Comme une entreprise privée…

Vous embauchez deux employés dans votre entreprise. Au bout d’un temps X, il est clair que l’un d’eux fournit moins d’heures de travail que l’autre, n’est pas toujours disponible pour des heures supplémentaires, ne participe aux activités sociales de l’entreprise, etc.

En bon patron, vous approchez cet employé peu performant. Au cours de la conversation qui suit, vous apprenez que: cet employé a un enfant atteint du syndrome de Down, qui demande beaucoup de soins et de présence parentale. Cet employé ne peut donc donner plus de temps à votre entreprise.

QUE FAITES-VOUS?

A- Vous congédiez cet employé peu rentable (ce qui est le plus souvent observé). C’est la solution logique si les candidats soutiennent que le gouvernement doit se gérer _exactement_ comme une entreprise privée… Et puis, on prone l’individualisme après tout!

B- Pour faire bonne figure, vous ne congédiez pas cet employé immédiatement, mais vous vous arrangez, en modifiant les tâches, pour que l’employé ait tant de difficulté à concilier travail-famille qu’il démissionne de lui-même. Vous pensez ue c’est au gouvernement d’offrir plus de soutien aux familles avec enfant handicapé, etc. Mais alors, il faut reconnaitre du coup que le gouvernement n’a PAS les mêmes objectifs qu’une entreprise privée.

C- Vous gardez cet employé en faisant des aménagements, sans RIEN demander au gouvernement en retour. Et les profits baissent un peu. Ça c’est aussi un choix conséquent, puisque le gouvernement, s’il se gère comme une entreprise privée, n’aidera pas le familles. Pas rentable, cela.

J’écoutais les candidats à la direction de l’ADQ débattre à la radio, et tous  mentionnent que le gouvernement doit se gérer comme une entreprise privée…  Ce qui m’a donné l’idée du cas de conscience ci-haut. Lesquels des candidats choisira la solution A, la B, ou la C ?

Je ne crois pas que la comparaison à l’entreprise privée  doive être poussée aussi loin, ni que Gilles Taillon, Éric Caire et Christian Lévesque soient assez bêtes pour recourir eux-mêmes à la solution A ou B.

Il faut admettre que les objectifs d’un gouvernement et ceux d’une entreprise NE sont PAS les mêmes.  Le gouvernement doit protéger, avec une gestion aussi efficace que possible, la vie et le bien-être des citoyens. Et, en plus, un gouvernement doit protéger le bien commun, par exemple l’eau potable, la biodiversité… Pour conserver un milieu de vie accueillant. L’entreprise privée, elle, ne va pas toujours réparer les pots cassés, considérés comme des externalités.

Une solution D serait de prendre la solution C, et d’y ajouter une aide appropriée d’un gouvernement.

Dans une société conviviale, on peut encourager les qualités « capitalistes » d’individualité, de liberté, de responsabilité et de débrouillardise*, mais dosées avec la solidarité et la compassion. Il existe plus qu’un modèle unique de réussite sociale… et même le modèle de réussite matérielle est soutenu par le travail-fantôme ,  le travail invisible de millions de personnes.

* Telles que décrites dans l’autobiographie de Margaret Thatcher, Path to Power. Le mot « Thrift » veut dire  sens de l’économie (j’ai tendance à préférer « débrouillardise »).

Une réponse à “Comme une entreprise privée…

  1. Pingback: Le pouding conservateur | Savante folle

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