Le ghetto de…

Quand j’étais ado, j’ai pleuré à chaudes larmes en écoutant la série « Holocaust« , qui racontait à travers une famille juive la montée des exactions du pouvoir nazi.

La population allemande, qui se relevait à l’époque d’une grave crise économique, a absorbé comme une éponge les préjugés et les ragots colportés par le 3e Reich. Ce pouvoir a toléré et encouragé des pratiques de harcèlement.  Enfin, on a chassé les familles juives de leur maisons pour les forcer à habiter dans le ghetto de Varsovie. Le ghetto, était un secteur complètement fermé dont les accès, l’alimentation en eau et provisions sont contrôlés de l’extérieur.  Avant même les camps de la mort, des milliers de réfugiés juifs y sont morts de malnutrition.

Notre maison à Mississauga
Ça c’est un portrait de ma maison. Bien chauffée, de bonnes conditions de vie, le miracle quotidien de l’eau courante et de l’électricité. Plus bas, voir la même maison si on restait à Gaza…

Je ne peux pas rester silencieuse devant l’attaque contre le territoire de Gaza, déjà étouffé depuis 18 mois pour avoir commis le crime d’élire démocratiquement un gouvernement du Hamas en 2006. Que le Hamas soit hyper-religieux ou rétrograde concernant les droits des femmes, il a été élu. (Parlant de mentalité rétrograde, on a bien élu les conservateurs au Canada.)

Au lieu de respecter la volonté populaire, les autorités israéliennes ont tout fait pour la casser, allant jusqu’à fermer les frontières et couper les vivres. Après, ils s’étonnent que les Palestiniens soient en colère… et que les plus extrémistes lancent des roquettes artisanales sur les colonies juives!

Les horreurs nazies ont motivé la création de l’état d’Israël, en 1948. Sauf qu’on n’a pas consulté les arabes qui vivaient sur ces terrains. Les a-t-on seulement compensés en les chassant de leurs terres et en rasant leurs villages? La réponse est dans l’histoire. Je recommande la BD Palestine par Joe Sacco pour se faire une idée en images des conditions de vie dans la bande de Gaza. Imaginer vivre des jours en ligne sans électricité, sans eau, sans soins médicaux…

Notre maison si elle se trouvait à Gaza

Ça c’est la même maison si elle se trouvait sur la bande de Gaza. Oubliez l’hygiène, l’eau chaude, l’électricité. Je serais de mauvaise humeur aussi…
Pourquoi bombarde-t-on un million de civils affamés répartis entre quelques villages? Pour la plus ancienne des raisons: la peur. Les Arabes nous détestent, donc on peut se défendre. La BD Palestine de Sacco montre aussi le point de vue des israéliens qui vivent dans la crainte.

Ma spécialité étant la gestion de l’eau potable, je recommande ce site qui explique la distribution différentielle de l’eau entre les colonies et les Palestininens entassés à 1,5 millions dans un territoire plus petit que l’île de Montréal, à moitié désertifié, et sans aucun édifice en hauteur, ce qui fait que les gens sont vraiment plus tassés qu’à Montréal. L’industrie des colonies israéliennes en Cisjordanie est à l’origine de graves détériorations de l’état des nappes phréatiques, et de pollutions du sol.

Avec un environnement aussi démoli, avec les perspectives d’avenir bouchées, on s’étonne que les jeunes Palestiniens soient en maudit.

Le 4 novembre dernier, malgré un cessez-le-feu que le Hamas avait respecté, une attaque aérienne tue 4 palestiniens soupçonnés d’appartenir au Hamas. Ceux-ci ont répliqué par la bouche de leurs canons portables. Réaction des dirigeants israéliens: on ne va pas tolérer ces barbares qui tirent des roquettes sur notre population! (Mais vous attendiez quoi ? Que les militants du Hamas s’assoient en rond en chantant Kumbaya, ou qu’ils se promènent avec une grosse cible dessinée dans le dos en disant merci?)

Et voici notre maison si elle était dans une colonie. La peur est aussi au rendez-vous, car même si les roquettes artisanales sont plus souvent interceptées, personne ne peut avoir la certitude que sa maison sera épargnée!

Notre maison si elle était dans une colonie

 

Je propose une solution radicale: on garde Israël, mais on confère la pleine citoyenneté israélienne à TOUS les habitants de Gaza et des territoires occupés. La pleine citoyenneté, ca veut dire plus de barrières, les même droits et libertés, les mêmes conditions de vie avec des bonnes infrastructures pour tous.
On peut créer un nouvel état, en incluant tout le monde, avec liberté de religion et représentation proportionnelle au Parlement.

Oh oui, ça va brasser la cabane! Rien que choisir le nouveau nom du pays va garantir des mois de plaisir:

Palesraël?
Isralestine?

Pour en savoir plus:
Le site Infos-Palestine (les textes ont diverses provenances et certains ne ménagent pas l’État israélien, tandis que d’autres appellent à la réconciliation. )
Un site du gouvernement israélien (eux ne ménagent pas les « terroristes »)
Le site PAJU: palestiniens et juifs unis pour la paix (Aaaaah! Ça fait du bien juste de lire ce nom.)

4 réponses à “Le ghetto de…

  1. Un dessin vaut parfois mille mots.
    Entendu ce matin à Radio-Canada:les bombes au phosphore employées par l’armée israélienne transforment les victimes en torches vivantes. Un beau cas pour le Tribunal Pénal International! Les populations civiles sont toujours les victimes de l’extrémisme des dirigeants. Dans ce cas la réaction de l’état hébreux est disproportionné. Ils profitent du vide crée par la transition présidentielle américaine. A quel moment la communauté internationale prendra-t-elle les moyens nécessaires pour imposer à toutes les parties une négociation équitable?

  2. On est soulagé que ces bombardements se soit arrêtés et que les secours aient pu être acheminés.

    Hélas, le résultat des élections israéliennes ne présage rien de bon pour la paix en Palestine.

    Quand on pense que la moitié de la population de la bande de Gaza (1,5 millions d’habitants) ont moins de 15 ans, que ces enfants sont constamment anxieux, déprimés et souffrent de malnutrition, les extrémistes vont avoir tout un terreau pour puiser des recrues.

  3. A reblogué ceci sur Savante folleet a ajouté:

    C’est dommage qu’il me faut de re-bloguer cet article écrit en janvier 2009 et de n’avoir, sur le fond, rien à changer.

  4. C’est tragique en effet de voir que le temps passe mais que les choses restent en l’état. Une image vaut un long discours et ça se vérifie dans ce billet.

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