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Florilège pour des lacs expérimentaux

Un lac très eutrophié  - photo courtoisie de ELA

Quand vous avez mal quelque part, est-ce que vous consultez votre médecin ou votre astrologue?

Voilà une question qu’on pourrait poser au gouvernement Harper, à la lueur de ses récentes décisions dont le projet de loi 45 "mammouth" qui réduit le financement de la recherche sur les lacs et rivières, à moins qu’il s‘agisse de recherche possédant un avantage commercial. Et qui exclue 99 % des lacs de la protection de leurs eaux et de leurs rives!

Parmi ces décisions, il y a celle de mettre fin aux activités du ELA (expérimental lake Area), la zone des lacs expérimentaux couvre 58 lacs en Ontario  qui ont aidé à démontrer les effets à grande échelle de divers polluants chimiques. Situés dans le comté de Kenora, ils ont permis entre autres de démontrer l’effet du phosphore sur l’eutrophisation des lacs. Cette mission de protection du public fait-elle le poids contre une vision purement commerciale de la recherche ?

Lac 226 après deux mois de fertilisation. La photo a fait le tour du monde !

Cliquer ici pour un détail agrandi des deux parties du la 226

Comme je l’ai indiqué dans un autre article, la recherche scientifique est un processus long et ardu. Elle implique non pas un chercheur seul dans son laboratoire mais plusieurs équipes multidisciplinaires. contrairement aux à nos attentes de tout tout de suite", la recherche prend des années et demandes plusieurs échelles : depuis les essais en éprouvette de laboratoire aux expérimentations sur grande échelle. en passant par les étapes de vérification des données, consultations des pairs, publications dans revues scientifique avec comités de lecture…

L'enquête sur le rôle du phosphore a été beaucoup plus longue que ce dessin le suggère!

Avec un budget de fonctionnement de 2 millions par année, le ELA est beaucoup moins cher que les milliards accordés en subvention aux entreprises de sables bitumineux. Des milliers de personnes s’opposent à cette fermeture. Mais leur voix tombe-t-elle dans l’oreille d’un sourd?

Je n’apprécie pas qu’on affaiblisse ce pays et sa population en lui retirant une à une les balises de protection scientifiques. Car qui croire ensuite? Votre médecin ou votre astrologue? 

Bref, les scientifiques qui tiennent à protéger les eaux fraîches et la recherche fondamentale cherchent désespérément un milliardaire désoeuvré. Ou bien faut -il lancer un projet Kickstarter pour les Lacs?

Baie Georgienne - nos eaux douces, un trésor menacé par l'ignorance

La zone des lacs expérimentaux représentent un effort collectif pour mieux comprendre les procédés naturels et l’impact de nos activités sur les eaux fraîches et leurs myriades d’habitants. C’est un livre qui doit rester ouvert, comme les esprits avides de connaissances.

Ce mouvement de protestation pourrait aussi s’appeler Ignorant no More.

* Annexe *

Faute de temps pour développer ce sujet, je dresse la liste de sites utiles, de même que le site Sauver ELA.

Fight to save Experimental Lakes Area runs its course (http://www.kenoradailyminerandnews.com/2013/01/02/fight-to-save-experimental-lakes-area-runs-its-course)

Une réflexion fouillée par un scientifique paléogéographe, partie un et deux

Attention Bryan Hayes: This water issue hasn’t gone away (https://www.sootoday.com/content/news/details.asp?c=51916)

Liste des députés fédéraux - trouvez votre circonscription!

Le groupe Facebook pour soutenir le ELA. https://www.facebook.com/groups/saveela/

Quelques sujets de recherche entrepris avec les lacs expérimentaux depuis 1968:

pollution par les fertilisants et éclosions d’algues bleues
impacts des  “pluies acides” sur les lacs
restauration des lacs acidifiés
impacts d’inondation de réservoir
sources de mercure toxique dans les poisson
impacts des “changement climatique” sur les lacs
renouvellement de la végétation riveraine
impact de composés hormonaux mimics
impacts de l’aquaculture

Souvenirs du dernier 24-24

Voici quelques photos de cet événement mondial, 24 heures de création en continu au Image Collection Comic Shop de Streetsville.  On a commencé à midi tapant cette année. Ca nous a pris une bonne heure pour décider quoi dessiner, donc c’est vers 1h30 qu’on a commencé!

Les thèmes cette année, à respecter (au moins un):

- Conflit, interne ou externe

- Croissance d’une idée

- j’me souviens pus des deux autres!

J’ai pris des personnages qu’on a entrevus dans la Plume Japonaise, et leur ai développé toute une aventure de science-fiction. J’ai découpé grossièrement huit pages avant de plonger dans la production.

Une idée de l'ambiance à 9h30 PM

Une idée de l’ambiance à 9h30 PM.

À gauche, Daniel Oshino, notre héros de l’an dernier, a fait une visite avec sa petite fille, qu’on espère aussi douée que lui!  Derrière, notre 4e participant et le seul gars du 24-24 cette année, Mike, 14 ans.

En plus de moi, Tiff aux cheveux bleus (15 ans!), Kim l’artiste (dans ma tranche d’âge) et Mike le blond ont relevé le défi, mais c’est plaisant d’avoir des amis qui visitent , s’assoient à côté et dessinent!

On se taquine, à 9h30. Les deux gars sont de passage.

On se taquine, à 9h30. Les deux gars sont de passage, mais celui de gauche a réussi le premier 24-24 complet (il a produtit 24 pages encrées) chez Todd, il y a trois ans. On voit Todd, le gérant de la boutique, en arrière avec les cheveux longs, il s’est laissé poussé une barbe depuis l’an dernier.

Kim a commencé solide, en décidant qu’elle allait produire des pages écrites plus que dessinées, une approche audacieuse. Elle est repartie vers 11h. Mike et Tiff, étant mineurs, sont retourner dormir chez eux vers 11h30 pour revenir en matinée. Ce qui veut dire que j’ai eu une partie de la nuit toute seule avec mes dessins. Ça m’a aidée, car ça dessine moins vite en placotant!

Cette fois, on a travaillé sur du format plus petit, genre manga, donc ca aide!

Une page bien rouge de Tiffany

Le travail de Tiff: voici une auteure underground à surveiller! Elle a juste 15 ans, et on sent l’inspiration de Tim Burton dans son atmosphère. Son histoire complète couvre 8 pages. Mike a fait une histoire de zombies, avec 4 petites cases par page ce qui lui a permis de compléter ses 24 pages lui aussi et d’y mettre du rouge.

Moi, j’ai laissé faire pour les couleurs! Ceux qui me connaissent savent pourquoi! J’ai été un peu stressée vers 4h00 AM car je me suis rendue compte qe j’avais vraiment un chance de terminer mon encrage, mais tout juste!

Page Derniere Minute

À 11h40 AM, je terminais ma couverture, quand, à 15 minutes de la fin, Daniel, qui est revenu nous hanter, m’a dit (en anglais): heye, t’as oublié d’encrer ta page 20!

Inutile de dire que j’ai gaulé pour finir à temps!

Les 3 Auteurs Triomphants

Les trois auteurs (Kim n’est pas revenue) posent avec leurs planches terminées!

Ma BD de 24 pages encrée!

Voici mon travail terminé. Mon encrage n’est pas parfait, mais il surpasse ce que j’ai fait l’an dernier. Une aventure complète des Otaku Ladies!

Virage 54 s’en vient… avec ma couverture!

La revue Virages, qui avait récemment perdu son financement du gouvernement fédéral, va sortir son numéro 54 avec une belle illustration dont je suis l’auteure. Avec la permission de Marguerite Andersen, directrice de  Virages,  voici la couverture du numéro qui va sortir. Le montage a été réalisé par Estelle de la Chevrotière.

Virage 54 Illustration de couverture par Michele Laframboise

Ça faisait un mois que je me creusais la tête pour trouver une image et l’échéance approchait. Marguerite souhaitait "quelque chose de sauté" , une illustration très originale, moi étant une auteure de  science fiction et tout… L’inspiration est venue pendant que je révisais un manuscrit dans le train entre Ottawa et Toronto. J’ai dessiné la ville flottante au crayon à mine dans la train, puis repassant les traits à l’encre. De retour, je l’ai digitalisée, pour ajouter les couleurs.

Par honneur, Marguerite continue de verser un salaire à tous les collaborateurs de Virages. J’ai choisi de ne prendre que la moitié du cachet prévu, pour aider à couvrir les frais de fonctionnement de la revue. *

Voici l’illustration, intitulée "Francophonie universelle".

Couverture de Virages 54

Le ciel bleu de cette vision de SF est inspiré par un titre de recueil  Grand ciel bleu par ici, de Robert Dickson, ** poète francophone de Sudbury.

Ces villes éthérées, dont la forme vu sous cet angle rappelle le trille,  sont reliées entre elles, et à leurs planètes nourricières. Cette belle vision de science fiction représente aussi la culture et les nécessaires liens qui doivent continuer de nous unir.

Grand ciel bleu par ici

Robert Dickson

* cachet

J’aurais pu faire cette illustration de façon complètement bénévole, mais ça n’aurait pas envoyé le bon message. Les écrivains et artistes ne sont pas des "rêveurs" qui  "s’amusent à écrire ou dessiner dans leurs temps libres". Ils-elles sont des professionnels qui partagent idées, inspiration et réflexions avec le public.  Ils et elles consacrent du temps et des efforts pour réaliser leurs oeuvres,  une contribution sociale valable.

** Robert Dickson

J’ai eu la chance de la rencontrer en 2005 et 2006, dans des salons du livre en Ontario. Il était très affable, dynamique, on ne lui donnait pas son âge! C’était une belle voix qui s’est envolée le 19 mars 2007 au petit matin…

Portrait de savante folle dans son jardin

Le 24 juin dernier je recevais la visite de l’équipe de TFO dans mon arrière-cour. La savante folle allait prendre place sur la 2e chaise…

Gisèle Quenneville et l'équipe sur le patio

On peut voir le résultat, vers la fin de cette nouvelle Émission  d’affaire publiques quotidienne, animée par Gisèle Quenneville,   Relief de TFO. RelieF est diffusé tous les jours, ce qui représente tout un travail ! L’entrevue s’est très bien déroulée malgré les avions qui passaient à tout bout de champ, dans la dernière partie (celle des questions en rafale!)

Explication : pourquoi  la SF se compare à du chocolat!

Au programme du 4 octobre  (tiré du site ) :

Panel citoyen : L’école face aux nouvelles technologies;
Daniel Marchildon, un auteur qui puise son inspiration de la " mer d’eau douce " ontarienne ;
Franc-parler : Va-t-on devenir tous des locavores?
Poste Canada se réinvente;
Rencontre avec Michèle Laframboise. (Ne manquez pas, dans la séquence animée rapide au début, le moment où Gisèle se penche pour flatter Maggie, notre chatte tricolore qui passait à ce moment!)

Merci à l’équipe qui a pu repartir avec quelques framboises, dont Julie qui m’a bien maquillée.

Un sourire de sable

Visage de sable

En vacances, il arrive des événements inattendus et agréables, comme cet après-midi à la plage des Singing Sands.
Chateau de sable un sympathique château de sable.

Les sables ne chantaient pas beaucoup ce jour-ci, à cause des pluies récentes, mais le mélange de limon et de sable fin cimentés par l’humidité se prêtait bien à la sculpture!

 Le visage en travail. Frédéric (le petit) aide Frédéric (le grand)

Non, il n’y avait pas de concours de sculpture de sable.

À cette époque où la valeur d’un artiste est souvent adossée à son succès financier, je ne peux m’empêcher de goûter cette oeuvre éphémère et gratuite, que le temps, le vent et l’entropie effaceront doucement.
Visage terminé et les artistes
J’apprécie cet effort, ce don par des voyageurs québécois.  Merci à Frédéric, Dominique et à leurs amis, pour ce sourire de sable!

Visage avec les notes de musique

Une autre vue, plongeante! (Il faut monter sur les solides épaules de quelqu’un pour la prendre!)

Mon Frédéric à moi y a aussi participé, il a apporté du limon gris pour souligner les sourcils, et Gilles a déniché des petites roches pour aider à tracer les traits fins.

Quelque petites orchidées souriaient aussi!

orchidee jaune

Une vue générale de la végétation de la plage.

Herbes Plage

Tobermory

Son nom sonne comme une vieille légende, mais Tobermory est une petite ville attachante construite autour d’un port, et adossée au Parc national marin Fathom 5 où repose une soixantaine d’épaves… La ville se trouve à la pointe de la Péninsule de Bruce, entre le Lac Huron et la Baie Georgienne.

Coucher de soleil de notre B&B

De notre petit B&B a Haran Point, les couchers de soleils sont magnifiques. PS, ça fait aussi de beaux fonds d’écran… Sur notre plage rocheuse, les arbres sont rabougris, frappés par les vents.

Le propriétaire a gentiment mis deux kayaks à notre disposition. J’en ai profité pour initier Frédéric, par une belle journée du 14 juillet.

En kayak vers le large

Le soir de ma fête, nous avons mangé au A Mermaid’s secret, un petit restau-boutique sympathique… pendant le repas,  un guitariste jouait des tounes des Beatles et d’autres classiques! Des francophones tiennent le B&B et le restaurant Molinari , qui proposent aussi leur crème glacée maison!

Le parc de la péninsule de Bruce

La baie Georgienne dans toute sa splendeur!

Le 16 juillet, nous faisons une randonnée dans le parc national de la péninsule de Bruce. Ci-haut, la Baie georgienne dans toute sa splendeur!

Escale dans le parc

Frédéric (de dos), Savante folle et Gilles

Carte du parc

La tour d’observation de 5 étages donne une vue à couper le souffle, mais il faut grimper beaucoup de marches… et ne pas avoir peur de la légère oscillation qu’on sent au sommet. Évidemment, Frédéric s’empresse de grimper au sommet, ce qui cause un peu de tourment à sa maman!

Tour d'observation du parc Pas peur, moi!

Pour les ingénieurs en structure, notez les barres diagonales tendues, pour absorber l’énergie cinétique d’un séisme. En fait, c’est le vent qui fait osciller la tour au sommet, donc cette protection sert beaucoup!

Les orchidées

On retrouve au parc 44 espèces d’orchidées.   Les orchidées ne sont pas uniquement des plantes tropicales, il en existe plus de 60 espèces en Ontario!

Une très petite orchidéeCypripède royal (sabot de la Vierge)

Gilles a pris beaucoup de clichés de ces fleurs.

Une petite Orchidee qui colonise les plages rocheuses

Il testait la fonction super-macro de sa caméra… Cette petite orchidée violette pousse sur notre plage. (Les roues en arrière plan servent à tirer un kayak vers le lac.)

L’ile Flowerpot

Le 17 juillet, on remet cela, avec un aller-retour en bateau vers l’ile Flowerpot.

En chemin, nous avons vu deux épaves, dont celle-ci., le Sweepstake, qui a coulé en septembre 1885 au Big Tub Harbour.  La coque est encore intacte.  (*This two-masted schooner was damaged off Cove Island then towed to Big Tub Harbour where she sank in September, 1885.  ) Heureusement, cet accident n’avait pas fait de victimes: pas de fantômes à craindre!

Epave sous l'eau

Ces épaves et d’autres sont très prisées des plongeurs, ce qui fait de Tobermory un pôle d’attraction pour la plongée sous marine. Plusieurs équipementiers spécialisés ont d’ailleurs pignon sur rue.

À bord du Blue Heron V, nous avons fait le tour de l’ile, le nom Flowerpot désignant deux manifestations de l’érosion des couches de dolomies par la base.

des fleurs sur le pot de fleurs géologique

Notez que c’est bien de l’asphalte qui a été badigeonné sur les sommets, afin de ralentir l’érosion. Le calcaire et la dolomie sont très perméables à l’eau…

le fameux "pot de fleurs"

Un escalier de bois donne accès à une grotte creusée dans la roche poreuse. Il s’agit de la dolomie silurienne formant les falaises blanches de l’escarpement du Niagara si,si! Comme le calcaire, la dolomie est poreuse et se dissout à la longue avec le ruisellement.

Plate-forme de la grotte Pancarte

La forêt est magnifique, avec conifères et humidité. Gilles sur le sentier, s’appuie sur un rocher couvert de mousse.

Gilles en foret

Le cèdre et le sapin dominent la forêt. Les cèdres, que nous sommes habitués en ville à voir tout tassés et crochis dans des haies, atteignent une taille et un âge respectueux Sur l’île Flowerpot, on a trouvé un thuya âgé de 1845 ans, mort depuis environ 1500 ans.

sentier de l'ile Flowerpot

Une savoureuse escale

Les sympathiques bénévoles qui entretiennent les bâtiments des anciens gardiens du phare de Flowerpot Island nous ont conviés à une dégustation de poisson.

dégustation de "Whitefish"

et même, à participer à la création de crème glacée artisanale!

Michele secoue la boule de crème glacée

la boule de crème glacée en formation, agitée vigoureusement par la savante folle.

Le "ballon" est une sphère remplie de glace concassée, contenant un cylindreoù on a mis la crème, du sucre et un peu de vanille. À la fin du processus, on gratte les parois internes du cylindre pour obtenir une crème glacée très compacte (il n’y a pas beaucoup de bulles d’air.) ll faut bien secouer la boule très froide… pendant 20 minutes. Ça fait les bras!

la crème glacée artisanale

Puis, c’est la récompense! Mioume!

Coucher de soleil sur Tobermory

Difficile de résister à l’envie de montrer un autre superbe coucher de soleil, celui pris le soir de notre arrivée.

Deux parutions pour ma fête

Un monarque se pose sur une marguerite

En ce jour de fête, je fête aussi la parution sur papier de ma nouvelle de SF "Monarque des glaces" dans la revue Solaris.

La photo me rappelle Marguerite Andersen, la directrice de la revue Virages, qui s’occupe de tout le travail de production, malgré les subventions récemment coupées.  (Pour manifester votre appui à la revue Virages, aller sur le site.)

Marguerite est aussi  l’auteure du livre le figuier sur le toit que je lis avec plaisir,  contenant un témoignage précieux de quelqu’un ayant vécu la période de l’Allemagne lors de la montée du nazisme. Les Allemands n’étaient pas un bloc monolithique, il y avait une pluralité d’opinions, de partis politiques… jusqu’à l’élection de Hitler en 1933. Un  compte-rendu de lecture se trouve ici, en attendant mon propre compte-rendu sur Goodreads.

Tout cela pour annoncer qu’une autre de mes nouvelles, "Château de neige", plus courte et moins "science-fictionneuse", paraitra dans Virages.

Les jeunes lisent, oui, mais…

J’arrive du salon de Toronto.

Comme au Salon de Montréal, j’ai observé le flot d’écoliers et d’adolescents défiler devant ma table sans un regard pour mes romans. Même le sceau métallisé "Finaliste des GG" (finaliste aux prix littéraires du gouverneur général) apposé sur les Vents de Tammerlan ne suscite chez eux qu’indifférence. Ceux à qui j’adresse la parole vont regarder poliment la couverture, parfois le 4e de couverture, puis s’en aller acheter le dernier succès d’India Desjardins ou de Bryan Perro. Les exposants font d’ailleurs le gros de leurs ventes le jeudi et le vendredi, jour de visite des écoles.

J’ai écrit dans un autre billet qu’il faut comprendre les goûts des jeunes. Ils recherchent une histoire proche d’eux, de leur réalité. Parfois tellement proche que  l’écriture est "dumbed down", le vocabulaire pauvre, hypersimplifié, calqué sur le texto des tchats… Et cela, je ne peux ni ne veux le faire.

Je n’ai pas envie d’écrire une énième histoire de cour d’école semblable à tant d’autres qui exploitent le même filon. La série Chaaas est écrite dans un style accessible, mais rigoureux.

La civilisation que j’y déploie peu à peu demande des soins, de l’amour, une mûre réflexion et beaucoup de documentation! J’y puise dans l’histoire autant que dans les sciences de l’environnement. La série a été finaliste aux prix des lecteurs 15-18 de Radio-Canada, finaliste aux Prix Trillum et, plus récemment, aux prix du GG.

Ces distinctions apportent une certaine validation de mon travail. Hélas, les jeunes lecteurs ne suivent pas.  Ni les grands médias*. Conséquence ennuyeuse: non seulement mes droits d’auteure sont minimaux cette année (je travaille à l’équivalent de 15 cents de l’heure), mais les salons du livre, à l’exception de celui de Toronto, ne m’invitent pas. Pourquoi?

Statistiquement, un jeune sur 10 ou 20 va être un amateur de science-fiction, ou s’avérera ouvert à cette saveur littéraire. Dès le départ, le bassin de lecteurs potentiels est réduit.

Les autres jeunes n’ont jamais entendu parler de mes livres. Puisqu’ils n’en ont jamais entendu parler dans les médias, ils jugent à l’avance que ces livres ne valent pas la peine d’être lus, et courent vers le best-seller de vampires "cute".

Couverture des Vents de Tammerlan

Il y a, semble-t-il, le problème du graphisme.

Selon un spécialiste de l’Association des libraires consulté pendant le Salon de Montréal, la couverture, avec ses bandes diagonales blanches, a trop l’air d’un livre "pour la jeunesse", ce qui rebute les adolescents… et les adultes qui y trouveraient aussi leur plaisir de lecture.

Toutes les autres collections jeunesse privilégient l’image pleine page, avec un beau lettrage pour le titre, parfois doré pour les séries de fantasy. Et on y voit généralement le héros ou l’héroine de près, ce qui n’est pas le cas de Chaaas, dont les couvertures privilégient plutôt l’environnement et le "sens of wonder".

Il y a quand même des exceptions notables.

Un jeune de 12 ans n’a pas acheté mes livres… parce qu’il les avait déjà tous dans sa collection!  D’autres adolescents, qui avaient entendu mes présentations sur la science-fiction, sont revenus avec leurs parents pour essayer un de mes romans. La fin de semaine s’est avérée fructueuse, car les adultes, eux, prennent le risque d’acheter mes romans, parfois pour eux-mêmes, parfois pour leur adolescent-e. Surtout, les bibliothécaires ont été heureux de découvrir de la SF jeunesse, une denrée rare. Le site Fous de lire recense les deux premiers tomes de La quête de Chaaas.

Bilan de ce salon de Toronto: deux fois plus de ventes, donc plus de nouveaux lecteurs, que le salon de Montréal. Une poussière comparée aux ventes des vedettes absentes du salon, mais une bonne raison pour moi de me taper douze heures de transports en commun en quatre jours pour m’y rendre!

Une bonne règle du pouce pour mes livres: si un jeune a lu les Harry Potter et n’a pas eu de mal à se retrouver dans cet univers de magie, l’univers exotique de Chaaas ne posera aucun problème de compréhension.  Sauf que mon univers ne repose pas sur de la magie ou du surnaturel, mais sur des bases physiques originales. Ce qui n’empêche pas les personnages d’avoir une vie spirituelle très riche!

Père Noël? S’il-te-plait, apporte-moi des lecteurs!

* je salue les exceptions: les médias franco-ontariens et l’AAOF, qui soutiennent sérieusement les écrivains francophones.

Passage à Pénétang

Brumes matinalesNappe de brume matinale de Pénétang… Ça a valu la peine d’arrêter sur le bord de la route!

Murale

Murale sur des silos au port de Pénétanguishene.

Je reviens d’une tournée à Pénétang et Barrie, ayant visité deux écoles de la commission scolaire publique francophone.

Ce fut un défi  stimulant de présenter mon univers de science-fiction à des élèves aussi jeunes que la première année, jusqu’aux préadolescents de la 8e!

Et les élèves de St-Joseph de Pénétang  ont apprécié la présentation sur la crème glacée littéraire. Ils me l’ont bien rendu. Un élève de 8e a particulièrement bien reproduit  la couverture de La quête de Chaaas!

Cartes de remerciements par les élèves

Une belle couverture par un élève de 7-8e

Les cartes, une par classe.

Plonger dans un lac de brume!

Merci encore au Conseil scolaire pour son accueil et à Brigitte pour l’organisation de mon séjour!

Poésie magnétique

Finalement la Quête de Chaaas n’a pas remporté le prix Trillium, demeurant finaliste, mais j’ai rencontré de nouvelles et merveilleuses personnes. Et gagné un bel ensemble de poésie magnétique!

Certains prix littéraire sont centrés sur les gagnants en oubliant les autres dès l’annonce des vainqueurs. Ce n’est pas le cas des prix Trillium, organisés par la SODIMO (Société de développement des médias de l’Ontario). Les organisateurs ont tout fait pour que les finalistes se sentent respectés et considérés comme des membres actifs de la société (au lieu du cliché dorénavant célèbre de l’"Artiste du dimanche en conserveArtiste du dimanche".

Ma mère, qui s’est tapée plus de cinq heures de train depuis Montréal, pour assister aux lectures, a été enchantée de son expérience.
Ma mère, moi-même et Daniel Marchildon, un des finalistes "adultes"

Ma mère, moi-même et Daniel Marchildon, un des finalistes "adultes", auteur de L’eau de vie.

Michèle avec Mireille MessierMichèle avec Mireille Messier, auteure jeunesse, un peu après les lectures publiques du 15 juin.

Par hasard, nous portons deux pendentifs réalisés par des artistes locaux. Le mien (qui ressemble à une planète), a été fabriqué par Kimber Lee, de Mississauga.

Tous les finalistes ont reçu, une petite boite de mots magnétiques tirées des 17 livre en lice.
Magnetic poetry, from the 17 books in the Trillium shortlistPoésie magnétique. Quel plaisir de lire "Chaaas" sur mon frigidaire! Les autres belles phrases étranges sont de mon mari.

Et le jeudi suivant… je reçois ceci:

Lettre de félicitations de mon député provincialLettre de félicitations de mon député provincial de Mississauga-Streetsville, Bob Delaney, très officielle. (Si vous savez que son chat s’appelle Obi-Wan, vous comprendrez qu’il n’est pas étranger à la SF populaire. Si, si, il se promène parfois avec!)

Devant, on voit la petite boite de poésie magnétique toute enrubannée.

Comme auteure dont l’oeuvre subit souvent le silence des médias (titre d’un célèbre livre de Colette Beauchamp), ces témoignages d’appréciation me font chaud au coeur, tous politiciens qu’ils soient!

J’ai écrit une lettre de remerciement à la Sodimo, dont voici un extrait.

"Comme auteure de science-fiction, ma responsabilité sociale est de voir loin, de penser en avant, vers les défis qui nous attendent alors que nous devrons faire face aux conséquences de nos choix présents. Présenter aux jeunes les saveurs de la crème glacée littéraire pour les encourager la lire, à apprendre et à persévérer, constitue une tâche motivante. "