« T’es-tu un gars ou une fille? »

Vu que j’étais athlétique et portais pantalons, vêtements amples et souliers confortables, mon adolescence et vie de jeune adulte ont été remplies de cette question : « T’es-tu un gars ou une fille? » posée avec un ton parfois agressif, parfois méprisant, parfois moqueur, parfois innocent.

Des années plus tard, j’ai compris que si mon interlocuteur était réellement dans l’embarras sur mon sexe biologique, il ne prendrait pas le risque d’insulter un vrai mâle.

Alors, voici ce que je réponds, aux centaines de bonhommes, tous aujourd’hui dans ma tranche d’âge (et représentés par un sympathique disco-man générique!) qui m’ont posé la question:

2018mars07QuestionChargee

 

 

Même pour de simples (!) discussions politiques, connaître le sexe de notre interlocuteur était super-important. C’était une cage mentale tenace dont j’ai parlé ici, que j’ai illustré là et encore là. Bien des membres du PQ de l’époque me posaient cette question lors des réunions auxquelles j’assistais avec mon père.

Il y a eu une exception, dans les locaux du journal Le Jour en 1975. Un jeune homme sympa dans la salle de rédaction, qui a été délicat et visiblement gêné (J’veux pas t’insulter, mais es-tu…)  Ça remonte à longtemps, çà, c’est le jour où j’ai rencontré René Lévesque (d’où les petits nuages de fumée à droite, oui, il n’était pas loin!)

 

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5 réponses à “« T’es-tu un gars ou une fille? »

  1. Martine Corbeil

    Merci Michèle! C’est un côté de toi que je ne connaissais pas et qui me rejoins. SOUPIR. Si nous sommes plusieurs à avoir vécu/vivre ces situations, à revendiquer une égalité qui nous échappe encore dans les faits, comment se fait-il qu’on lutte toujours aujourd’hui contre ces préjugés? Ces idées toutes faites? À travers nos enfants même…

  2. Martine Corbeil

    Je m’abonne…

  3. Oui, ce sont les cages mentales qui font mal! Sois la bienvenue à mon blog!

  4. Enfant je l’ai vécu, je me trouvais même fière d’être prise pour un gars, c’est dire le fossé à franchir ! Société française patriarcale, magnifiée dans la famille. Après j’ai été en réaction, toujours en portant des pantalons cependant ! Comme s’il avait fallu être un homme pour se faire respecter. Et le plus souvent je me suis fait aborder dans la rue quand, adulte, je mettais une robe l’été. Ça donnait pas trop envie de s’associer à la moitié féminine de la population quand on veut être tranquille en gros, mieux vaut être en pantalons. Et pas trop bien habillée. Les mentalités changent mais c’est long. Heureusement qu’il y a des zones de confort, avec des amis et des copains pour discuter sans qu’on regarde si je suis un gars ou une fille !

  5. Je faisais ça aussi ! C’est dommage le nombre de contorsions sociales qu’on s’impose…

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