Archives quotidiennes : 5 janvier 2011

De la fuite dans les idées

La fuite des idées

Il arrive un moment où on sent, dans notre tête, que  l’histoire, les acteurs et l’univers qui les contient ont pris assez de consistance pour les fixer sous une forme tangible. Le nuage éthéré des possibilités infinies doit se condenser en une brique (mais pas trop épaisse!)

Comment procéder à ce passage sans douleur? Il y aura toujours  un petit nuage de regrets.

Comme j’ai expliqué dans un autre billet, je ne fais pas de plan rigide. Je dresse plutôt une liste d’épicerie. Voici celle des intrigues secondaires d’un roman en travail (ça ne donne pas les gros punchs).

Liste d'épicerie des intrigues secondaires d'un roman (elle s'allonge pendant la rédaction...)

Je dessine des nuages de relations entre les personnages, et je fais des recherches pour asseoir confortablement le monde imaginaire.

Nuages de relations pour le deuxième roman de la série Chaaas

Un monde imaginaire bien aménagé, tant en science-fiction qu’en fantasy (où intervient le surnaturel) permet non seulement à l’auteur d’y revenir, mais aussi des fans peuvent s’en emparer (c’est arrivé avec l’univers Darkover de Marion Zimmer Bradley).

CAVEAT: Recherches oui, mais…  jusqu’à un certain point !

Trop de recherche nuit à la rédaction!

Car, trop de "googlons ceci, googlons cela" au milieu de  la rédaction du premier jet coupe votre élan, vous ralentit, voire même vous paralyse. Ah, que j’aurais voulu lire ce billet de Cory Doctorov plus tôt! (La traduction française par ici! )

Quand on a travaillé et pensé et vécu avec nos histoires en arrière de la tête, les personnages grandissent et finissent par devenir presque des amis pour l’écrivaine.

Après les affres de la planification, c’est une très belle étape dans la création d’un roman. Dans mon cas, je m’amuse à faire plein de croquis qui montrent un peu la vie des personnages "en dehors" du cadre des romans. Ici, une scène de bain tiré de l’univers de Chaaas.

Le Bassin - croquis (et non, cette scène n'est pas décrite dans un de mes romans!)

Par contre, ça fait brancher l’histoire dans toutes sortes de directions. Et comme ça arrive pendant que j’écris, ça allonge le manuscrit! Il faut garder les rênes sur les idées, et les noter!

Étant donné que l’éditeur publie un livre avec un format déterminé, il y a généralement une limite de pages à respecter. Il faut se résoudre à conserver une ou deux fils directeurs, abandonner des idées et des développements pleins de promesses… sans garantie que tous ces autres enfants de notre imagination verront le jour!

Elaguer le superflu... ne se fait pas sans grincement de dents!