e tome…

Outlander: Ce qui rend l’écriture de madame Gabaldon originale, c’est l’humour sous-jacent, omniprésent. Toutes les descriptions de Claire ont un charme qui retient la lectrice.

  • « The other men also disarmed, as was suitable in the house of God, leaving an impressively bristling pile of lethality in the back pew.” (Outlander)
  • “Does it bother you that I’m not a virgin?” He hesitated a moment before answering. “Well, no,” he said slowly, “so long as it doesna bother you that I am.”

Et voici la situation contre-tendance: Claire, à 28 ans, infirmière déjà mariée transportée par magie de 1945 à 1743 en Écosse, va initier Jamie Fraser, 23 ans qui est… vierge. Et il y aura un tas de situations mêlant histoire et péripéties, où les talents d’infirmière de Claire sauvent des vies, y compris celle de Jamie.

Je dois admettre qu’avant de lire Outlander, je faisais partie des gens qui levaient le nez devant un statut de best-seller (c’est poche, c’est la publicité, c’est l’algorithme d’Amazon, etc.) Eh bien ce best-seller-ci est fort bien mérité.

Dans le 2e roman, l’histoire se déroule à deux voix, au passé et au présent de… 1967. Claire a une fille de 20 ans, l’enfant de Jamie. Celui-ci avait pressé Claire de retourner au XXe pour qu’elle poursuive sa grossesse. Il sait qu’autrement elle risque la mort. Et lui-même se prépare pour la bataille de Culloden dont il ne sortira pas vivant (qu’il pense!!!)

Dans Voyager, Claire retourne dans le passé à la recherche de son amoureux qui aurait survécu (je le voyais vraiment pas venir! :^p  )

Vingt ans on passé. Claire est veuve (donc OK pour re-galoper dans le passé), a fait des études de médecine (qui s’avéreront encore fort utiles).

Le passage qui m’a touchée au début du livre, c’est que Claire (48 ans) rencontre une femme de 29 ans au corps et au visage maganés par la vie. Claire constate que la jeune femme a perdu la moitié de ses dents, alors qu’elle, grâce aux soins de dentiste, a encore toutes les siennes…

C’est cette lucidité pratico-pratique qui frappe chez Diana Gabaldon, avec l’humour dont j’ai parlé plus tôt.  Un regard ironique toujours en finesse, qui s’efface poliment devant les scènes dramatiques hautes en couleurs.

Une lecture pour les longues soirées d’hiver, au coin du feu, avec une reconnaissance des avantages de notre époque.   

5- Mentions honorables

J’en parlerai sans doute dans un prochain article car ils valent une bonne préparation. Les fans abonnés à ma lettre vont recevoir avant tout le monde.

Jean Auel, Les enfants de la Terre (toute la série, j’en ai lu trois) suit Ayla, une femme préhistorique cro-magnon élevée par des Néandertaliens. J’ai accroché avec La Vallée des chevaux, à cause des détails de survie d’une jeune fille seule dans une nature hostile.

Gil Adamson, The Outlander (2007) un western canadien qui vaut le détour. Autour de 1900, une jeune femme fuit, des chiens à ses trousses…

Robert J. Sawyer, La trilogie The Quintaglio Ascension: Far-Seer, Fossil Hunter, Foreigner. Attachez vos tuques, on a des dinosaures médiévaux transplantés sur une planète! Sawyer reconstitue en parallèle les grandes  étapes des découvertes scientifiques qui ont fait avancer l’humanité, avec un découvreur qui bouscule les traditions. À lire pour la gestion des instincts territoriaux de ces mini-tyrannosaures qui compliquent les relations sociales!

Plus d’info sur le site de Rob: sfwriter.com (ça prend un auteur astucieux et ratoureux pour acheter ce nom de domaine!)

 

Nettoyer le pare-brise mental

 

PrejugesCasqueSali800

Maintenant que les jugements à l’emporte-pièce l’emportent sur la raison, et que la bêtise hurlante et vociférante* s’étend partout, il devient plus essentiel que jamais de savoir laver notre pare-brise mental pour enlever les taches de boue!
 .
Combien de « flame wars » sur nos réseaux sociaux ne sont qu’un concours de « pitchage de bouette » qui obscurcit et déforme les perceptions. Au point que  des mots-valises circulent, des mots synonymes d’insultes qui clôturent toute pensée critique.
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Au point que dans votre zèle, vous parlez non pas à une personne, mais à la tache de boue (que vous avez vous-mêmes lancée!)
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Quelques mots surabusés, inspirés par les réactions au récent budget économique.
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Les « élites » : vouloir s’améliorer dans son domaine est-il une tare? Les élites financières et sportives surpayées ne subissent pas autant d’opprobre que les élites artistiques, scientifiques ou intellectuelles… surtout si elles s’opposent à la destruction de la planète!
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Les « groupes de pression« :  sont tous les citoyens qui s’impliquent concrètement dans leur milieu. Pour dénigrer ces activistes qu’on préférerait passifs et muets et scotchés devant la TV, on les amalgame à des extrémistes. Ce ne sont pas de vrais citoyens travailleurs.
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Le mythe des « travailleurs » et des « paresseux » (strivers and skivers, selon les Britanniques) fait croire qu’il n’existe dans la société que deux groupes: les courageux employés qui triment dur, et les sans-emplois paresseux qui vivent au crochet de l’État-providence. Rien d’autre? Et quand les délocalisations produisent des masses de chômeurs qui peinent à trouver un autre travail?
..
L’État-providence, ce mot créé dans les années 1960, est devenu une insulte. Les pauvres alimenteraient une spirale de dépenses, les injustices forcent à créer commissions sur commission qui endetteront les générations futures.  Il manque quelque chose?
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Or, il existe des éléphants dans cette pièce, qui ont intérêt à rester aussi discrets que possible.
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Nommons les banques qui enfournent des profits records et sous-paient leurs employés. Les multinationales qui, non contentes d’obtenir de montants juteux d’argent public, mettent des gens à la porte et se paient des parachutes dorés. La grappe de firmes de services financiers qui font évaporer par magie les capitaux (même un faible taux d’imposition de 10%, c’est trop pour eux.)
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Le tout afin de poursuivre une élusive…
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Croissance économique! L’Économie est comme une fontaine, où l’eau coule des hauts bassins vers le bas. Or, même en période croissance, le trickle down effect ne se concrétise pas. Les bassins du haut se remplissent, ne laissant que quelques gouttes descendre.  La « croissance » devient une affaire de spéculations sur des monnaies et des titres à court terme (souvent toxiques), sans rapport avec des productions concrètes. Les profits se concentrent davantage entre moins en moins de mains, offrant un incroyable pouvoir d’influence à ces magnats qui peuvent se hisser aux plus haut rangs du pouvoir et y régner en tsar.
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Les fonds vautours : Quand on est rendu à spéculer sur les dettes des pays fragilisés par des changements structurels, et qui font gonfler ces dettes. **
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Les « méchantes » compagnies : personne n’est mal intentionné au départ, mais le réflexe de se battre pour rester gros amène leurs administrateurs à maximiser sans cesse les profits, sinon un compétiteur les gobera! Être bon dans son domaine, sans tricher, ne suffit pas toujours.
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Démocratie ou oligarchie ?

Grâce  à des médias qui dévalorisent la connaissance et la culture, et à une réduction du langage digne de 1984 avec Big Brother, l’oligarchie dévore de l’intérieur la démocratie, grugeant le contrôle des gens sur leur vie et attisant colère et cynisme. Cette oligarchie se mettait lentement en place depuis les années 1930.

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Une note positive
Un mince espoir, c’est que la nouvelle génération d’oligarques, qui ont plus ou moins mon âge, se montrent plus sensibles à l’environnement.
Les mener à protéger la planète et ses ressources limitées sera un gros défi!
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En conclusion, ne vous laissez pas enfermer dans une cage mentale  par les préjugés des autres!

* Cette expression colorée est empruntée à Jean-Jacques Pelletier
** Pour en savoir plus sur ces vautours de la finance, voir Alain Denault, une escroquerie légalisée
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Chocolat que c’est bon, un synchrotron!

En plus de m’entraîner pour le demi marathon en mai prochain, je lis des livres, j’assiste à des conférences que je rêve de partager.

Je patauge dans de la révision de manuscrit de mon 18e roman et je prépare la publication de mes 7 et 8 e livres électroniques. La traduction demande du temps…

Pour les amis qui pensent que je suis une super-femme (ça n’existe pas!!) je vous recommande chaudement de prendre 10 minutes pour lire cet article de Kristine Katrhyn Rusch (KKR), une auteure de SF prolifique qui souffre d’allergies et de migraines sévères!  J’ai beaucoup de chance de ne souffrir que de déprime saisonnière, problème qui se règle par la course à pied que KKR et moi pratiquons assidûment.

Donc, comme je n’ai pas le temps de vous offrir des articles séparés, je plonge dans le truc que je voulais vous présenter avant de partir au Salon de l’Outaouais. (Où est le Dr Who quand on en a besoin? )

Le chocolat vu par les physiciens!  

On néglige nos bibliothèques, mais elles offrent des présentations gratuites par la Royal Canadian Institute for the Advancement of Sciences  (nous sommes en Ontario)

En début février, le mari et moi sommes allés voir : Edible Nanostructures & The Pleasures of Chocolate, présenté par le Dr. Alejandro Marangoni, de l’University of Guelph.

Il s’occupe du Canada Research Chair Food, Health and Aging. Ça vaut le détour!  Son aire de spécialisation porte sur les propriétés physiques des lipides dans les aliments, les cosmétique et les bio lubrifiants (des huiles végétales et biodégradables). Il nous a résumé l’histoire du chocolat et les excitant (caféine, etc) qu’on y trouve, mais c’est le gras dans le chocolat qui renferme des secrets.

On a bien ri, c’est une scientifique très dynamique. Dommage qu’il n’ y avait pas de chocolat à déguster…

Saviez-vous que cette équipe a demandé du temps au synchrotron du Argonne National Laboratories  Advanced Photon Source (US, près de Chicago)  pour faire bombarder de rayons X … un morceau de chocolat?

Le synchrotron est ce bâtiment en forme de soleil (cette photo et la suivante proviennent du U.S. Department of Energy Office of Science’s Argonne National Laboratory)

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C’est un accélérateur d’électrons qu’on stocke dans le grand cercle (Storage ring). Le synchrotron Advanced Photon Source produit les plus puissants et brillants rayons X de l’hémisphère ouest.

Toutes les petites pointes du « soleil » sont les laboratoires où une faible partie des électrons à haute énergie est détournée.

Oui, ça s’appelle un Advanced Photon Source, mais ce sont des électrons accélérés dans le champ magnétique qui produisent un rayonnement synchrotron de photons; ces derniers vont frapper la cible. On sélectionne la longueur d’onde des photons et les caractéristiques du faisceau (taille, divergence) qui sera utilisé dans l’expérience.

Il y a donc environ 34 salles pour faire des expériences amusantes.

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Ce schéma ci-dessous (gracieuseté du U.S. Department of Energy Office of Science’s Argonne National Laboratory) aide à comprendre l’architecture pour ces faisceaux disponibles (beams). Vous ne demandez pas à un électron voyageant à une vitesse relativiste de faire un tournant à angle droit avant de frapper votre lamelle de matériau!

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J’imagine la conversation au téléphone pour réserver le labo:

Dr. Marangoni — Bonjour, on aurait besoin de votre Ultra Small Angle XRay Scattering (USAXS) pour une petite analyse.

Responsable– C’est quel matériau que vous allez analysez?

Dr. Marangoni –hum, deux grammes de chocolat mi-sucré.

Responsable– Du chocolat? C’tu une joke?

Dr. Marangoni — Non-non, c’est une recherche très, très sérieuse de l’Université de Guelph pour mieux comprendre la structure cristalline des gras dans le chocolat.

Responsable (après un silence) — OK, on aurait une plage d’une heure à 3h du matin, le dimanche. À prendre ou à laisser.

Inutile de dire que le Dr Marangoni et son équipe ont emballé leur chocolat et acheté leurs billets d’avion et se sont précipités à Lement, Illinois, pour obtenir un résultat du genre:

Bref, ça a donné une flopée d’articles scientifiques sérieux avec ce genre de graphiques:

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Et on est arrivé à tout plein de délicieuses conclusions :

Le beurre et le chocolat goûtent bon à cause des structures cristallines de leurs gras. Or, ce gras, qui a une structure en forme de chaise (voir à droite sur ma photo), change de structure comme une coquette de robe quand la température monte, et se consolide à chaque fois!

Il y a donc des phases I à VI (ça ferait un bon titre de film de SF). C’est la phase 5 que vous voulez pour un chocolat au gras optimal.

Donc il faut une succession de chauffages et refroidissements pour amener les gras  à un moment de fonte idéal appelé « forme 5 », c’est à dire, quand le gras fond dans votre bouche… et pas avant!

img_20170202_200136graphiquechocolat

Les minces plaquettes sont la plus simple phase du gras. Puis les plaquettes s’assemblent en « sandwiches », lesquels  forment des agrégats fractal (très artistique) et des structures plus complexes.

Je ne verrai plus le chocolat de la même façon… Bon ça donne faim tout ça…

(crunch!)

Du chocolat pour se donner du courage!

SUPPLÉMENT – La belle histoire du chocolat  

(avec un peu d’aide de Wikipedia!)

Avant 1492

Le chocolat date des Aztèques qui le buvaient comme on boit du café  (xocoatl) sans sucre ni rien d’autre.

1528

Après son génocide sa conquête, Cortès rapporte le chocolat en Europe.  Les nobles l’apprécient, mais ajoutent du sucre et du lait à la boisson.

1600

La technique de fabrication au moulin mécanique ne change pas: on extrait le beurre de cacao, pour produire un chocolat très dur, trop dur pour la dent!

1728 

Monsieur Joseph Fry (pas celui de Futurama!) ouvre une manufacture de pâtes de cocoa provenant des fèves de cacao broyées. Son fils, Joseph Storr Fry (1767-1835) reprendra le flambeau et améliorera le procédé. La poudre Fry’s Cocoa se vend toujours aujourd’hui comme en témoigne ce pot sur ma table de travail.

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Personne ne touche à mon pot!  Notez que la date de 1728 indiquée sur la boîte me laisse songeuse… C’est la date de naissance du fondateur, Joseph Fry!

1780

James Baker ouvre une chocolaterie aux USA, de la pâte de chocolat. Le cacao était très gras et pas facile d’utilisation. Beaucoup plus tard, sont arrivés les petits carrés Bakers qui servent en cuisine.

1824

Pour répondre aux besoins grandissants de l’industrie chocolatière, on introduit en Afrique les plantations de cacaoyers. La culture d’exportation ne date pas d’hier… John  Cadbury qui tient une épicerie, produit le premier chocolat noir à croquer.

1828 

Coenraad Johannes van Houten (Van Houtte!) parvient à broyer le cacao dur en poudre avec une presse hydraulique de son invention. Le cacao en poudre s’intègre facilement aux pâtisseries. C’est le premier à séparer le cacao maigre et le beurre de cacao, ce qui permet aux industriels de doser les proportions de cacao/beurre de cacao dans la pâte de cacao.

1836

Apparition des premières tablettes de chocolat en France par Antoine Brutus Menier.

1847

Joseph, Richard et Francis Fry (qui dirigent la maison Fry & Sons depuis la mort de leur père Joseph Storr Fry en 1835), découvrent qu’en mélangeant le sucre, le beurre de cacao, et le chocolat en poudre (merci monsieur van Houten!), on obtient une pâte molle qu’on peut verser dans des moules. Ils présentent donc leur « Chocolat délicieux à manger » (en français !)

1876

Daniel Peter crée dans sa fabrique de Vevey en Suisse le premier chocolat au lait en utilisant du lait en poudre. En 1879, Peter s’associe avec Henri Nestlé (l’inventeur du lait concentré) pour fonder la firme du même nom. Sa réputation n’est plus à faire pour le mélange de chocolat près à ajouter au lait froid ou chaud.

1879

Rodolphe Lindt met au point le conchage, un procédé qui permet de fabriquer du chocolat fondaaaant! On laisse tourner le broyeur contenant le chocolat au chaud (70 C)  longtemps afin de rendre la pâte de cacao plus onctueuse.

1899

Pendant ce temps… Jean Tobler lance la barre triangulaire Toblerone qui n,a pas besoin de présentation.

c. 1900

Les premières barres chocolatées (biscuit ou confiserie enrobés de chocolat) arrivent sur le marché. Là, on ne peut plus revenir en arrière.

1919 

Fusion de la maison Fry & Sons avec Cadbury. Pis on pensait que les consolidations d’entreprise dataient d’hier!

Voir l’histoire résumée sur le site de Cadbury UK. quand il parlent de l’usine de Birmingham, ben… c’est celle ouverte par Fry avant la fusion!

1930

L’immaculée conception arrive! Le chocolat blanc est produit pour la première fois en Suisse dans les années 1930 par Nestlé, pour ne pas jeter les surplus de beurre de cacao.

2020

Les réserves mondiales de cacao baissent alors que la Savante folle emmagasine des stocks afin de ne pas en manquer pour son long voyage en solitaire vers Mars.

2035 

Le réchauffement des températures oblige à modifier le processus pour rendre le chocolat moins fondant.

2050

Production de la première barre de chocolat sur Mars en pression réduite. La colonie martienne fondée par la Savante folle peut enfin envisager l’avenir avec optimisme!

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Fiction River 21

Couverture du Fiction River no 21 Avec mon nom sur la couverture!

Couverture du magazine Fiction River no 21, numéro dirigé par Kerrie L. Hugues, comportant ma nouvelle de SF pince-sans-rire Closing the Big Bang.  Collection dirigée par Dean Wesley Smith et Kristin Kathryn Rusch, qui a écrit un mot très gentil pour présenter mon histoire.

Courez vous le procurer en papier ou ebook sur Amazon.comAmazon Canada ou Kobo.

Octobre occupé

En plus d’une préparation fébrile au festival des Utopiales de Nantes, et du demi-marathon d’Oakville deux semaines plus tôt, voilà que je publie deux courts livres chez ma nouvelle maison d’édition Echofictions, un éditeur indépendant. Et je monte une nouvelle page internet par ci, j’organise l’envoi de mes romans de SF à Nantes par là, et cette fin de semaine je cours à un camp scout…

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C’est dire que le 100e gag des Grandeurs et misères de la table de dédicaces va se faire un petit peu attendre. Mais il est commencé! En attendant, un bon gag technologique  ici.

Dans la patrie de Jules-Verne

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Le Festival des Utopiales de Nantes m’a invitée à célébrer les visions de la science-fiction. C’est une heureuse coïncidence car mon premier space opéra se déroulait à bord d’un vaisseau baptisé le Jules-Verne, en hommage au célèbre visionnaire originaire de cette ville.

Tout en préparant la sortie de deux courts livres cet automne (surprise!), j’apporterai mon humour et ma créativité pour célébrer la diversité de la science-fiction en français. Je participerai à trois tables rondes et d’autres rencontres, et mes livres seront en montre dans la librairie du festival.

Le Festival International de Science-fiction de Nantes réunit le monde de la prospective, des technologies nouvelles et de l’imaginaire,  du 29 octobre au 3 novembre prochain à la Cité Universitaire de Nantes.

Les Utopiales se comparent à un formidable chaudron où bouillonnent de nombreuses idées. Tables rondes, expositions, conférences fourniront autant d’occasions aux scientifiques, auteurs et artistes de partager leurs visions de la SF.

Et comme les Utopiales comportent aussi un volet BD,  je vais être gâtée!

L'auteure courant faire signer ses albums de BD par d'autres auteur-e-s!

 

Je ne peux qu’apprécier cette convergence, possédant une formation académique en géographie et génie de l’environnement. Je me livre parfois à la vulgarisation scientifique illustrée dans ce blogue de la Savante folle. (Je dis « parfois » car je prends du temps pour vérifier mes sources, écarter les puits empoisonnés et verser à mes lecteurs une eau aussi fraîche que possible.)

Le festival me permettra de nouer et renouer des contacts fructueux avec des auteur-e-s qui savent écrire pour les jeunes avec talent et doigté comme Danielle Martinigol et Paolo Bacigalupi.

Ci joint une photo de 2009, lors de la remise des prix Auroras à Montréal, avec Danielle Martinigol, son mari à gauche et la savante folle en rouge à droite.

 

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Christian, Danielle Martinigol et Michèle avec son trophée Aurora

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Aurores Boréales

La suite des aventures de la marathonienne devra attendre car elle sera active au Congrès Boréal qui se tient cette année à Mont-Laurier, Québec. Je souligne le travail acharné des courageux organisateurs qui ont filmé une série de vidéos Youtube.

Le thème cette année: vers l’infini!!

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Une cousine s’invite… chez Galaxies!

Je songeais à faire ma BD hebdomadaire quand ceci est arrivé par la poste. Le dernier numéro de Galaxies comporte ma nouvelle de SF, La cousine Entropie!

C’est ma troisième publication dans cette auguste revue, qui survient peu après ma publication dans Géante Rouge 23.  La cousine Entropie est une histoire de longue haleine, c’est le moins qu’on puisse dire!

Couverture de la revue Galaxies

Couverture de la revue Galaxies 40 – Dossier Cosmanthropie

La nouvelle m’avait été commandée par Jean-Pierre Laigle, qui m’avait envoyé un copieux article sur le thème de la cosmanthropie (que vous retrouverez dans ce numéro).

La cosmanthropie? C’est d’imaginer l’humain colonisant tout le volume de l’espace, hors planète, et sans scaphandre. C’est un trope moins exploité dans la science fiction, à cause des défis. Des interviews d’auteurs ayant abordé le sujet: Jorge Luiz Calife (Schémas de Contact), Laurent Genefort (Les peaux-épaisses) et Linda Nagata (Les marées de Saturne, qu’on lira dans ce numéro).

Je me souviens d’avoir lu avec plaisir les Peaux-Épaisse de Laurent Genefort, mettant en scène des travailleurs génétiquement modifiés pour survivre dans le vide (et honteusement exploités bien entendu). Je lis en ce moment Memory de Linda Nagata, qui est plus un planet-opera.

Un peu comme le Star Dance de Spider et Jeanne Robinson, ouvrage aussi mentionné dans l’article de Jean-Pierre, notable pour la création de l’Homo caelestis.  Jeanne était une danseuse accomplie et très zen, elle nous a quitté, bien à regret mais toujours zen,  voici quelques années, mais la page du projet Star Dance est toujours présente pour nous faire rêver.

 

Retraite en Orégon

La savante folle se trouve présentement dans la petite ville de Lincoln City en Oregon, et participe à une rencontre d’écrivains de science-fiction.

C’est une retraite fort productive, puisque j’ai déjà vendu trois textes pour une anthologie. Motus tant que le contrat n’est pas signé.

Quelques photos pour vous consoler de l’absence de BD cette semaine.

La côte Pacifique ... Pas trop!

La côte. On on nous a mis en garde contre des vagues traîtresses. Donc la savante folle n’a pas apporté son costume de bain.

 

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La route qui descend vers la plage.

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Pas habituée de voir cette pancarte en joggant…

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La sympathique auberge historique ou les écrivains sont logés.