Grandeurs et misères de la table de dédicace – 25

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Ce gag portait le no 25 dans la série originale.

Le cousin fut inspiré par deux confrères il y a longtemps. Deux confrères m’avaient prise à part sur le sujet de la nudité (uniquement féminine bien sûr!) dans les BD. Et c’étaient deux originaires de l’Hexagone, ce vieux pays mythique où les femmes étaient selon eux, plus « libérées », i.e.: moins prudes, sans complexes, etc… que les québécoises. À cette époque, je dessinais mes persos féminins plutôt « maigres » côté rondeurs. 

L’un d’eux m’avait ouvertement prise à partie dans le journal étudiant avec un dessin (message: les filles sans complexe n’ont pas honte de montrer leur beau corps et honniE soit qui mal y pense). Auquel j’ai répondu par un dessin de mon cru le semaine suivante, soulignant l’hypocrisie et le double standard de mes braves cousins français (message: la fille est libre de se dénuder… surtout quand c’est eux qui la dessinent!) La chute est imaginée, quoique le fanzine MensuHell a déjà publié une photo de gars tout nu à un moment donné (du temps où c’était encore subversif).

La représentation étriquée des persos féminins réduits à des clichés sans substance m’a tapé sur les nerfs depuis l’adolescence, tant dans les BD d’humour (Tif et Tondu, Spirou & Fantasio, etc.) que dans les aventures réalistes comme les Bob Morane, XIII…

C’est là une chose qui s’est améliorée avec le temps, car même Natacha qui était un personnages avant tout en courbes, a gagné de la profondeur et de l’humanité. Nos confrères de l’Hexagone nous montrent plus de sensibilité, et je salue ici Boulet qui a fait l’expérience de se faire insulter en tant que fille (il utilise un pseudonyme féminin dans une de ses séries!)

L’évolution de Laureline dans  Valérian, agent spatio-temporel (La série s’appelle maintenant Valérian et Laureline) est flagrante entre le 4e et le 6e album. C’est un de mes persos favoris, avec son caractère . D’excellentes séries nous arrivent avec des héros et héroïnes beaucoup plus étoffés, auxquels on s’attache.

Une observation: chaque dessinateur-trice s’attache à ses personnages, même ceux entrepris comme un projet d’humour léger. Le caricatural Nombrils (Delaf au dessin, Dubuc au clavier) nous révèle des personnages hauts en couleurs auxquels on s’attache. Karine, Jenny et la plus « rich-bitch » ont évolué entre le premier et le 6e album. Je pense aussi à la poésie de Tamara (le blog ici). ET à mes Otaku Ladies, au départ de simples faire-valoir dans La plume japonaise!

Comme je lis beaucoup de BD sur le net, je peux aussi voir comment des créations mentales prennent de la substance, s’incarnent pour nous suivre à travers nos journées.

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