250 k

Cet escargot est une gracieuseté de Shutterstock, parce mes photos ne sont pas terribles!

Écrire vite ou lentement?

Lièvre ou tortue? La question divise.

J’ai passé le cap du 250 000 mots avant-hier le 30 juillet. L’an dernier, j’avais dépassé 300 k fin décembre; l’année 2018, j’avais atteint 200 000 mots, la part du lion revenant à un gros roman steampunk de 117 k (qui a une couverture, mais pas encore passé par la révision). Comme je veus faire une trilogie, l’univers exige un peu de construction. C’est bien plus long bâtir une culture riche que de vérifier la science!

J’écris: des romans, des nouvelles, des articles de blog (mais moins qu’avant) en parallèle plutôt qu’en série. J’adore écrire vite des histoires prenantes. Je repasse dessus pour enlever les grosses fÔtes, vérifier les détails de type chandail rouge/chandail vert (et la science dans le cas des mes space opéras), et ajouter un détail ici et là.

Battre le tapis, mais pas trop!

Je fais trois p’tits tours et puis je laisse l’oiseau s’envoler. Et, oui, ça peut être tentant d’ouvrir la porte de la cage pour nettoyer des détails, mais grâce à la très prolifique Kristine Kathryn Rusch, j’ai fini par comprendre que la perfection n’existe pas. Il faut y tendre, mais pas trop battre le texte comme un tapis. Ça enlève certes un peu de poussière, mais trop le malmener va amoindrir son impact, sa fraîcheur. Comme une bouchée mâchée trop longtemps…

Dans un tout autre ordre d’idée, Kris vient d’éditeur une de mes nouvelles, Winter Pariah, dans un recueil de 35 histoires du temps des fêtes, The Holiday Spectacular #1. Pour se refraîchir en été!

Mais entre deux « petites vites », je mijote aussi des histoires plus longues. Je retravaille parfois des textes acceptés pour publication, pour les rendre plus accessibles au lectorat. En ce moment j’en ai un qui me donne du trouble, parce que je dois retrouver ma voix personnelle après des suggestions qui ont du mérite, mais faites avec la « voix » du mentor.

Là, j’écris autre chose vite et avec plaisir, parce que c’est moins frustrant que de s’aperceveoir que j’ai passé une journée sur trois paragraphes! Et c’est pour « oublier » dans ma tête la voix du mentor (que j’admire et de qui j’apprends beaucoup mais) que je plonge dans mes autres histoires.

Le puits des émotions

Il y a aussi un roman que je n’ai jamais réussi à écrire, promis à Michel Lavoie (qui nous quittés ce printemps, pendant le Salon du livre de l’Outaouais). C’était un texte de fiction jeunesse presque autobiographique.

Mais Le saule allait puiser des émotions tellement personnelles que le transfert de celles-ci vers mon adolescente fictive a coïncé. Le puits des émotions est très, très profond, chaque phrase était une torture. Je crains de m’y noyer.

Pour faire court: mon adolescence n’est pas un endroit que j’aime revisiter. (Mes parents et soeurs m’ont toujours appuyée, là n’était pas le problème.) Mon problème était d’être a la fois ambitieuse, excessivement timide et hyper sensible. Oui, ces âmes sensibles qui doivent s’abstenir, et auxquelles on demande encore de s’abstenir (surtout si elles sont des femmes ou non binaires). C’est dire que pour le moment Le saule va rester en plan.

Se lâcher lousse

Bref, entre des sessions de « battage de tapis », j’aime me lâcher lousse dans des histoires qui me plaisent, dans plusieurs genres d’ailleurs. J’ai arrêté de me dire, ouache, c’tune histoire poche/pas original/mes collègues feraient bien mieux! et je fonce.

La science fiction est mon domaine de prédilection, mais j’opère en steampunk, en fantasy, en romance, en histoire d’amitié, en littérature-tout-court, en historique… Il me reste de l’uchronie à tester, mais j’aime tellement l’histoire que j’ai du mal à choisir mon époque!

Certains de mes nouvelles pondues plus vite ont trouvé preneur. Lamps of Ganymede chez Luna Station Quaterly 42, et une traduction de la Cousine Entropie (publié dans Galaxies 60) parue chez Future SF 7 D’autres écrites en deux-trois jours se sont ramassées au sommaire des Fiction River (les numéros 21, 22 et 27) .

Par contre, je n’ai plus jamais gagné le concours d’écriture sur place du congrès Boréal (mon article sur celui de 2010 avec des photos) depuis 2005. (Souvent je ne reconnaissais pas le thème, ou une heure, ce n’était pas assez pour livrer plus qu’une ébauche). Et je n’ai retapé aucune de ces ébauches, d’ailleurs. Ces feuilles manuscrites attendent toujours, avec la patience d’une résolution de Nouvel An, d’être retapées, révisées et lues par d’autres yeux que les miens.

Vite et lent

Quand un lecteur me demande: mais où prenez-vous vos idées, ou quand un non-lecteur** veut que j’écrive son histoire (« j’ai une super-idée, tsé, y reste juste à l’écrire ») les deux me rappellent à quel point je suis loin derrière mes idées, dans la réalisation de mes projets. Certains de mes projets de BD ont été abandonnés, parce que demandant trop de temps et aucun soutien.

Alors, la joie d’écrire en courant, c’est de pouvoir peupler mes univers existants avec des nouvelles liées (spin-offs). Déjà deux histoires dans l’univers de Chaaas sont en circuit de soumission.

Tout ca pour dire que j’écris plus que je fais de la promotion! Pour cette dernière, je compte sur vous…

Frais des presses!

Cousin Entropy dans Future SF no 7 juin 2020

Ganymedes’ Lamps dans Luna Station Quarterly 42 juin 2020

(oui, deux le même mois!)

Dernières vacances de la femme termite vient de sortir dans Solaris 215

* « In The Pursuit of Perfection, Rusch discusses the destructive ways peer workshops and the quest for perfection derail many writers’ careers, offers hope for writers who have suffered at the hands of critique—external and internal—and outlines a path to healing. »

** Rarement les gens « j’ai une super-idée, tsé! » ont lu mes romans avant.

Une réponse à “250 k

  1. J’aime beaucoup cette phrase: « ces âmes sensibles qui doivent s’abstenir, et auxquelles on demande encore de s’abstenir (surtout si elles sont des femmes ou non binaires) »

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