Grandeurs et misères de la table de dédicace – 3

Pendant un salon du livre, les auteurs rêvent…

La gloire frappe enfin à la porte de l'auteure

Cette anecdote est vraiment arrivée, mais c’était avec une journaliste de la radio et non de la TV.  J’avais fait connaissance avec Moebius peu avant, et j’ai mis son nom dans le gag.

La gloâââre est une chose fort capricieuse qui n’a aucun rapport avec la somme des efforts déployés. Je l’observe à tous les salons du livre, méditant devant les files de fans des vedettes…

Un auteur peut se casser la tête et rédiger une oeuvre profonde, y mettant tout son coeur, et des milliers de corrections, et personne ne remarquera. (Ce fut le cas de Pianissimo qui est passé complètement dans le beurre à sa sortie en 1997.) Puis, le ou la même peut pondre un travail sur commande, ou dans un autre domaine qui exige moins d’efforts, un oeuvre « pop-corn » mais qui touchera un public qui à ce moment-là recherchait du pop-corn divertissant.

Les médias s’en mêlent, et par un effet boule de neige, attirent d’autres médias… Et là, arrive un curieux effet pervers: une fois le statut de best-seller atteint, personne n’ose critiquer l’auteur de pop-corn désormais célèbre.

Si vous élevez la voix, les chiens de garde de la vedette vont examiner à la loupe votre pertinence sociale. Si vos oeuvres ne sont pas aussi populaires, l’affaire est claire:  jalousie d’artiste raté! Le darwinisme social veut que si vous ne faites pas fortune, c’est sans doute que votre travail n’a pas de valeur!

Et en ces temps de loi  C-32 qui dévalorise le travail des artistes en consacrant le darwinisme social de survie des plus riches, on n’est pas sorti du bois! Pour la version sérieuse officielle sanctifiée, c’est ici.

La BD représente le rêve éveillé de bien des auteurs: un média qui ferait connaître notre travail à un large public…  Ceci dit, je compatis avec les journalistes qui doivent attirer des lecteurs ou garder les cotes d’écoute,  et qui n’ont que peu de latitude pour parler de parfaits inconnus.

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3 réponses à “Grandeurs et misères de la table de dédicace – 3

  1. Je me souviens quand Pianissimo est sortit, j’avais lu un article de journal dessus. C’est comme ça que je t’ai connu. Et ça m’a encouragé: Une fille, canadienne, scientifique, qui fait de la bd. Et je me suis dit autre chose aussi: ces gens qui sont des artistes célèbres sont des êtres humains, comme moi. Alors pourquoi pas moi? Avec beaucoup beaucoup de travail, tout est possible, non? J’y crois encore. Ah! Suis-je naïve!
    Ton travail est superbe et je suis une fan 🙂

  2. Merci Adeline,

    ça fait chaud au coeur d’avoir des fans!

    Je devrais composer une chanson sur les fans pour dire à quel point ils rendent la vie plus facile pour un artiste! Ou une pièce de piano (non, ca c’est Zviane! )

    Si jamais tu retrouves cet article de journal, ou que tu t’en souviens du titre du journal, dis-moi le (sinon, c’était peut être le Polyscope?)

  3. Pingback: Grandeurs et misères de la table de dédicace – 10 | Savante folle

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