Couper 10% d’un arbre…

Silence, on coupe!

Coupez 10% d’un arbre. Puis un autre 10% l’an suivant, avant qu’il ait le temps de se régénérer. Une grosse branche par ici, par là… Voilà ce qui attend Radio-Canada, un diffuseur bien enraciné dans notre société!

« Y a-t-il une façon de prendre l’argent que nous dépensons actuellement sur un radiodiffuseur (la SRC) et de rediriger cet argent, plus d’un milliard de dollars, aux cinéastes et producteurs de contenu canadien pour qu’ils puissent faire du contenu et des films de qualité? Une fois qu’ils font ce contenu canadien de qualité, ne serait-il pas plus facile de convaincre les radiodiffuseurs privés de le diffuser plus souvent? »

Celui qui se pose la question, c’est le Sénateur conservateur Léo Housakos, Vice-président du Comité permanent du Sénat sur les Transports et les communications. Un premier avril. Or, pour rediriger les fonds publics alloués à la Société Radio-Canada tel qu’évoqué par ce sénateur, il faudrait :

  • Éliminer la radio et la télévision de la SRC
  • Donner l’argent aux producteurs privés
  • Donner la programmation aux radiodiffuseurs privés

Bref, un réseau ad mare usque ad mare, on n’a pas besoin de ça!

Laissons les réseaux lucratifs décider de ce qui est bon pour nous… Or, Radio-Canada n’avait -elle pas été déjà coupée et grugée? Les coupures annoncées aujourd’hui s’ajoutent à celles de 650 postes annoncées peu après le budget fédéral de 2012 (qui imposait à CBC/Radio-Canada de réduire ses budgets de 10%). 

Quand on veut de la qualité, on y met le temps et l’énergie.

J’avais déjà réalisé cet article au sujet des revues culturelles, alors que seules les magazines au plus-bas-dénominateur-commun remportent la cagnotte. La revue Virage avait perdu sa subvention annuelle. Mais c’est cette image de l’arbre qu’on soigne qui est importante. Un arbre représente la richesse de la culture.

Voici donc ma réponse:


M. Leo Housakos
Vice-président du Comité permanent du Sénat
sur les Transports et les communications

J’écoute la SRC à la radio et la télé depuis toujours.

J’ai grandi avec les émissions pour enfants Bobino, La boite à surprise, la Ribouldingue alors que les réseaux privés ne présentaient que des traductions de dessins animés américains. J’écoute les émissions comme Découvertes à la télé et Medium LargeLes Années-lumières, et les émissions littéraires (Plus on est de fous plus on lit) à la radio de Ici Radio-Canada.

Les valeurs humaines que cette culture m’a transmise ne sont pas celles des réseaux privés, lesquels existent avant tout pour enrichir leurs propriétaires. Les réseaux privés propagent une culture affaiblie, clinquante,  superficielle et remplie de préjugés. Préjugés dont les femmes et les amérindiens, entre autres, font les frais. Ces réseaux privés n’ont pas de mot assez durs envers les sans-abris et les chômeurs. Ils polluent l’imaginaire avec des images choquantes qui empêchent de réfléchir.

Un réseau public, financés par nous, reflète nos valeurs humaines: recherche de l’excellence, respect, amitié, entraide, compassion. Ce réseau présente une analyse de l’actualité basée sur des faits et non des opinions. Cette information de qualité nous aide à relever des défis actuels, dont celui de vivre dans une société diversifiée, et de survivre sur une planète menacée par nos excès.

(Excès qui semblent « excellents » pour ce que vous appelez « l’économie », calquée sur la loi de la jungle.)

Par vos propos, il est clair que l’argent est plus important pour vous que les Canadiens  et la culture. Pour obtenir un résultat valable, il faut des efforts, du temps. La culture est une graine d’arbre qu’il faut l’arroser, lui offrir un sol fertile, l’entretenir.  L’arbre ne poussera pas en deux mois, même avec des engrais survoltés. Pour qu’on puisse goûter ses fruits et son ombre, cela demande du labeur et des années.

Il faut de la patience pour récolter de belles pommes!

Vous vous dites conservateur. Mais que voulez-vous conserver au juste? L’ignorance? La superstition? Le fossé entre riches et pauvres? Un monde de réseaux uniquement lucratifs érigera des barrières de plus en plus hautes.

Moi, je veux conserver les bonnes choses, celles qui construisent des ponts entre les gens.

Au fait, Monsieur le sénateur, que diriez-vous qu’on coupe votre salaire de 10% cette année, puis d’un autre 10 %  l’an prochain? Seriez-vous prêt à occuper votre exigeant poste de façon bénévole?


Pire que le bruit de bottes, le silence des pantoufles… a dit un écrivain.  En bottes, en running shoes, en sandales ou en pantoufles, appuyez  notre seul diffuseur public!

3 réponses à “Couper 10% d’un arbre…

  1. Ouaip…

    Je n’ai jamais digéré le retrait de l’émission « les beaux dimanches » des ondes pour la remplacer par un « talk-show ». Malgré le respect que je dois à l’animateur (ex RBO et co-vedette d’Un gars, une fille), je ne regarde pas TLMP. Infoman et Découverte reste ce qui se fait de mieux à la SRC.

    « Les beaux dimanches » signifiait l’école le lendemain😦 mais c’était aussi une fenêtre ouverte sur la culture avec un grand C. C’était aussi important pour moi que Bobino, Sol et Gobelet.

  2. Qui se souvient de son animateur Henri Bergeron, à la diction si claire?

  3. A reblogué ceci sur Savante folleet a ajouté:

    Parce que mon excellent père n’aurait pas aimé qu’on laisse l’obscurantisme gagner en restant les bras croisés. Il défendrait Radio Canada avec vigueur!

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