Un doux bruissement de pages…

Ce doux bruissement est celui de mon 19e ou 20e roman, Le secret de Paloma, qui va prendre son envol.

(19 ou 20, ça dépend comment je choisis de les compter. J’en ai deux qui ont passé par deux éditeurs différents, et un de ces textes a beaucoup changé, pas l’autre. Et j’ai inclus un recueil de nouvelles. )

La terrible question qui gruge la jeune Alouette, dont la meilleure amie est partie à jamais…

Survivre dans un monde hostile

Dans cette image, se retrouve la fragilité de la vie, dans une vallée où il faut déployer efforts et énergie pour faire pousser les récoltes, et où la technologie est allouée au compte gouttes.

Quand le soir tombe, la pression de l’air sur la planète chute drastiquement, comme si vous passiez du niveau de la mer au sommet du mont Everest en quelques minutes.

À la suite d’une catastrophe, la vie confortable des pionniers a basculé dans une survie ardue, sous un abri construit contre le mur d’assise, et fermé par un Rideau hermétique. Les ressources limitées forcent à économiser l’usage des technologies avancées et à partager les corvées. Il faut aller chercher l’eau dans des collecteurs situés en hauteur, dont les ailes noires font penser à des corneilles.

L’adversité frappe durement la population adulte où les suicides ne sont pas rares. Parce que sur Sérail, il suffit de partir et de ne plus revenir le soir venu.

Or, les jeunes étouffent dans cette microsociété, située sur un monde où eux n’ont pas choisi de s’établir. Des conflits éclatent, mettant en péril la cohésion du petit groupe qui habite le Théâtre.

Un extrait

Chapitre 1
Une perle dans le désert

Les nuages indifférents s’effilochaient sans hâte
dans l’orange pâle du ciel, un vif contraste avec le
vent qui fouettait la crête sur laquelle j’avais pris
pied. Les grains de sable qui frappaient la visière
de mon casque produisaient un crépitement sec,
comme un signal radio parasité.
Encore essoufflée par mon escalade, je scrutais
l’étendue du désert.
Les dunes se nouaient et se dénouaient, leurs
crêtes dorées sculptées par le vent. Elles formaient
un grand bassin de sable cerné par les flancs
crevassés de montagnes en perpétuelle dispute.
Celles-ci, âpres et dures comme la vie, se
tordaient comme pour s’élever plus haut, toujours
plus haut, une dispute géologique commencée
des éons plus tôt, sous la poussée des forces tectoniques
qui modelaient notre monde.
Ce paysage désertique rendait Paloma facile
à repérer : une petite perle violette reposant au
creux d’une immense cuillerée de sable blond.

L’Alouette au désert

Désert physique, depuis que la sécheresse s’est installée; désert moral et affectif des survivants. Alouette devra affronter les deux formes de désert pour trouver un sens à sa vie sans Paloma.

Lancement en ligne

Dans les conditions imposées par la pandémie, les éditions David organisent un lancement en ligne. Il n’y aura pas de table de dédicaces, de gâteau ou de liqueurs, hélas. Et encore moins de chocolat (que j’adore riche en cacao), mais votre présence réchauffera l’ambiance!

Le lancement du Secret de Paloma aura lieu en ligne, mercredi le 19 mai 2021, à 18h. Contact, Véronique Sylvain (voir le courriel/téléphone sur le carton) pour obtenir votre mot de passe. Il n’y a pas de limites géographiques!

Carton d'invitation
Carton d’invitation

Voici le carton d’invitation (regardez pas trop longtemps ma binette, c’est une nouvelle photo d’auteure sans ma casquette!) pour pouvoir vous joindre en ligne le moment venu. J’y lirai de extraits, et parlerai de mon inspiration pour écrire ce roman.

Contre la dévastation de la misère mentale, l’amitié et la confiance font renaître l’espoir, ce que je souhaite pour tous.

Le doux bruissement d’un contrat… (électronique!)

Michèle signe une copie d'un contrat sur sa table de bois.
Les contrat, comment on les signait, jadis…

Je cours beaucoup, ces temps-ci, et je signe beaucoup aussi. Ah, le doux bruissement du papier en signant un contrat. Ils sont désormais électroniques, mais l’un d’eux est spécial… et il fut signé à la date montrée sur l’illu.

Asimov’s a dit oui!

C’est le contrat (électronique) de ma nouvelle accepté pour le numéro Septembre-Octobre 2021 du magazine de SF Asimov’s ! La nouvelle du numéro d’automne d’Asimov’s est déjà montée, et sortira à la mi-août. Déjà, le numéro de Mars-avril annonçait la couleur !

C’est très spécial, car c’est la réalisation d’une promesse faite à mon père sur son lit d’hôpital en 2014, que je serais un jour publiée dans ce magazine de SF. Cette science fiction pleine de fusées de de robot à laquelle il m’avait initiée quand j’étais enfant…

Mais, entretemps…

Analog a dit oui aussi!

Et oui, deux semaines plus tôt, le magazine de science-fiction dure, dure, dure Analog a accepté une nouvelle bien juteuse intitulée Rare Earths Pineapple

Le contrat a été signé voici trois semaines, et la paie est rentrée aussitôt! Publication à venir.

Et OnSpec!

OnSpec, publié en Alberta, est une revue de SF canadienne publiée par des femmes fantastiques que je connais, Barb et Diane. C’est une belle victoire après presque 16 ans de soumissions qui passent de maladroites à potables, puis à meilleures, de paraître dans cette revue. Il aura fallu beaucoup de patience! Certaines années, j’avais manqué la tombée, arg!

J’adore et suis abonnée à On Spec, et je vous encourage à en faire autant! Les nouvelles y sont courtes, de plusieurs saveurs, et pas ennuyeuses du tout. Voici le lien pour vous abonner: https://onspecmag.wpcomstaging.com/subscribe/

Un triplé

Avec l’acceptation par le magazine On Spec, je me sens comme le cheval Secretariat avec un triplé de magazines très difficiles d’accès! Surtout après un an de défi d’écrire une nouvelle par semaine pour 52 semaines ! J’y reviendrai dans une prochaine chronique.

Et Solaris 218!

Je pourrais parler d’un « quadruplé » avec Solaris, un magazine francophone, mais ma première publication dans ce magazine date de 2002… Si on excepte des Bd publiées bien avant!

Tout frais des presses!

Et dans des Galaxies éloignées

Une nouvelle, en français, est en révision pour le numéro 72 de Galaxies, Sexe et genre en SF.

Il s’agit d’une incursion dans mon univers des Voyages du Jules-Verne, longtemps avant…

Ça fait beaucoup de nouvelles à annoncer d’un coup. Mais songez que les refus ont été pas mal nombreux aussi. D’un coup, on dirait que tout déboule, comme un barrage qui cède. Pas d’un coup, mais peu à peu.

Pour terminer, à nouveau, je vous demande de prendre soin de vous malgré la fatigue morale, et de garder à la fois vigilance et confiance!

Up! (Une étude de mobilité sociale)

Non, je ne parle pas du sympathique film de Pixar, mais d’un documentaire original sur la mobilité sociale réalisé au cours de 56 ans par monsieur Michael Apted. Celui-ci suivra, entre 1964 et 2019, 14 jeunes Anglais, de 7 à 63 ans, et les interviewant à chaque 7 ans.

Les cloches de Londres (Photo de Tommy Milanese sur Pexels.com )

Le mythe

Vous connaissez cette belle légende du petit Dick Whittington, pauvre orphelin qui partait de Londres après avoir confié son chat à un capitaine marchand? Alors qu’il gravissait une colline, il croit entendre les cloches de Londres le rappeler:

Dick Whittington, Dick Whittington
Trois fois Lord-maire de Londres
tu deviendras

Et il appert que son chat s’était rendu fort utile pendant le voyage, en chassant les souris d’une royaume. Le capitaine rapporta une fortune au petit Dick.

Dans la vraie vie, Richard Whittington n’était pas d’une famille pauvre, mais n’étant pas l’aîné, s’en vint à Londres pour travailler dans une mercerie. Peu à peu, il fit des bonnes affaires et deviendrait Lord-Maire de Londre non pas pour trois, mais quatre termes. Il reste un personnage intéressant, qui contribua à des oeuvres charitables, construisit un hôpital qui existe encore aujourd’hui, un abri pour les pauvres, des fontaines et des toilettes publiques (en 1400, ce n’était pas du tout évident!)

Cela reste quand même un exemple légendaire de mobilité sociale ascendante. Ce à quoi nous rêvons tous: améliorer nos conditions de vie. Et, si on devient relativement riche, améliorer celles des gens autour de nous comme le fit Whittington.

Donc, en travaillant fort, on devrait se hisser au-dessus de nos conditions de départ. Vrai?

La mobilité sociale étudiée sur 56 ans

Revenons au documentaire de Michael Apted.

Ça donne une série d’épisodes où tu vois 14 personnes (assez variées pour l’époque!) vieillir devant toi, depuis les enfants qui ont des rêves, les adolescents qui espèrent, les adultes qui vivent les mutations sociales et les crises économiques (la privatisation sous Thatcher dans les années 1980, l’effondrement de la bulle de 2008 (= ouch!) Il va sans dire qu’on perd deux ou trois jeunes en cours de route.

“By following these Britons for 56 years, Apted’s Up series shone a unique and sometimes devastating light on how people’s fates are decided as much by social attitudes and class as by their character or grit.” Alissa Quart, auteure de l’article.

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Un Salon virtuel à Toronto

Le salon du livre de Toronto vient de s’ouvrir en virtuel, et malgré les obstacles lié à la pandémie. Il se tiendra du 4 au 24 février.

J’ai déjà donné deux ateliers avec des classes d’élèves de 1-2e années, et ça faisait longtemps que je n’avais eu autant de plaisir à échanger avec des jeunes! Le sujet était lourd, le racisme, mais il y a moyen d’ouvrir des fenêtres vers de nouvelaux paysages en parler avec de fleurs!

L’ouverture du Salon a eu lieu ce soir, avec Valéry Vlad, président, Paul Savoie, directeur, Gabriel Osson, auteur et Frédéric Brisson, directeur du Regroupement des Editeurs Franco-Canadiens (REFC)

Consulter la chaine Youtube du Salon ici.

Ce soir (4 février, c’était Paul Savoie qui lisait des extraits de son recueil de poésie Ce matin. en compagnie de Anik Chalifour. Ecoutez Paul Savoie ici. La poésie, ça se lit, ça se partage!

Quant à moi, je tiens un blogue du salon qui traite de sujets divers!

Janvier

Janvier j’envie
les flocons
sans soucis

Janvier j’irais
voyager
dans ma tête

Janvier je veux
trop de choses
manque de temps

Janvier j’aimerais
voir danser
vent et neige

Janvier je vais
continuer
à marcher

Un sentier près de chez moi.

Ce poème improvisé a été inspiré par des flocons de neige qui tombaient, tout doucement, d’un ciel dégagé. Comme un beaume sur les coeurs douloureux.

Je souhaite de l’espace de marche et un répit pour tout le monde

Image

Ho-Ho-Ho!

Le Père Noël apporte des vaccins contre la covid-19
Cette année, le Père Noël s’est bien équipé!

Silence

Chandelle allumée, gracieuseté de Canva.com

En souvenir d’elles parties trop vite le 6 décembre 1989…

Particulièrment cette année, prenons soin les uns des autres pour faire reculer la détresse mentale.

Les mutations de la slush

Non, pas la slush qui nous rend la vie pénible en hiver! Je parle de la slush pile, cette pile de soumissions que les éditeurs de magazines s’infligent, ou infligent à leur première ligne de lecteurs bénévoles.

Avis aux francophones!

À l'assaut du marché anglophone!

Je vais surtout aborder le cas des nombreux magazines pro anglophones auxquels je m’efforce de contribuer. Les magazines francophones pro (=payants!) se comptent sur les doigts d’une main, à cause d’un bassin de population moindre.

J’ai connu la joie de voir des histoires publiées chez les pros et semi-pros francophones, (Solaris et Galaxies en tête, suivis de Brins d’Éternité et al.) mais ça m’a quand même pris près d’une dizaine d’années d’efforts et de mots pour me hisser à un niveau de qualité acceptable.

Maintenant, je déploie ces mêmes efforts pour escalader le marché anglophone.

Des magazines assiégés

La plupart des magazines sont comme des châteaux assiégés, encerclés par trois murs de défense.

Extrait de Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 86
Extrait de Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 86

Le premier mur est constitué par une équipe de premiers lecteur/trices qui départagent les textes qui ont du potentiel de la slush pile de texte mal écrits ou de clichés rebattus mille fois (image 1). Ce sont des écrivains ou bénévoles amateurs, qui pouvaient déterminer en quelques paragraphes si le texte se démarque ou pas. Un confrère productif arrivait même à prendre une décision en lisant le début de texte alors même qu’il le retirait de l’envelope! Si votre texte frappe le preier mur, vous recevez une lettre informelle (voir la caricature).

Si votre texte saute le premier mur, l’éditeur vous en informe par une requête (hold request). Votre texte passe en deuxième lecture. et sera confronté à d’autres candidatures. C’est le deuxième mur. Si ces autres histoires sont de meilleure qualité, ou sont plus au goût des éditeurs, une lettre/email de refus sera envoyée.

Si vous débutez, les premiers refus vous affecteront davantage… Mais on s’y fait!

Un refus de magazine de SF
L’auteure semble un peu démoralisée, mais un pot de crème glacée se trouve à portée de main…

Enfin, s’il convient, si un texte similaire n’a pas déjà été publié, votre soumission passe la troisième muraille et un contrat est proposé à l’auteur qui a des étoiles dans les yeux.

Mais ça prend du temps. À trois reprises, un magazine australien a passé mon texte candidat à travers trois murs, mais le dernier cercle de lecteurs les a refusé. Je n’ai pas encore publié chez eux. Et il reste que le style littéraire privilégié dans les pays anglophones diffère largement de celui aimé par les francophones. Les éditeurs américains vont préférer une histoire qui « punche » à une histoire même très bien écrite.

Les temps changent

Les temps changent... Tiré des Grandeurs et misères de la table de dédicaces.
Tiré des Grandeurs et misères de la table de dédicaces.
Notez que c’est ASIMOVs qu’il faut écrire (et non Asimov) pour parler de la revue.

Jadis, il y a très très longtemps, au temps des mammouths laineux et des modems 56 k, il était facile, à la première étape, de départager les écrivains. Les débutants produisaient des textes inégaux, souvent ennuyeux et bourrés de clichés mal digérés.

Les abus d’adverbes étaient déplorés ainsi que les « said-ism » (remplacer l’invisible « he-she said » par des mots expressifs, comme « At last! he ejaculated » n’est pas aussi bien accepté en anglais qu’en français) et une pléthore d’autres tournures malheureuses, sans parler d’intrigues non seulement boîteuses mais inexistantes.

La technologie et Antidote aident les gens à contourner les pires fÖtes d’orthograF. Les cours en ligne du genre «Vendez des millions de livres avec la méthode X » abondent et le niveau de compétence en écriture augmente aussi.

Et voici que le rédac-chef d’un magazine fait remarquer: les auteurs s’améliorent, ce qui rend la tâche des premiers lecteur/trices plus difficile.  Comme le dit Scot Noel, l’éditeur de DreamForge, un magazine de SFF en ligne :

« We’ve all heard of the “slush pile,” that collection of manuscripts from new and inexperienced writers that may hold gems but is largely represented by unreadable drivel.
Guess what? We didn’t see it. Today’s writers represent their craft well. The large majority of what we received was done with consideration, intelligence, and heart. (…) We quickly went from “I hope we find a publishable story in here somewhere,” to “Wow, how are we going to choose?”

A lire au complet ici dans Dream Forge magazine.

Le « problème de Mars »

Michèle en train de taper joyeusement à son clavier, convaincue d'avoir une super-idée!
(L’image de Mars est une gracieuseté de la NASA – Solar System Exploration)

Dans la suite, un an plus tard, le même éditeur refléchit à d’autres écueils comme le « problème de Mars ». De que c’est? Qu’est-ce que c’est?

Beaucoup d’écrivains pigent dans l’air du temps (la planète Mars après le film The Martian, les zombies avec vous savez quelle série, etc). Par exemple… quelle curieuse coïncidence de recevoir toutes ces bonnes histoires sur le thème de la pandémie!

Aussi, Scot Noel rappelle que les histoires doivent être variées. Supposons qu’un éditeur reçoive deux nouvelles sur la colonisation des astéroïdes (genre, comme la série TV The Expanse), il ou elle va répondre au deuxième auteur, ben désolé, trop tard! Et ce même si le texte arrivé en deuxième est meilleur, parce qu’ils ont dit oui au premier.

Une autre réalité, c’est que toute anthologie ou magazine va réserver un espace (exprimé en nombre de mots) pour une personne reconnue, à laquelle on aura commandé au préalable un texte. Ne râlez pas contre les « vedettes »! Car un nom reconnu va faire mousser les ventes, en plus de contribuer à faire découvrir de nouvelles voix! L’article de Scot Noel à lire ici.

J’ai observé le phénomène lors de ma participation aux Anthology workshops de WMG Publishing. Les auteurs sont tous des pros et très, très bons! Cela pose un défi aux lecteurs. Je me suis brûlé les yeux la première fois, en me tapant pas moins de 300 textes au complet… 

Quand des éditeurs pros bûchent ton texte en public
Le Anthology Workshop de 2016

La deuxième fois en 2019, j’ai fait plus attention mais je suis arrivée un peu juste avant cet atelier intensif et fort en émotions. Si vous avez l’intention de faire cette expérience, de voir votre texte buché en public par six éditeurs pros, allez voir le site du Anthology Workshop ) et assurez-vous que votre mois de février soit libre! C’est à Las Vegas en fin février ou début mars, donc il fait très chaud. En attendant que nous, les Canadiens on puisse y retourner…

Les vagues de soumissions

A quoi ressemble le quotidien d’une auteure de nouvelles de fiction? Ça donne ce genre de conversation au téléphone:

« Oui Maman, je viens d’envoyer un truc à Alfred Hitchcock, pis un autre à Asimov’s…
Pis Ellery Queen a dit non et Crime Wave n’a pas répondu après deux ans… »

J’écris dans plusieurs genres, science-fiction, fantasy, mystère/policier, qui incluent du steampunk et de l’inclassable. Avant 2014, j’avais environ six nouvelles en circulation, mais depuis, j’en ai écrit davantage.

Je me suis donc contruit des tableaux Excel simples pour suivre les vagues de soumissions. J’ai commencé en 2015.

Voici celui de tableau en Juillet 2019 :

Il y a beaucoup d’espaces blancs, car chaque magazine a ses exigences. L’un veut des nouvelles en bas de 6000 mots, l’autre accepte jusqu’à 10k et même, dans un cas, 22 k (!), et les genres, les thèmes de prédilection varient avec les éditeurs. Donc certaines cases ne seront jamais remplies.

J’ai un code de couleurs pour les genres. Carrés jaunes: textes soumis (ils travaillent!) Carrés bleus: textes en attente d’être soumis (le magazine n’accepte pas les soumissions multiples) En rouge, tout ce qui est passé dans une slush pile anglophone et refusé. C’est le triste sort de mes prenières nouvelles écrites. Quand un texte est publié, c’est en vert!

Mes textes en français se trouvent en bas à droite, et en vert: ils ont presque tous été publiés quelque part, donc la dynamique est différente.

Pour comparaison, voici le tableau de 2020:

Tableau des soumissions en octobre 2020

Tableau des soumissions en octobre 2020 – presque 60 nouvelles dans la course! Les nouvelles en français figurent maintenant sur un tableau séparé. 

Et, oh oui, trois acceptations que j’ai laissées dans le tableau pour me donner du courage! (Les autres ont été placées ailleurs.)

Tout cela pour dire que ça prend de la persévérance et de l’amour de raconter des histoires pour y arriver!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 102

Finir un beau livre, encore toute remuée par l’histoire… et apprendre que son autrice est décédée. Ça m’est arrivé, et ça a dû vous arriver plus d’une fois.  Quand c’est un-e auteur classique, on s’y attend, mais ça fait de la peine quand même.

Pas encore remise de la perte d’Ursula K LeGuin en janvier 2018. Mais quand c’est parmi nos contemporains… ça fait un choc.

L’auteure, c’est Ann C. Crispin, qui nous a malheureusement quittés en 2013. Fait que j’apprends par le truchement de Wikipédia après avoir fini de lire un roman qui date de 1994.  Snif.

En ces temps pénibles, j’ai besoin de lectures de réconfort, ce que m’apportent les univers Star Trek. Sarek est un récit en finesse, action et réflexion, (avec une touche de Pon Farr) qui enrichit l’univers de la série originale. On y rencontre Amanda en profondeur, et on découvre son histoire d’amour avec Sarek.

Comme pour Vulcan Heart, par le duo Josepha Herman (elle ausi partie) et Susan Shwartz, la lecture me laisse la forte impression que notre humanité malade de complotistes, groupes haineux, anti-vaccins et antisciences aurait bien besoin des Vulcains (et aussi des Bene Gesserit, mais c’est un autre univers). Rien que le contrôle des émotions et la philosophie aplanirait bien des différends, en plus de nettoyer des préjugés (Est-ce logique de mépriser les gens à peau foncé?)

Le seul défaut de ce livre, hélas, c’est qu’on ne peut plus remercier son auteure…

La chose vous est-elle arrivée?

Au moins on peut se consoler en pensant qu’Ann et tous les autres auteurs partis compter les étoiles laissent derrière eux et elles une trainée brillante de livres, comme une Voie Lactée! 

250 k

Cet escargot est une gracieuseté de Shutterstock, parce mes photos ne sont pas terribles!

Écrire vite ou lentement?

Lièvre ou tortue? La question divise.

J’ai passé le cap du 250 000 mots avant-hier le 30 juillet. L’an dernier, j’avais dépassé 300 k fin décembre; l’année 2018, j’avais atteint 200 000 mots, la part du lion revenant à un gros roman steampunk de 117 k (qui a une couverture, mais pas encore passé par la révision). Comme je veus faire une trilogie, l’univers exige un peu de construction. C’est bien plus long bâtir une culture riche que de vérifier la science!

J’écris: des romans, des nouvelles, des articles de blog (mais moins qu’avant) en parallèle plutôt qu’en série. J’adore écrire vite des histoires prenantes. Je repasse dessus pour enlever les grosses fÔtes, vérifier les détails de type chandail rouge/chandail vert (et la science dans le cas des mes space opéras), et ajouter un détail ici et là.

Battre le tapis, mais pas trop!

Je fais trois p’tits tours et puis je laisse l’oiseau s’envoler. Et, oui, ça peut être tentant d’ouvrir la porte de la cage pour nettoyer des détails, mais grâce à la très prolifique Kristine Kathryn Rusch, j’ai fini par comprendre que la perfection n’existe pas. Il faut y tendre, mais pas trop battre le texte comme un tapis. Ça enlève certes un peu de poussière, mais trop le malmener va amoindrir son impact, sa fraîcheur. Comme une bouchée mâchée trop longtemps…

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Solaris 215

Voici ma dernière parution, l’été dernier, arrivée à temps pour ma fête. Le titre: Dernières vacances de la femme-termite, dans le magazine Solaris 215. Une histoire qui va vous gruger longtemps par en-dedans!

Ceci complète mes parutions anglophones Cousin Entropy, à Future SF Digest et Ganymede’s Lamps, at Luna Station Quarterly. Vous êtes chanceux, venez goûter à ma fiction!

Et si vous aimez, laissez un petit obole aux éditeurs et éditrices! Les temps sont durs et ils en ont bien besoin!

Nos habitudes systémiques

Quelqu’un a dit « systémique »? Cachez ce mot que je ne saurais voir!

Comme pour le sexisme systémique, le racisme systémique est nié avec force, comme si admettre l’existence d’un problème fragilisait les gens qui ne vivent pas avec. Comme si toutes les actes de racisme, de haine envers les noirs, ou les Premières Nations, provenaient seulement d’une pomme pourrie qui contaminerait les autres (plutôt efficace, cette contagion!)

Les voix qui protestent le plus fort que le racisme systémique n’existe pas proviennent de gens qui ne vivent pas quotidiennement cette oppression. À tous ces discours qui dénoncent une « victimisation » par un problème qui n’existerait pas, je réponds:

« Occupez-vous donc de vos oignons! »
 
Si le problème n’existe pas sur votre radar, tant mieux pour vous! Pas besoin de manifester en criant que vous faites pitié!

Restez les bras croisés et laissez les autres aux prises avec de sérieux problèmes travailler à les résoudre. Mais non, on dirait que c’est plus important de se sentir immaculé et sans blâme que d’admettre l’existence d’une situation d’injustice.
 

Allergiques au mot « systémique »?

J’ai un truc pour vous: lâchez le mot « systémique » et remplacez-le par le mot « habituel ».

C’est la somme de nos petites mesquineries, de nos habitudes, qui s’incrustent dans le quotidien, qui se cimentent dans des institutions… et des systèmes! Ce sont nos habitudes de pensées, nos réflexes, nos jugements et nos commentaires sur Internet qui s’empilent et se reflètent dans l’application des lois.

Le racisme systémique a des effets très, très concrets: se faire tuer/blesser par
la police, être ignoré-e, subir du harcèlement, se faire « white-splainer » son problème… Se faire arrêter pour des riens, se faire mettre en joue (« FREEZE! » avec le klik-klik du cran de sûreté, ça fait peur en si-vous-plaît quand ça vous arrive.)*

Si le mot « systémique » vous fait si peur, remplacez-le par « habituel ». Ce sont
nos habitudes mentales qui érigent des murs…

Je propose cet article en anglais, qui explique très bien ce qu’est un racisme intégré dans un système, aux EU. “Why has incarcerating black Americans been so lucrative since the moment the Civil War ended?” (Oui c’est un statut FB, mais avec des références historiques.) Et concernant le crime de, simplement, être pauvre, cet article du magazine Forbes qu’on ne peut pas accuser d’excès de conscience sociale: “Poor Americans can spend weeks or months in jail simply because they can’t afford to pay the price of a fee, fine, or bond.”

( Pour donner un exemple concret de sexisme systémique : regardez les gens au pouvoir en Chine, ou en Russie, ou aux USA… Ou, mieux encore, allez compter les commentaires sous les articles du Devoir quand ces articles concernent les femmes ou les noirs. Que des hommes, et qui en ont trrrrès long à dire! C’est une écrasante majorité pour les rares femmes qui osent intervenir. On voit tout de suite une inégalité systématique… dans le temps libre dont on dispose! )
 

La tache de ketchup sur la cravate

 Si je dis: « t’as une tache de ketchup sur la cravate » ça ne veut pas dire que je n’aime pas les cravates! Il faut juste nettoyer la tache.

Si tu veux garder la tache, ou en montrer de la fierté, ou jouer les martyrs de la sainte cravate, c’est UN choix. Le choix d’ignorer la tache, de vous proclamer sans blâme, c’est celui d’ignorer les ennuis, le harcèlement que d’autres subissent pour le péché d’être différent de vous. Pour eux et elles, ce n’est plus du ketchup qui coule mais du sang, et de la confiance, une goutte à la fois.

Ça vaut pour le sexisme et les réflexes anti LGBT+. Les choix de sexe (aujourd’hui on peut changer!), de genre (on peut être non-binaire!) ou d’orientation sexuelle (ou non, on peut même être chaste!) sont comme des manteaux de différentes couleurs.

Sous le manteau, il y a des personnes, qui cherchent le bonheur autant que toi.

*

Pendant ce temps…

Les carpes asiatiques arrivent! Les carpes asiatiques arrivent!


Et pendant ce temps, les problèmes environnementaux ne laissent pas de répit.
Comme décrite dans mon roman Le projet Ithuriel de 2012, les carpes asiatiques poursuivent leur avance dans nos eaux, et tassent les espèces indigènes de la même façon que les arrivants blancs ont jadis « tassé » les nations autochtones. Les Premières Nations qu’on connait si mal. Cette méconnaissance favorise leur oppression systématisée, les violences envers les femmes autochtones qui laissent indifférent ceux qui siègent au sommet de la pyramide sociale.  Tiens, encore du systémique…

Il y a aussi des gens dans cette histoire d’anticipation sociale…

* Arrivé à yours truly autour de 1984. Debout sur le balcon de mes parents en soirée, braquée par trois agents. Il a fallu que je lève les mains très len-te-ment, et que j’explique que c’est moi qui les avais appelés pour un vol survenu chez des voisins (la vitre cassée, entrée par effraction très claire). Il faisait sombre. Je continue de penser que si j’avais eu la peau noire, je ne serais p’tête pas ici pour en parler…