La SF laframboisienne arrive dans Asimov’s

Aujourd’hui, une promesse faite à mon bon papa en 2014 se réalise, enfin!

Wou-hoou!

C’est le cri de triomphe qui sort de ma bouche après 16 ans de patientes soumissions et de refus des deux grandes revues de SF anglophones, Asimov’s et Analog. Le numéro d’automne de Asimov’s avec ma nouvelle humoristique Shooting at Warner’s Bay, sort aujourd’hui en kiosque !  

Caché dans ce numéro, ma nouvelle!

Ne cherchez pas mon nom sur la couverture car il y a autour de 20 (!) auteurs par numéro double d’Asimov’s, sinon plus, et plusieurs sont mieux connus.

Ainsi, je partage ces pages avec des luminaires comme Greg Egan qui ne lésine pas sur les maths avancées, et Elisabeth Bear, dont j’ai savouré des romans, et plusieurs autres auteurs que je vais découvrir. 

Courez acheter le magazine en kiosque, ou la commander à Dell Publishing, ou en version électronique! Et ayez une pensée pour mon bon papa à qui j’avais promis en 2015, au pied de son lit d’hôpital, de publier une histoire dans le magazine qu’il lisait.

La petite histoire

J’ai terminé ce texte le soir de l’Halloween 2019, habillée en pirate des Caraïbes parce que c’est moi qui recevais les jeunes à la porte. Je portais trois livres de bijoux pis de cossins qui pendant après mes ceintures. C’était amusant pour taper à l’ordi entre deux Trick or Treats (on reste en Ontario)!

J’ai soumis le texte à Asimov’s à la fin de 2019 (quand on ne se doutait de rien encore) et j’ai reçu une réponse pendant le salon du livre de l’Outaouais de 2020 en février. Sheila Williams s’est dite enchantée de publier le texte, mais il y a un hic: le numéro de septembre-octobre 2020 était déjà monté. Pourrais-je attendre neuf mois avant de signer, pour placer le texte dans le numéro de 2021?

Je me suis dit que mieux vaut tard que jamais et j’ai répondu VOUI !

Le contrat a été signé en novembre dernier et le montage s’est fait rapidement. Entre-temps, on m’a aussi demandé de participer au blog de la revue, ce que j’ai accepté avec plaisir, surtout que ce sera une BD!

Une bonne nouvelle ne vient pas seule

Le secret de Paloma a fait la sélection de 2021 de Communication-Jeunesse pour la catégorie 12-17 ans. Ça fait , très très longtemps que je n’avais eu un livre choisi pour cette sélection, car mes space-opéras n’étaient pas toujours faciles à suivre, sans compter que la science fiction en rebute plus d’un. Même mon roman gagnant du Prix Aurora et finaliste aux prix du gouverneur général en 2009, Les Vents de Tammerlan, ne s’étaient pas qualifiés.

Mais je suis contente parce que c’est une histoire qui apporte de l’espoir dans des situations difficiles, et qui aborde de plein pied la santé mentale, à travers une petite colonie frappé par le deuil.

Et entretemps, la version papier du Galaxies 72 a atterri ici avec sa belle couverture. Je dois me dépêcher de le lire.  Encore, je vous encourage à l’acheter, ainsi que, en anglais, l’anthologie de Blaze Ward.

Et le magazine Analog Science Fiction and Facts a accepté une autre nouvelle, publication à venir!

Donc, j’éprouve la joie de la jardinière qui voit son travail porter ses fruits.

Je reçois une leçon de générosité chaque fois que je cueille ces fruits qui poussent dans ma cour. Le framboisier ne demande rien, seulement du un coin de terre, un peu de soleil et de pluie
Je reçois une leçon de générosité chaque fois que je cueille ces fruits qui poussent dans ma cour. Le framboisier ne demande rien, seulement du un coin de terre, un peu de soleil et de pluie

Un été fructueux…

Un beau merci à tous ceux-celles qui m’ont souhaité une bonne fête et m’ont donné des nouvelles!

J’aime avoir ma fête en été car c’est la saison des petits fruits. Notre jardin produit une quantité de framboises, après une profusion de baies de Saskatoon. J’ai réalisé un premier exploit culinaire avec un gâteau au chocolat et framboises du jardin, lequel a été bien « observé » (principe d’incertitude de Heisenberg : l’observation affecte l’objet observé) par le mari ! La photo ici.

Un gâteau bien observé…

J’écris beaucoup aussi, j’ai dépassé les 200 000 mots en juin. J’ai deux nouvelles de SF publiées en magazine cet été, dans Galaxies et bientôt, oui, Asimov’s! Et une nouvelle dans une anthologie Blaze Ward presents #5 en impression sur demande.

J’ai commencé un nouveau roman. Pour les soumissions de nouvelles, j’ai ralenti un peu. Je devrais trouver une journée dans la semaine pour m’en occuper.

Galaxies 72, Genres et SF

Galaxies 72 Genre et Sexe en SF

La revue Galaxies 72 porte sur le thème Genre et sexe en SF, un numéro dirigé par Lucie Selakovitch-Chenu. J’y participe avec ma nouvelle Comment éteindre le soleil, qui se déroule dans mon premier univers de SF. La petite Armelle Clécy découvre le prix de la différence sur Mars, où elle vit avec ses deux mères… biologiques. C’est une histoire que j’ai réalisée en BD lors d’un 24 heures de BD voici quelques années.

Pierre Gévard présente ainsi cette publication :

En cette période où les autrices de SF – mais pas qu’elles – se rebiffent à juste titre contre un ordre social dominé par les hommes et dans lequel les comportements inappropriés – disons le mot : le harcèlement sexuel – font partie de ce que beaucoup considèrent comme l’ordre naturel des choses, Galaxies propose un dossier qui parle de l’évolution des genres en science-fiction, du traitement de la sexualité et des perspectives ouvertes par les écrivain.es qui s’emparent de ce thème. 

Allez voir le sommaire ici. Et découvrez mes formidables voisin-es de sommaire : Sara Doke, Joëlle Wintrebert, Jean-Michel Calvez, moi-même, la bégum Rokeya, Adriana Lorusso, Shweta Taneja, Jeanne-A Debats.

Je me sens un peu pee-wee, là…

Le lien pour commander (les prix sont en Euros!)

Blaze Ward Presents #5: Crime and… 

Couverture Crime and...

Mes publications sont souvent de la SF, mais il m’arrive de toucher aux mystères. L’anthologie Crime and… de Blaze Ward Presents 5 contient une histoire pleine d’action mettant en scène Lady Byrd. Pour ceux qui ne connaissent pas la série, Lady Byrd est une ornithologue distinguée qui parcourt le monde à la découverte de l’oiseau rare. En période de Covid ses déplacements sont limités. Généralement, elle résoud des énigmes et aide des âmes en peine au passage.

Cette publication, Crime and Songbirds, était la deuxième aventure de Lady Byrd, et une exception. Ça peut vous rappeler des épisodes de Murder She Wrote. Je n’en ferai pas souvent, car je ne souhaite pas que mon héroïne devienne une sorte de Miss Fletcher qui découvre un cadavre par épisode… Il y a une raison pour laquelle les séries policières mettent en vedette des policiers (duh!), ou alors peu de livres avec un détective amateur-e, car notre sympathique amateur-e deviendrait assez vite blasé-e à la découverte de son 50e cadavre dans le garde-robe!

Pour vous procurer l’anthologie, voir cette page. Les auteurs (dont moi) sont payés au prorata des ventes! Eh oui, une nouvelle réalité du monde de l’édition indépendante: les auteur-es s’entraident!

Un hasard violet? 

Pur hasard que les couvertures de ces publications soient à dominante violette, une de mes couleurs favorites. (Et les gant de cuisine sur la photo en haut! ) Maintenant, reste à voir si la couverture du numéro d’Asimov’s de Septembre-octobre va avoir une dominante violette…

Réponse le 17 août prochain lors de la sortie du magazine en kiosque!

Image

Juillet, encore la générosité!

Pour mon anniversaire, une profusion de framboises telle que j’en donne aux voisins.

Puissions nous tous vivre avec autant de générosité!

La fan enthousiaste…

MIchèle tape fiévreusement sur son clavier

Matin du 25 juin, dans la région de Toronto…

MICHÈLE (se réveillant) : GILLES, GILLES! J’ai rêvé que les Canadiens avaient gagné!

GILLES : mgngngngn…

GILLES (ouvrant un oeil): c’est vrai, on n’a pas regardé la partie hier.

(Le mari se lève et va d’un pas alourdi vérifier sur Internet.)

GILLES (trouve vite l’info, son ordi reste toujours ouvert de nuit): Ah ben coudon! Ils ont éliminé les Golden Knights. C’était pas arrivé depuis 1993 !

MICHÈLE: Pis le 24 juin en plusse! Ça fait une belle St-Jean!

Même s’ils restent en banlieue de Toronto et encouragent les Maple Leafs, ils aiment bien le CH.

(MICHÈLE se précipite sur son ordi et tape avec entrain et ferveur, même si en temps normal le sport professionnel la laisse de marbre)

MICHÈLE (tape fiévreusement): Yé! Les Canadiens de Montréal ont éliminé les Golden Knights de Las Vegas!

MICHÈLE (tapant approximativement le chant des partisans): Nanana-naa, nanana-naa, hey-heeey, Good-b

*Son d’une ampoule électrique qui s’allume dans une tête*

(MICHÈLE se rappelle qu’elle a plein d’ami-es écrivain-es qui restent à Las Vegas et qui commentent son fil FB.)

MICHÈLE (à voix haute): Oupse!

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Un doux bruissement de pages…

Ce doux bruissement est celui de mon 19e ou 20e roman, Le secret de Paloma, qui va prendre son envol.

(19 ou 20, ça dépend comment je choisis de les compter. J’en ai deux qui ont passé par deux éditeurs différents, et un de ces textes a beaucoup changé, pas l’autre. Et j’ai inclus un recueil de nouvelles. )

La terrible question qui gruge la jeune Alouette, dont la meilleure amie est partie à jamais…

Survivre dans un monde hostile

Dans cette image, se retrouve la fragilité de la vie, dans une vallée où il faut déployer efforts et énergie pour faire pousser les récoltes, et où la technologie est allouée au compte gouttes.

Quand le soir tombe, la pression de l’air sur la planète chute drastiquement, comme si vous passiez du niveau de la mer au sommet du mont Everest en quelques minutes.

À la suite d’une catastrophe, la vie confortable des pionniers a basculé dans une survie ardue, sous un abri construit contre le mur d’assise, et fermé par un Rideau hermétique. Les ressources limitées forcent à économiser l’usage des technologies avancées et à partager les corvées. Il faut aller chercher l’eau dans des collecteurs situés en hauteur, dont les ailes noires font penser à des corneilles.

L’adversité frappe durement la population adulte où les suicides ne sont pas rares. Parce que sur Sérail, il suffit de partir et de ne plus revenir le soir venu.

Or, les jeunes étouffent dans cette microsociété, située sur un monde où eux n’ont pas choisi de s’établir. Des conflits éclatent, mettant en péril la cohésion du petit groupe qui habite le Théâtre.

Un extrait

Chapitre 1
Une perle dans le désert

Les nuages indifférents s’effilochaient sans hâte
dans l’orange pâle du ciel, un vif contraste avec le
vent qui fouettait la crête sur laquelle j’avais pris
pied. Les grains de sable qui frappaient la visière
de mon casque produisaient un crépitement sec,
comme un signal radio parasité.
Encore essoufflée par mon escalade, je scrutais
l’étendue du désert.
Les dunes se nouaient et se dénouaient, leurs
crêtes dorées sculptées par le vent. Elles formaient
un grand bassin de sable cerné par les flancs
crevassés de montagnes en perpétuelle dispute.
Celles-ci, âpres et dures comme la vie, se
tordaient comme pour s’élever plus haut, toujours
plus haut, une dispute géologique commencée
des éons plus tôt, sous la poussée des forces tectoniques
qui modelaient notre monde.
Ce paysage désertique rendait Paloma facile
à repérer : une petite perle violette reposant au
creux d’une immense cuillerée de sable blond.

L’Alouette au désert

Désert physique, depuis que la sécheresse s’est installée; désert moral et affectif des survivants. Alouette devra affronter les deux formes de désert pour trouver un sens à sa vie sans Paloma.

Lancement en ligne

Dans les conditions imposées par la pandémie, les éditions David organisent un lancement en ligne. Il n’y aura pas de table de dédicaces, de gâteau ou de liqueurs, hélas. Et encore moins de chocolat (que j’adore riche en cacao), mais votre présence réchauffera l’ambiance!

Le lancement du Secret de Paloma aura lieu en ligne, mercredi le 19 mai 2021, à 18h. Contact, Véronique Sylvain (voir le courriel/téléphone sur le carton) pour obtenir votre mot de passe. Il n’y a pas de limites géographiques!

Carton d'invitation
Carton d’invitation

Voici le carton d’invitation (regardez pas trop longtemps ma binette, c’est une nouvelle photo d’auteure sans ma casquette!) pour pouvoir vous joindre en ligne le moment venu. J’y lirai de extraits, et parlerai de mon inspiration pour écrire ce roman.

Contre la dévastation de la misère mentale, l’amitié et la confiance font renaître l’espoir, ce que je souhaite pour tous.

Le doux bruissement d’un contrat… (électronique!)

Michèle signe une copie d'un contrat sur sa table de bois.
Les contrat, comment on les signait, jadis…

Je cours beaucoup, ces temps-ci, et je signe beaucoup aussi. Ah, le doux bruissement du papier en signant un contrat. Ils sont désormais électroniques, mais l’un d’eux est spécial… et il fut signé à la date montrée sur l’illu.

Asimov’s a dit oui!

C’est le contrat (électronique) de ma nouvelle accepté pour le numéro Septembre-Octobre 2021 du magazine de SF Asimov’s ! La nouvelle du numéro d’automne d’Asimov’s est déjà montée, et sortira à la mi-août. Déjà, le numéro de Mars-avril annonçait la couleur !

C’est très spécial, car c’est la réalisation d’une promesse faite à mon père sur son lit d’hôpital en 2014, que je serais un jour publiée dans ce magazine de SF. Cette science fiction pleine de fusées de de robot à laquelle il m’avait initiée quand j’étais enfant…

Mais, entretemps…

Analog a dit oui aussi!

Et oui, deux semaines plus tôt, le magazine de science-fiction dure, dure, dure Analog a accepté une nouvelle bien juteuse intitulée Rare Earths Pineapple

Le contrat a été signé voici trois semaines, et la paie est rentrée aussitôt! Publication à venir.

Et OnSpec!

OnSpec, publié en Alberta, est une revue de SF canadienne publiée par des femmes fantastiques que je connais, Barb et Diane. C’est une belle victoire après presque 16 ans de soumissions qui passent de maladroites à potables, puis à meilleures, de paraître dans cette revue. Il aura fallu beaucoup de patience! Certaines années, j’avais manqué la tombée, arg!

J’adore et suis abonnée à On Spec, et je vous encourage à en faire autant! Les nouvelles y sont courtes, de plusieurs saveurs, et pas ennuyeuses du tout. Voici le lien pour vous abonner: https://onspecmag.wpcomstaging.com/subscribe/

Un triplé

Avec l’acceptation par le magazine On Spec, je me sens comme le cheval Secretariat avec un triplé de magazines très difficiles d’accès! Surtout après un an de défi d’écrire une nouvelle par semaine pour 52 semaines ! J’y reviendrai dans une prochaine chronique.

Et Solaris 218!

Je pourrais parler d’un « quadruplé » avec Solaris, un magazine francophone, mais ma première publication dans ce magazine date de 2002… Si on excepte des Bd publiées bien avant!

Tout frais des presses!

Et dans des Galaxies éloignées

Une nouvelle, en français, est en révision pour le numéro 72 de Galaxies, Sexe et genre en SF.

Il s’agit d’une incursion dans mon univers des Voyages du Jules-Verne, longtemps avant…

Ça fait beaucoup de nouvelles à annoncer d’un coup. Mais songez que les refus ont été pas mal nombreux aussi. D’un coup, on dirait que tout déboule, comme un barrage qui cède. Pas d’un coup, mais peu à peu.

Pour terminer, à nouveau, je vous demande de prendre soin de vous malgré la fatigue morale, et de garder à la fois vigilance et confiance!

Up! (Une étude de mobilité sociale)

Non, je ne parle pas du sympathique film de Pixar, mais d’un documentaire original sur la mobilité sociale réalisé au cours de 56 ans par monsieur Michael Apted. Celui-ci suivra, entre 1964 et 2019, 14 jeunes Anglais, de 7 à 63 ans, et les interviewant à chaque 7 ans.

Les cloches de Londres (Photo de Tommy Milanese sur Pexels.com )

Le mythe

Vous connaissez cette belle légende du petit Dick Whittington, pauvre orphelin qui partait de Londres après avoir confié son chat à un capitaine marchand? Alors qu’il gravissait une colline, il croit entendre les cloches de Londres le rappeler:

Dick Whittington, Dick Whittington
Trois fois Lord-maire de Londres
tu deviendras

Et il appert que son chat s’était rendu fort utile pendant le voyage, en chassant les souris d’une royaume. Le capitaine rapporta une fortune au petit Dick.

Dans la vraie vie, Richard Whittington n’était pas d’une famille pauvre, mais n’étant pas l’aîné, s’en vint à Londres pour travailler dans une mercerie. Peu à peu, il fit des bonnes affaires et deviendrait Lord-Maire de Londre non pas pour trois, mais quatre termes. Il reste un personnage intéressant, qui contribua à des oeuvres charitables, construisit un hôpital qui existe encore aujourd’hui, un abri pour les pauvres, des fontaines et des toilettes publiques (en 1400, ce n’était pas du tout évident!)

Cela reste quand même un exemple légendaire de mobilité sociale ascendante. Ce à quoi nous rêvons tous: améliorer nos conditions de vie. Et, si on devient relativement riche, améliorer celles des gens autour de nous comme le fit Whittington.

Donc, en travaillant fort, on devrait se hisser au-dessus de nos conditions de départ. Vrai?

La mobilité sociale étudiée sur 56 ans

Revenons au documentaire de Michael Apted.

Ça donne une série d’épisodes où tu vois 14 personnes (assez variées pour l’époque!) vieillir devant toi, depuis les enfants qui ont des rêves, les adolescents qui espèrent, les adultes qui vivent les mutations sociales et les crises économiques (la privatisation sous Thatcher dans les années 1980, l’effondrement de la bulle de 2008 (= ouch!) Il va sans dire qu’on perd deux ou trois jeunes en cours de route.

“By following these Britons for 56 years, Apted’s Up series shone a unique and sometimes devastating light on how people’s fates are decided as much by social attitudes and class as by their character or grit.” Alissa Quart, auteure de l’article.

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Un Salon virtuel à Toronto

Le salon du livre de Toronto vient de s’ouvrir en virtuel, et malgré les obstacles lié à la pandémie. Il se tiendra du 4 au 24 février.

J’ai déjà donné deux ateliers avec des classes d’élèves de 1-2e années, et ça faisait longtemps que je n’avais eu autant de plaisir à échanger avec des jeunes! Le sujet était lourd, le racisme, mais il y a moyen d’ouvrir des fenêtres vers de nouvelaux paysages en parler avec de fleurs!

L’ouverture du Salon a eu lieu ce soir, avec Valéry Vlad, président, Paul Savoie, directeur, Gabriel Osson, auteur et Frédéric Brisson, directeur du Regroupement des Editeurs Franco-Canadiens (REFC)

Consulter la chaine Youtube du Salon ici.

Ce soir (4 février, c’était Paul Savoie qui lisait des extraits de son recueil de poésie Ce matin. en compagnie de Anik Chalifour. Ecoutez Paul Savoie ici. La poésie, ça se lit, ça se partage!

Quant à moi, je tiens un blogue du salon qui traite de sujets divers!

Janvier

Janvier j’envie
les flocons
sans soucis

Janvier j’irais
voyager
dans ma tête

Janvier je veux
trop de choses
manque de temps

Janvier j’aimerais
voir danser
vent et neige

Janvier je vais
continuer
à marcher

Un sentier près de chez moi.

Ce poème improvisé a été inspiré par des flocons de neige qui tombaient, tout doucement, d’un ciel dégagé. Comme un beaume sur les coeurs douloureux.

Je souhaite de l’espace de marche et un répit pour tout le monde

Image

Ho-Ho-Ho!

Le Père Noël apporte des vaccins contre la covid-19
Cette année, le Père Noël s’est bien équipé!

Silence

Chandelle allumée, gracieuseté de Canva.com

En souvenir d’elles parties trop vite le 6 décembre 1989…

Particulièrment cette année, prenons soin les uns des autres pour faire reculer la détresse mentale.

Les mutations de la slush

Non, pas la slush qui nous rend la vie pénible en hiver! Je parle de la slush pile, cette pile de soumissions que les éditeurs de magazines s’infligent, ou infligent à leur première ligne de lecteurs bénévoles.

Avis aux francophones!

À l'assaut du marché anglophone!

Je vais surtout aborder le cas des nombreux magazines pro anglophones auxquels je m’efforce de contribuer. Les magazines francophones pro (=payants!) se comptent sur les doigts d’une main, à cause d’un bassin de population moindre.

J’ai connu la joie de voir des histoires publiées chez les pros et semi-pros francophones, (Solaris et Galaxies en tête, suivis de Brins d’Éternité et al.) mais ça m’a quand même pris près d’une dizaine d’années d’efforts et de mots pour me hisser à un niveau de qualité acceptable.

Maintenant, je déploie ces mêmes efforts pour escalader le marché anglophone.

Des magazines assiégés

La plupart des magazines sont comme des châteaux assiégés, encerclés par trois murs de défense.

Extrait de Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 86
Extrait de Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 86

Le premier mur est constitué par une équipe de premiers lecteur/trices qui départagent les textes qui ont du potentiel de la slush pile de texte mal écrits ou de clichés rebattus mille fois (image 1). Ce sont des écrivains ou bénévoles amateurs, qui pouvaient déterminer en quelques paragraphes si le texte se démarque ou pas. Un confrère productif arrivait même à prendre une décision en lisant le début de texte alors même qu’il le retirait de l’envelope! Si votre texte frappe le preier mur, vous recevez une lettre informelle (voir la caricature).

Si votre texte saute le premier mur, l’éditeur vous en informe par une requête (hold request). Votre texte passe en deuxième lecture. et sera confronté à d’autres candidatures. C’est le deuxième mur. Si ces autres histoires sont de meilleure qualité, ou sont plus au goût des éditeurs, une lettre/email de refus sera envoyée.

Si vous débutez, les premiers refus vous affecteront davantage… Mais on s’y fait!

Un refus de magazine de SF
L’auteure semble un peu démoralisée, mais un pot de crème glacée se trouve à portée de main…

Enfin, s’il convient, si un texte similaire n’a pas déjà été publié, votre soumission passe la troisième muraille et un contrat est proposé à l’auteur qui a des étoiles dans les yeux.

Mais ça prend du temps. À trois reprises, un magazine australien a passé mon texte candidat à travers trois murs, mais le dernier cercle de lecteurs les a refusé. Je n’ai pas encore publié chez eux. Et il reste que le style littéraire privilégié dans les pays anglophones diffère largement de celui aimé par les francophones. Les éditeurs américains vont préférer une histoire qui « punche » à une histoire même très bien écrite.

Les temps changent

Les temps changent... Tiré des Grandeurs et misères de la table de dédicaces.
Tiré des Grandeurs et misères de la table de dédicaces.
Notez que c’est ASIMOVs qu’il faut écrire (et non Asimov) pour parler de la revue.

Jadis, il y a très très longtemps, au temps des mammouths laineux et des modems 56 k, il était facile, à la première étape, de départager les écrivains. Les débutants produisaient des textes inégaux, souvent ennuyeux et bourrés de clichés mal digérés.

Les abus d’adverbes étaient déplorés ainsi que les « said-ism » (remplacer l’invisible « he-she said » par des mots expressifs, comme « At last! he ejaculated » n’est pas aussi bien accepté en anglais qu’en français) et une pléthore d’autres tournures malheureuses, sans parler d’intrigues non seulement boîteuses mais inexistantes.

La technologie et Antidote aident les gens à contourner les pires fÖtes d’orthograF. Les cours en ligne du genre «Vendez des millions de livres avec la méthode X » abondent et le niveau de compétence en écriture augmente aussi.

Et voici que le rédac-chef d’un magazine fait remarquer: les auteurs s’améliorent, ce qui rend la tâche des premiers lecteur/trices plus difficile.  Comme le dit Scot Noel, l’éditeur de DreamForge, un magazine de SFF en ligne :

« We’ve all heard of the “slush pile,” that collection of manuscripts from new and inexperienced writers that may hold gems but is largely represented by unreadable drivel.
Guess what? We didn’t see it. Today’s writers represent their craft well. The large majority of what we received was done with consideration, intelligence, and heart. (…) We quickly went from “I hope we find a publishable story in here somewhere,” to “Wow, how are we going to choose?”

A lire au complet ici dans Dream Forge magazine.

Le « problème de Mars »

Michèle en train de taper joyeusement à son clavier, convaincue d'avoir une super-idée!
(L’image de Mars est une gracieuseté de la NASA – Solar System Exploration)

Dans la suite, un an plus tard, le même éditeur refléchit à d’autres écueils comme le « problème de Mars ». De que c’est? Qu’est-ce que c’est?

Beaucoup d’écrivains pigent dans l’air du temps (la planète Mars après le film The Martian, les zombies avec vous savez quelle série, etc). Par exemple… quelle curieuse coïncidence de recevoir toutes ces bonnes histoires sur le thème de la pandémie!

Aussi, Scot Noel rappelle que les histoires doivent être variées. Supposons qu’un éditeur reçoive deux nouvelles sur la colonisation des astéroïdes (genre, comme la série TV The Expanse), il ou elle va répondre au deuxième auteur, ben désolé, trop tard! Et ce même si le texte arrivé en deuxième est meilleur, parce qu’ils ont dit oui au premier.

Une autre réalité, c’est que toute anthologie ou magazine va réserver un espace (exprimé en nombre de mots) pour une personne reconnue, à laquelle on aura commandé au préalable un texte. Ne râlez pas contre les « vedettes »! Car un nom reconnu va faire mousser les ventes, en plus de contribuer à faire découvrir de nouvelles voix! L’article de Scot Noel à lire ici.

J’ai observé le phénomène lors de ma participation aux Anthology workshops de WMG Publishing. Les auteurs sont tous des pros et très, très bons! Cela pose un défi aux lecteurs. Je me suis brûlé les yeux la première fois, en me tapant pas moins de 300 textes au complet… 

Quand des éditeurs pros bûchent ton texte en public
Le Anthology Workshop de 2016

La deuxième fois en 2019, j’ai fait plus attention mais je suis arrivée un peu juste avant cet atelier intensif et fort en émotions. Si vous avez l’intention de faire cette expérience, de voir votre texte buché en public par six éditeurs pros, allez voir le site du Anthology Workshop ) et assurez-vous que votre mois de février soit libre! C’est à Las Vegas en fin février ou début mars, donc il fait très chaud. En attendant que nous, les Canadiens on puisse y retourner…

Les vagues de soumissions

A quoi ressemble le quotidien d’une auteure de nouvelles de fiction? Ça donne ce genre de conversation au téléphone:

« Oui Maman, je viens d’envoyer un truc à Alfred Hitchcock, pis un autre à Asimov’s…
Pis Ellery Queen a dit non et Crime Wave n’a pas répondu après deux ans… »

J’écris dans plusieurs genres, science-fiction, fantasy, mystère/policier, qui incluent du steampunk et de l’inclassable. Avant 2014, j’avais environ six nouvelles en circulation, mais depuis, j’en ai écrit davantage.

Je me suis donc contruit des tableaux Excel simples pour suivre les vagues de soumissions. J’ai commencé en 2015.

Voici celui de tableau en Juillet 2019 :

Il y a beaucoup d’espaces blancs, car chaque magazine a ses exigences. L’un veut des nouvelles en bas de 6000 mots, l’autre accepte jusqu’à 10k et même, dans un cas, 22 k (!), et les genres, les thèmes de prédilection varient avec les éditeurs. Donc certaines cases ne seront jamais remplies.

J’ai un code de couleurs pour les genres. Carrés jaunes: textes soumis (ils travaillent!) Carrés bleus: textes en attente d’être soumis (le magazine n’accepte pas les soumissions multiples) En rouge, tout ce qui est passé dans une slush pile anglophone et refusé. C’est le triste sort de mes prenières nouvelles écrites. Quand un texte est publié, c’est en vert!

Mes textes en français se trouvent en bas à droite, et en vert: ils ont presque tous été publiés quelque part, donc la dynamique est différente.

Pour comparaison, voici le tableau de 2020:

Tableau des soumissions en octobre 2020

Tableau des soumissions en octobre 2020 – presque 60 nouvelles dans la course! Les nouvelles en français figurent maintenant sur un tableau séparé. 

Et, oh oui, trois acceptations que j’ai laissées dans le tableau pour me donner du courage! (Les autres ont été placées ailleurs.)

Tout cela pour dire que ça prend de la persévérance et de l’amour de raconter des histoires pour y arriver!